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CHAPITRE IX

Une chronologie stricte demanderait qu’on étudiât maintenant Mardi. 11 a semblé préférable de faire suivre les deux récits polynésiens par ce que l’on peut appeler des romans maritimes. Les milieux qu’ils décrivent sont autres, mais ces deux livres sont, eux aussi, réalistes, et professent n'être rien que des souvenirs fidèles. Mardi, ouvrage d'imagination .et de fantaisie, aura sa place ensuite, et précédera Moby-Dick et Pierre, avec lesquels il forme une manière de trilogie.

REDBURN

Redburn!, paru en août 1849, est La simple histoire d’un tout jeune homme, que la ruine familiale et les imaginations enfantines ont poussé à s’enrôler sur un bâtiment de commerce. Il fait un voyage à Liverpool et rentre au pays ayant perdu, l’une après l’autre, ses illusions. C’est sur ce sujet ténu que Melville broda les 403 pages d’un livre qui est un documentaire autant qu’un roman. Ce serait le trahir que d’en rappeler seulement l'intrigue. Il faut pour le résumer, s'arrêter en même temps que l’auteur évoquait à chaque pas l’atmosphère où baïignent les aventures : elle compte autant, sinon plus, que l’histoire.

Wellingborough Redburn est issu d’une ancienne famille des bords de l’Hudson. Il est naïvement fier de son origine, de son père mort,

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qui fut un gentleman, de son oncle, le sénateur. Mais la ruine est venue. Il vit pauvre avec sa mère et ses sœurs. Ses projets de carrière ont échoué. Il lui faut gagner sa vie, et la solution la plus simple est d’aller s’embarquer. Au reste, le projet répond à des rêves enfantins. Tout jeune, il a vu avec ravissement les tableaux qu'offrait le port de New-York. A la maison, il a écouté le cœur battant les récits de voyageurs, de son père surtout, et il a rêvé longuement devant un merveilleux navire de verre filé qui ornait la cheminée familiale. Il part donc pour New-York, pauvre, mais plein d’espoir.

Dès le début, les désillusions s'accumulent. Il descend l’Hudson en bateau à vapeur, sous la pluie, si pauvre qu’il a grand’peine à payer son passage, et l'attitude hostile des aütres passagers le décourage. Heureusement à New-York, un ami l’accueille en son foyer, et dissipe ces premiers nuages. L’optimisme renaît tout à fait, le lendemain, quand son protecteur l’accompagne au port. Il lui choisit un voilier qui va partir pour Liverpool, et le présente au capitaine comme un fils de familie qui voyage pour sa santé. L’officier, avec une aisance d'homme du monde, réduit en conséquence la solde d’un jeune homme si fortuné. Mais le navire ne part pas encore : en attendant, il faut vivre et s’équiper. Redburn a pour toute fortune un fusil. Il entreprend de's’en défaire, et découvre la rouerie des prêteurs sur gages. Il achète quelques hardes et va prendre congé de ses amis. Hélas! le temps, trop mauvais, fait reculer le départ. Deux jours encore Redburn, qui n’a plus un sou, doit rester à New-York. N’osant affronter le ridicule de renouveler ses adieux, il attend, découragé, l'estomac vide. Tels sont les auspices de son départ.

Enfin, l'heure arrive, et Redburn se précipite. Mais seuls les officiers sont arrivés : l’équipage n’embarquera qu’au dernier moment. Trop heureux de disposer déjà d’un de ses matelots, ayant, de plus, affaire à un novice, le premier lieutenant accourt, malmène Redburn, lui inflige des corvées harassantes. L’équipage, à moitié ivre, monte enfin pour se mettre à table. Redburn peut se jeter sur le dîner. Mais la fatigue et l’épuisement sont trop grands : il n’a plus faim. Voici le pilote : les hommes, crispés, virent au cabestan pour lever l'ancre. On quitte les bassins, on passe devant le vieux fort où Redburn a joué quand il était enfant. Son enthousiasme est bien tombé. Il est

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pris de terreur devant ce monde inconnu, et il lui semble impie de ‘penser à un hypothétique retour.

