EST
phils. Quelquefois en effet, la maladie paraît ,sauter une génération, épargnant les enfants pour n’atteindre que les petits-enfants. L’enquête devra donc remonter plus loin et rechercher chez les grands-parents, les morts subites par ictus, par cardiopathie, par angine de poitrine, par anévrisme de la crosse de l’aorte, et surtout les manifestations nerveuses : paralysies diverses, hémiplégie, tabes, paralysie générale progressive. Dans certains cas, des accidents comme le tabes, la paralysie générale entraineront le diagnostic ferme de syphilis :
Dans l'observation 3 de M. Ravaut, un grand-père ayant eu la syphilis et mort d'hémiplégie, a eu une fille déséquilibrée dont le premier enfant était particulièrement retardataire. Cette fille a un enfant atteint d'urticaire jusqu'à l’âge de 7 ans; un autre enfant présente quelques stigmates d'héréde-syphilis, et en outre un eczéma récidivant des jambes et de la face depuis trois années.
Dans l'observation 4 de M. Ravaut, une grand'mère maternelle morte de paralysie générale, a un petit-fils qui présente de l'eczéma récidivant des creux poplités. La mère ne présente aucun stigmate de syphilis héréditaire.
Dans notre observation 1%, nous voyons un grand-père maternel mort de tabes, dont les trois enfants (une fille, deux garçons) sont à peu près intacts. Seule la fille a eu de l'eczéma infantile et a présenté pendant toute son adolescence des poussées d'urticaire à répétition. Les deux accouchements de la fille ont duré une demi-heure. Elle a eu deux filles dont l'ainée présente depuis sa naissance un eczéma récidivant de la face et des avant-bras. Un des garçons, marié, a un bébé qui a présenté de l’eczéma de la face,
Dans d’autres cas, hémiplégie d’origine incertaine, etc, elc., ils éveilleront seulement la pensée que la syphilis a pu ne pas être étrangère à leur production.
Dans la ligne paternelle, maintenant, il est bien évident qu’une syphilis paternelle avouée ou reconnue cliniquement entraînera le diagnostic de syphilis du produit. Nous l'avons retrouvée rarement : elle est manifeste pourtant dans deux de nos observations :
Laurent G... (obs. n° 17), âgé de un mois et demi, né d'une mère qui ne présente aucun signe suspect, mais d'un pére traité autrefois pour la syphilis, fait une éruption généralisée érythémateuse avec des parties suintantes, et une tendance trés nette à la desquamation. En un mois, par un traitement à la liqueur de Van Swieten, l'enfant est complétement guéri et pousse admirablement.
Marcel G... (obs. n° 15), âgé de 14 mois, est amené par sa grand'mère paternelle, qui sait que son fils, père de Marcel G... a été soigné il v a quelques années à Saint-Louis pour la syphilis.
L'enfant présente actuellement sur les avant-bras une poussée érythémato-vésiculeuse. Son front est ‘exagérément bombé, ébauche un crâne natiforme, la fontanelle antérieure est remarquablement large.
L'enquête dans la ligne paternelle sera poursuivie avec la même rigueur que l'enquête dans la ligne materpelle (freres et sœurs du père, grand-parents paternels). J paraît dans l’ensemble plus rare d'y retrouver des phénomènes pathologiques qui puissent faire penser à une syphilis possible,
Nous ne ferons que mentionner la question de lPexistence, dans la famille d'un eczémateux, de cancers; dont
depuis longtemps de nombeux auteurs ont dit qu'ils éveillent l’idée d’un terrain particulier. Nous trouvons déjà, dans la fréquence reconnue par tous, de la syphilis dans les antécédents des cancéreux de la langue, un appui à cette opinion :
Pierre L... (obs. n° 25) qui présente un eczéma récidivant des mains et du creux poplité depuis âge de 11 ans, présente en outre de la pelade de la barbe, des taches cutanées à type de vitiligo qui seraient consécutives à des poussées eczémateuses. Il a été remarquablement amélioré par le traitement. Dans ses antécédents, on ne retrouve qu'une mère morte d'un cancer de l'utérus.