Voir notre La Polynésie, chap. 11, Paris, Boivin
3. Cook (J.). An Account of a Voyage…., 1768-1771, dans Hawkesworth, op. cit., II à IV. (Là se trouvent aussi les impressions de J. Banks.)
À voyage towards the South Pole, 2 vol. Londres, 1777.
À voyage to the Pacific Ocean, 1776-1780, 4 vol., Londres, 1784.
Traduction Française : 47 voyage, voir Hawkesworth, 2° voyage, 5 vol. Paris 1778, 3e voyage, 4 vol., Paris, 1785.
Cipriani et Bartolozzi, illustrèrent les relations de Wallis et de Cook. En Angleterre aussi, une Polynésie « littéraire » était née ?.
La fin du siècle vit paraître de nouveaux récits de navigateurs. Vancouver et Wilson en Angleterre, La Pérouse, Marchand, d’Entrecasteaux en France, laissèrent ou inspirèrent des relations qu’on lit toujours avec plaisir. Faiblement, les autres nations se laissèrent gagner. En Amérique, Ingrabam et Fanning publièrent des récits. Le tsar fréta l’expédition de Krusenstern. L'Espagne elle-même entrouvrit ses anciennes archives. On voit donc que, dès le xvirr° siècle, un courant avait circulé par le Monde, qui déjà mettait à la mode quelques-uns des thèmes qu’allait traiter Melville : Bougainville avait vanté la beauté des Polynésiennes, Cook s'était efforcé de décrire leurs coutumes, Diderot avait dénoncé l’intrusion de l'Etranger. Pourtant, on ne connaissait que trois formes de livres inspirés par ces thèmes : le récit du marin, qui avait surtout la fidélité pour étude, et où l'art ne pouvait jouer qu’un rôle subordonné (« Les marins écrivent mal, mais avec assez de candeur », disait de Brosses) ; les compilations des écrivains de seconde main, qui, malgré leur prétention accrue, étaient d'ordinaire fort inférieures aux témoignages directs, mêmé au point de vue de l’art ; les fantaisies des philosophes ou des poètes, qui n'avaient des sujets traités que la notion la plus vague, et qu’on ne lit plus maintenant que comme des curiosités. On ignorait le témoin qui fût artiste autant qu’observateur, qui eût vécu dans les lieux qu’il peignaïit, pris part aux aventures qu’il racontait, et pourtant cherchât à nous émouvoir autant qu’à nous instruire.
Interrompu par les guerres de l’Empire, le mouvement de curiosité reprit dès le retour de la paix. A nouveau les gouvernements équipèrent à grands frais des expéditions scientifiques, où des capitaines renommés emmenèrent historiographes, peintres et naturalistes. Au retour, de somptueuses publications, rehaussées de planches souvent remarquables, paraissaient, complétaient les connaissances, et entretenaient dans le public une vogue qui ne fléchissait pas. Certains de ces récits ont une réelle valeur littéraire. Dumont d’Urville en France, Beechey en Angleterre, et, en Allemagne, Adelbert de Chamisso, ont prouvé qu’ils savaient écrire ; leurs narrations nous donnent, encore maintenant, un plaisir presque égal à celui que nous procure Bougainville. Compilateurs, graveurs, poètes mêmes (Byron n’écrivit-il pas The Island, et le jeune Hugo La Fille d’'O’Taïti ?) suivirent les