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vaut a constamment attiré notre attention sur la fréquence avec laquelle on retrouvait dans les antécédents des eczémateux des accidents éveillant l’idée de syphylis.
Depuis quelques années déjà, M. Ravaut(r) a insisté sur l’étiologie du terrain pathologique eczémateux et, déjà en 1920, il signale qu’à son avis, la syphilis paraît être, dans un certain nombre de cas, la cause des modifications basales de l’organisme.
Reprenant et étendant ses conclusions premières. M. Ravaut a recherché systématiquement la syphilis dans un certain nombre de manifestations liées à des phénomènes de sensibilisation, mais ne se contentant pas de conclusions purement théoriques, il mettait au point un traitement fondé sur Pétiologie de ces difrérentes aflections, et en 1922 (2) il signalait les résultats intéressants obtenus. Tout récemment il publiait dans la Presse Medicale (3) une série d'observations avec résultat thérapeutique chez des malades dont l’histoire syphilique héréditaire était, pour plusieurs, certaine. M. Ravaut insiste d’ailleurs sur le fait qu’il s’agit dans tous les cas d’une syphilis héréditaire remarquablement atténuée dont l’influence dystrophiante peut se faire sentir à travers des générations.
(1) P. RavaurT. — « L'importance des traitements internes en dermatologie ». La Presse Médicale, 28 janvier 1920.
(2) P. RAvAUT. — « L’action des traitements antisyphilitiques sur l’eczéma et diverses affections cutanées en rapport avec des. phénomènes de sensibilisation. » Sociélé Médicale des Hôpitaux, 13 octobre 1922.
(3) P: RAvAuT. — « Syphilis héréditaire et phénomènes de sénsibilisation. » Presse Médicale, 26 mai 1923.
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Au Congrès de Dermatologie de Strasbourg, en juillet 1923 (1), il reprend d’ailleurs, à propos de la sensibilisation et de la désensibilisation dans les affections cutanées, son opinion, la développe, en tire les conclusions thérapeutiques. e
C’est après avoir observé pendant celte année dans le service de M. Ravaut, un certain nombre de malades atteints d’eczéma, après les avoir suivis pendant longtemps, après avoir vu les résultats du traitement, que nous avons réuni dans les pages qui suivent le fruit de nos observations.
Nous nous sommes attaché à la recherche des antécédents syphilitiques chez nos malades. Mais nous ne voulons pas dire par là, que l’eczéma soit toujours la conséquence d’une hérédité syphilitique, non plus que d'autre part il soit toujours facile de mettre en évidence cette hérédité.
Certes un grand nombre d’autres causes infectieuses ou toxiques doivent être susceptibles de réaliser le même trouble organo-humoral qui fait le terrain de l’eczéma — mais par son action héréditaire manifeste, par sa fréquence, la syphilis héréditaire, sous une forme spéciale, doit à notre avis, jouer un rôle de tout premier plan.
Certes nos observations ont porté pour la plupart sur ce qu'il est convenu d'appeler l’eczéma constitutionnel,
(1) P. RAvVAUT.— « La sensibilisation etla désensibilisation dans les affections cutanées. » Rapport au 2° Congrès de Dermatologie, Strasbourg, 25, 26, 27 juillet 1923,
diathésique, maladie en apparence idiopathique, récidivante, mais nous allons voir bientôt qu’eczéma vrai et dermites eczémateuses liées à une cause connue, reconnaissent à leur base un terrain spécial, qui conditionne ces réactions cutanées.
ECZÉMA ET DERMITES ECZÉMATEUSES
Pendant très longtemps les différents auteurs se sont attachés à classer les eczémas, soit d'après leur aspect clinique, en créant pour chaque variété un vocable lié au caractère dermatologique prédominant de la lésion : rougeur, Suintement, vésiculation, squames, croûtes, etc. soit en faisant intervenir la notion de durée de l’évolution, réalisant ainsi des eczémas aigus et des eczémas chroniques, soit enfin en traduisant dans l'appellation de la dermatose la notion d’une cause déclenchante : eczémas dus à une irritation d’origine externe : dermites artilicielles — eczémas dus à une irritation d’origine in- ‘terne, qu’il s'agisse d’une intoxication alimentaire ou d’une intoxication médicamenteuse — eczémas enfin de cause inconnue.
