‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 130 sur 327 · SERIE · texte numérisé non relu

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race polynésienne au contact de l’occident sera déploré par Stevenson, O’Brien, par H.-R. Lenormand. Les bizarres figures d’aventuriers à la Long-Ghost viendront inspirer Jack London. On voit combien Melville, s’il ne fut pas à l’origine du courant « polynésien » de la Littérature et de l'Art, en modifia profondément la direction. Après lui, certes, des formes nouvelles se créeront encore. Ni les savants de la fin du siècle, ni Gauguin, ni sans doute les poètes qui ont suivi Rupert Brooke, ni les musiciens d’aujourd’hui, ne lui doivent grand’chose. Mais romanciers et peut-être cinéastes ne font que suivre la voie qu’il a tracée.

Dans quelle mesure cette influence fut-elle directe ? Il est relativement aisé de le savoir, tant son nom est cité avec reconnaissance par ses successeurs les plus illustres. Loti, qui lisait peu, l’ignora presque certainement, et l’influence que Melville eut sur lui ne put être que bien lointaine. Mais John La Farge, en un tableau exquis, représenta Fayaway. Robert-Louis Stevenson, voyageant en 1888 à travers les archipels, écrivit à son ami :

« J’aurai là un beau livre de voyages, j’en suis sûr ; et au bout de « quelques mois je vous en dirai plus au sujet des Mers du Sud < qu'aucun autre écrivain n’en à dit, à part Herman Melville, qui « est une crème !. »

Jack London, au début du siècle, ne voulut pas faire escale à Nuku- Heva sans aller faire un pèlerinage à Taïpi-Vi. Frederick O’Brien imita ouvertement Melville. Et Alain Gerbault refusa d’aller voir « L’Eden Cannibal >» parce qu’il ne voulut pas que la déchéance de la vallée gâtàt l'impression que lui avait laissée Typee. Il n’est guère de romancier de la Polynésie qui ne reconnaisse une dette envers Melville. L’hommage de ses successeurs est la preuve de son originalité.

1. Stevenson (R. L.). Lettres, Ed. $. Colvin, New-York, 1911, 4 vol. Lettre à Ch. Baxter, 6 septembre 1888.

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