COMPARÉE À LA MYTHOLOGIE GRECQUE
dans les védas, et leurs amours sont aussi changeants que les. phénomènes du ciel qu'ils représentent, Quant à ces pèles divinités féminines qui n’ont pas même de nom qui leur soit propre, comme /ndränt, Farunünt, ce ne sont que des ombres. Point de suprématie reconnue ; on dirait que la puissance du dieu est en raison du besoin de son adorateur. Bien que chaque äge védique ait sa divinité suprême, il n’en est pas, si modeste qu'elle soit par elle-même, qui ne soit placée dans quelque hymne au premier rang. La forme même des dieux n’a rien de constant. Quoiqu’à certains moments ils soient décrits avec une précision poétique digne de la Grèce, la plupart ne paraissent vivre qu’aussi longtemps que le poëte leur adresse la parole; un instant aprés leur figure s’évanouit pour faire place au phénomène qu’ils personnifient. /adra paraît comme un guerrier sur son char, armé de sa massue, prêt à fondre sur ses ennemis: un peu plus loin ilest le ciel qui brille sur nos têtes, rien de plus. 4gri est dépeint comme le messager qui va chercher les dieux et les conduit dans la demeure des hommes ; il éloigne les démons ; il est le protecteur du foyer, le dieu des richesses, le témoin de toutes les actions; dans un autre hymne il est simplement le feu du sacrifice : égnés. Soma est le roi qui donne la science, le bonheur, l’immortalité; il fait entendre une musique divine: il s’avance comme un chef d'armée ; sa demeure est dans le ciel : quelques vers plus loin, le sora est la boisson du sacrifice, Je ne veux pas dire que les Indous
aient jamais sciemment adoré des objets matériels : il serait certainement aussi erroné de mettre le fétichisme, tel qu’on le trouve dans certaines îles de l'Océanie, au berceau de la mythologie indo-européenne, que de faire de l’onomatopée l'unique source de la langue. Mais la faculté qui transforme les objets inanimés en êtres personnels est intermittente ; de là, le caractère flottant de Ja pensée à cetle époque : le métal où ont été coulésles dieux homériques est encore en fusion dans les védas. Mais comme, dans les langues qui n’ont pas encore été réglées par les grammairiens, chaque anomalie à sa raison d’être, les contradictions de la mythologie védique sont plus'instructives que l’ordre artificiel introduit dans d’autres mythologies par les hommes.
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