Ses difficultés ne font que commencer. On répartit les hommes entre les deux bordées : Redburn tombe dans celle du brutal premier lieutenant. Et on devine comme il est reçu, quand, atteint du mal de mer, il demande à « se faire excuser ». On lui fait boire du rhum qu’il accepte avec répugnance. Mais on n’admet pas les « excuses », et il doit obéir. Il essaie d’entrer en conversation avec les matelots, qu'il juge de bons diables au fond, malgré leurs apparences frustes. Il leur demande aimablement s'ils vont à l’église, s’ils lisent : on peut supposer leur ironie. Les sarcasmes deviennent injures quand Redburn montre son épouvante devant un accident. On le menace, il prend ses compagnons en haine et rage jusqu’à l’heure du sommeil. Le lendemain renaissent les malheurs. On lui inflige force brimades. Au casse-croûte du matin, faute de cuiller, il essaie de se servir d’un bout de bois : on le chasse en lui reprochant ses mauvaises manières. Un de ses compagnons en particulier lui fait horreur c’est Jackson. La mine- de cet individu est hideuse, son œil vitreux vous glace. Physiquement, il est le plus faible du bord, et semble haïr la florissante santé de Redburn. Mais il est intelligent, adroit, et brille par le souvenir de ses innombrables voyages. Il esquive les corvées ; ses camarades le maudissent, mais ils le craignent, rient de ses plaisanteries, lui font arbitrer leurs querelles. Jackson est et restera la terreur de Redburn.

Sans doute, le jeune marin connaît à bord de bons moments : une belle journée en mer lui rend un peu d’enthousiasme, malgré l’obligation de se débattre au milieu de cordages et de voiles inconnus. Il est fier de se tirer sans trop de mal d’une expédition dans la mâture où on l’a envoyé la nuit, seul, pour déferler le grand cacatois, fier, au terme du voyage, d’être un marin intrépide, qui se rit du vertige et s’initie à tous les petits métiers qui font la gloire du matelot. Il se fait un ami du coq, vieux noir solennel qui lit la Bible le dimanche et moralise le reste de la semaine ; de Blunt, l’Irlandais, qui rroit à la magie et dévore la Clef des Songes ; de Larry, le baleinier, aux étonnentes histoires. Certains spectacles l’intéressent : le banc de Terre-Neuve et sa brume, les baleines, le Gulf-Stream. Il regarde avec une timide admiration « la passagère », qu’on aperçoit à l’arrière, belle et distante. Il admire aussi les détails du navire : son gréement, son habitacle, sa barre, son cabestan.

Mais que de déboires encore, et de sujets de tristesse ! Le capi-

taine, naguère si élégant, est maintenant un tyranneau mal habiilé, qui manque s’étrangler de fureur le jour où le jeune homme va « lui dire bonjour ». Les beaux vêtements de matelot achetés à New-York sont, à l’usage, ridicules et incommodes. Son désir de culture ne résiste pas à l'ennui des livres « sérieux » qu’on lui a fait emporter ; et les spectacles lugubres sont plus nombreux que les auires : c’est l'épave chargée de trois cadavres, que l’on croise à la mer ; c’est l’abordage évité de justesse ; c’est la vue des passagers d’entrepont, parqués comme un bétail dans un abri sans air. Plus que les autres, ces spectacles frappent le jeune Redburn. Il a pu s’aguerrir, se résigner : la désillusion reste cruelle.

Les côtes d'Europe paraissent enfin. Voici l'Irlande, dont le rivage insignifiant déçoit l'imagination et voici Liverpool, dont les docks ressemblent à ceux de New-York ; les rêves exotiques ne valent pas mieux que les autres. Redburn s’était fait une joie de visiter cette ville, où son père jadis s'était promené. Il avait apporté le vieux guide, où ce père avait marqué les monuments qu’il avait vus, les chemins qu’il avait suivis. Hélas, que de changements ! L’auberge où descerd Redburn est bâtie sur l’emplacement d’un vieux fort marqué par son père ; un bassin où jadis se dressaient les mâtures est comblé. Et puis Redburn se sent seul et pauvre. Le dimanche, mal habillé, il se tient modestement au bas de l’église, enviant le foyer douillet des bonnes familles qu’il coudoie ! Un autre jour, un portier insolent le jette dehors parce qu’il a voulu, vêtu de ses tristes hardes, s’introduire dans le club confortable où se reposent de vieux messieurs. Ce n’est pas le plus grave, pourtant : ce qui afflige Redburn, c’est le vice et c’est la misère qu’il sent autour de lui. Dès le débarquement, voici le matelot Max, qui a laissé à New-York une femme aimante, et en retrouve une autre, également légitime à Liverpool ; voici l’aubergiste ivrogne et débauché, qui vit du dur travail de sa jeune femme ; voici les marins qui gaspillent en beuveries les dollars péniblement gagnés; fatalement ils deviennent des dévoyés qu’on méprise, et pour les racheter, il faudrait changer la société entière. Voici l’armée de mendiants qui assaillent les docks. Voici surtout affreux spectacle des « slums » et la tragique affaire de Launcelotts’s Hey. C’est une petit rue infâme, où Redburn passant, entend

