‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 113 sur 327 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Il est naturel d’étudier dans un même chapitre Typee et Omoo, les deux premiers livres de Melville. Ce sont des ouvrages de la même veine, écrits coup sur coup dès que l’auteur eut terminé son grand voyage ; les lieux qu’ils décrivent sont voisins, les aventures qu’ils rapportent se font suite, et nul événement saïllant ne vint, entre les moments où l’un fut commencé, et l’autre fut achevé, modifier le tour d’esprit de Melville. Le troisième livre, au contraire, fut tout autre, et jamais plus Melville ne revint à ces thèmes de sa jeunesse dont la fraîcheur enchanta le public contemporain. Ïl est donc juste de ne pas séparer deux romans si voisins, si différents des ouvrages qui leur font suite, et d'examiner en bloc l’œuvre polynésienne de celui que, même après sa mort, on appelait « Marquesan Melville ». Tout au plus préciserons-nous d’abord les traits particuliers de Typee, puis ceux de Omoo, avant de dégager ceux qui sont communs aux deux ouvrages.

TYPEE.

Typeeë : est un livre écrit avec nonchalance, dont le récit, dramatique par endroits, somnole aïlleurs, disparaît devant l’observation, les remarques historiques, sociales, politiques, et reprend son cours quand on ne l’attendait plus. Trente-quatre chapitres divisent de manière à peu près égale ses trois cent soixante pages, mais un même chapitre groupe souvent des développements de toute nature, et cet ordre apparent n’est pas d’un grand secours à l’analyste. Pourtant, à prendre Typee dans son ensemble, on y relève assez aisément des étapes, de longueur variable, qui sont les véritables divisions de l’ouvrage.

4, St. Ed., tome I, I.

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