Quelle que soit la classification adoptée, et mise à part la notion d’une lésion élémentaire de l’'eczéma, il n’en reste pas moins acquis que l’on se trouve en présence de deux ordres de faits :
1° Dans un premier cas, le clinicien retrouve facilement l’irritation d’origine externe (dermite des blanchisseuses, des teinturiers, etc.), ou d’origine interne
(intoxication alimentaire ou médicamenteuse) qui a déclenchéles manifestations cutanées. Il s’agit là de dermites occasionnelles.
2° Dans un second cas, l'enquête la plus serrée ne permettra pas de dépister l'élément déclenchant et la dermite paraîtra dans ces conditions une dermite primitive — Cryptogénétique — sans cause manifeste.'Il s’agit là de dermites essentielles qui entraînent nécessairement l’idée d’un terrain particulier, d’une diathèse constitutionnelle.
Nous avons coutume de réseryer le nom d’eczéma aux manifestations de la seconde catégorie, et de donner aux dermites occasionnelles le nom de dermites eczémateuses.
Il importe de bien préciser d’ailleurs que le terme d’eczéma vrai, appliqué à la seconde classe des dermatoses incriminées, ne constitue en somme qu’un cadre d'attente où entrent toutes les manifestations dans lesquelles échappe au clinicien la connaissance de l'élément déclenchant.
Il nous apparaît comme fort probable que cette classe d’eczéma vrai ou eczéma idiopathique soit appelée peu à peu à un démembrement progressif. Un grand nombre de ces eczémas cryptogénétiques reconnaïîtront en effet un jour ou Pautre avec les progrès de la clinique ou plutôt du laboratoire, peut-être plus encore avec le progrès des idées, une cause déclenchante jusque-là cachée. Tous ces types d’eczéma vrais nous paraissent donc appelés à passer progressivement dans la classe des dermites eczémateuses, et la disparition de l’eczéma vrai est, sinon prochaine, du moins certaine,
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Quand nous considérons ces différentes manifestations eczémateuses, qu’il s'agisse de dermites eczémateuses ou d’eczéma vrai, nous devons admettre actuellement qu’un trouble profond du fonctionnement viscéral, endocrinien ou humoral a présidé à l’éclosion des troubles cutanés : tel teinturier en effet restera pendant toute son existence exposé aux mêmes liquides ou vapeurs nocives, sans jamais présenter la moindre manifestation cutanée ; tel nouvel ouvrier au contraire après quelques jours présentera une poussée éruptive du type eczémateux qui l’obligera à quitter sans retard son nouveau métier. Tel enfant alimenté par une nourrice mercenaire supportera admirablement alimentation qu'elle lui donne, tant au point de vue de la quantité que de la qualité, alors qu'un enfant issu d’une autre famille et alimenté dans les mêmes conditions par la même nourrice étrangère présentera rapidement les accidents eczémateux de la face.
Certains individus enfin, chez lesquels l’état général paraît aussi satisfaisant que possible, et chez qui il est difficile de mettre en évidence une tare organique, feront spontanément — du moins en apparence — une ou plusieurs poussées éruplives du type eczéma vrai.
Logiquement tous les troubles d'insuffisance ou de déséquilibre organique ont été traités : C’est ainsi qu’on s’est adressé à une médication stimulante hépatique, à une thérapeutique désensibilisatrice surtout, cette dernière ayant pour but d'éviter les phénomènes de choc dus au déséquilibre humoral ou au contraire de rétablir par une action brutale, un choc nouveau, Péquilibre humoral