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gémir : il s'approche et découvre, à travers un soupirail, une femme et deux enfants mourant de faim. Affolé, il essaie d’intéresser les agents, les rares passants, l’aubergiste. Ce n’est l’affaire de personne. Redburn se décide à voler un morceau de pain qu’il porte aux malheureux. Tandis que les enfants se jettent sur cette pitance, la mère, hébétée, ne bouge pas. Redburn découvre alors près d’elle le cadavre d’un troisième enfant. Deux jours consécutifs, il jette en passant des morceaux de pain dans le soupirail. Le troisième, il n’entend plus rien : les corps ont disparu, et à la place qu’ils occupaient on a jeté de la chaux vive.

Pourtant Liverpool est riche en spectacles intéressants : auberges de matelots où le roastheef est abondant ; bassins modèles, bordés de beaux quais de pierre ; mouches légères qui sillonnent le port, lourds transporis d’émigrants allemands, vaisseau qui vient des Indes avec un équipage de lascars, galiotes hollandaises, chapelle flottante. Ii y a les scènes pittoresques des quais, avec leurs musiciens ambulants, leurs charlatans, leurs chevaux bien nourris ; les vieux monuments familiers, comme cette église désaffectée, où l’on passe et l’on mange sans façon. Il y a surtout la jolie campagne anglaise des environs, avec ses églises tapissées de lierre, ses auberges, et la chaumière où trois jeunes filles offrent le thé à Redburn, dont le cœur est bien près de se fondre. Mais on sent que ces belles visions n’auront pas de lendemain, et que vite reparaîtront la laideur et le vice.

Le grand événement des six semaines passées à Liverpool, pendant que le Highlander décharge ses marchandises et en prend de nouvelles, c’est la connaissance que Redburn fait de Harry Bolton. Il est jeune et brave, il est orphelin, il à été riche, son passé couvre un mystère, et il veut partir comme matelot. Redburn se lie avec lui, et le décide à s’enrôler sur le Highlander. Le capitaine, toujours cauteleux, l’accepte, son service devant commencer le jour du départ. Jusque-là, il est libre. C’est alors qu’il entraîne Redburn dans la plus folle aventure. Lui persuadant qu’au port la discipline est assez lâche pour que la fugue passe inaperçue, il lui prête quelques-uns de ses riches vêtements, et l’emmène jusqu’à Londres, objet de ses rêves enfantins. Tout dans ce voyage est mystérieux. Harry Bolton s’est grimé. A Euston, les deux jeunes gens s’engouffrent dans un hansom qui file comme le vent. Ils arrivent dans un merveilleux café, et Bolton conduit Redburn dans une chambre somptueuse, meublée de divans et décorée de peintures galantes. L'étrange garçon disparait pour une course inexpliquée, insinuant que peut- -être il ne reviendra

pas. Au bout de quelques heures, il rentre pourtant, désespéré, tire un poignard qu’il dirige vers sa poitrine d’un geste de mélodrame, et finit par s'endormir, sans que Redburn soit revenu de son ahurissement. Le le:demain à l’aube,. Harry Bolton se réveille, secoue Redburn assoupi, le pousse dans un cab, et le ramène par chemin de fer jusqu’au quai de Liverpool, où le Highlander est prêt à repartir : c’est tout ce que Redburn aura vu du Londres de ses rêves.

Le Highlander, chargé cette fois d’une cohue d’émigrants qui vont chercher fortune, descend lentement la Mersey, et prend la mer pour le voyage de retour. Redburn, dont l’escapade, en apparence, est restée inaperçue, retrouve ses compagnons les marins. Dès le départ, un présage annonce que le voyage ne sera pas heureux. Trois nouveaux hommes ont été engagés ; on les amène ivres-morts, et l’un d’eux ne se réveille pas. Une odeur effrayante se répand autour de lui, et, dans l’obscurité du gaillard, on voit la phosphorescence à ses lèvres. Avec horreur, on jette son corps à la mer. L’épouvante augmente encore quand Jackson, sardonique, déclare qu’il était mort en arrivant, et que, sciemment, le bureau de placement a embarqué un cadavre. Ce Jackson, d’ailleurs, qui s’amuse ainsi à augmenter l’effroi, devient sans cesse plus odieux. Bientôt, il se déclare trop malade pour travailler, et reste ironiquement sur sa couchette, se faisant servir par tous, le blasphème aux lèvres, et la chique à la bouche. Car, seul, il a emporté du tabac en abondance, et, quand la provision des auires est épuisée, il raille sans pitié ses compagnons réduits à fumer du thé et mâchonner des bouts de corde. Moins on le voit sur le pont, et plus grande est son autorité. Tibère à Capri n’était pas plus redoutable à l’Empire. D’ailleurs la fin de Jackson est digne de sa vie. Comme la côte américaine est en vue, et que le vent fraîichit, l’ordre est donné de prendre un ris. A la surprise générale, Jackson sort du gaillard et paraît sur le pont, livide. Sans un mot, il gravit la mâture, et prend la place d'honneur, au bout de la vergue. Un flot de sang jaillit de sa bouche, et il tombe à la mer. La manœuvre s’achève en silence, on a l'impression d’un soulagement, et jamais plus le nom de Jackson n’est prononcé. Harry Bolton, lui, est le souffre-douleur du bord. Les matelots le détestent à première vue, et lui-même semble s’ingénier à déchaîner l’orage : n’imagine-t-il

pas de venir faire son premier quart en robe de chambre ! Grimper dans la mâture lui est une souffrance effroyable. Il essaie par tous les moyens d’y échapper, jusqu’au jour où un coup de fouet le décide. Il redescend plus mort que vif, déclarant qu’il se laissera plutôt tuer que de remonter. Il vit à bord, désormais, d’une existence de lièvre chassé.

Le spectacle le plus affligeant de la traversée est ailleurs, pourtant : c’est celui des cinq cents émigrants, pauvres gens devant qui des agences ont fait luire des rêves d’Eldorado. Il y a là des familles entières entassées dans l’entrepont, où l’on a mis de longues rangées de couchettes superposées. Le bord leur fournit seulement le feu et l’eau. Ils ont dû apporter leurs provisions, et les font cuire sur un unique et vaste poêle. Ce sont des queues lamentables autour de cette « cuisine », et bientôt c’est la demi-famine, car les calmes ont épuisé les vivres. Puis vient la pluie : les pauvres gens sont enfermés dans leur entrepont sans air, où bientôt une épidémie éclate : chaque jour, un ou deux corps sont jetés à ia mer. La maladie gagne l’équipage, les passagers de cabine. C’est la terreur, qui provoque un accès de piété terrifiée. Enfin, le beau temps renaît : une corvée nettoie l’entrepont : en approchant de la terre on jettera par-déssus bord les objets de couchage des émigrants. Le Highlander gagnera New-York brillant de propreté, et jamais la Quarantaine ne saura les tristes événements qui l’ont endeuillé.

Enfin l’on est à quai. Équipage et passagers se précipitent. Les hommes reviendront le lendemain pour la paye : Harry Bolton et Redburn demeurent seuls. Ils vont chercher des provisions pour les manger à bord, heureux d’être ensemble, mélancoliques pourtant devant l’avenir. Harry Bolton, dont les seuls biens sont une voix agréable et des mains élégantes, a pensé chanter dans les cours, entraînant avec lui Redburn. Celui-ci a le bon sens de refuser il ne reste à Bolton qu’à utiliser sa jolie main, et à chercher un emploi de secrétaire ou de copiste. Mais une dernière avanie attend les deux amis. Le lendemain, jour de paye, les hommes reviennent : le capitaine compte à chacun sa solde. Mais quand Redburn et Bolton se présentent, il leur répond aimablement que l’absence illégale de l'un, les objets égarés par l’autre, l'ont délié de toute obligation.

Leurs protestations furieuses se heurtent à sa sereine indifférence. Ils ne reçoivent pas un sou. Avec le même calme, le capitaine accueille les huées de ses hommes libérés et payés, qui, en le maudissant, s’en vont boire ensemble dans une taverne une dernière chopine. Redburn, lui, est rappelé chez lui par une lettre urgente. Il recommande Harry à ses amis, et fait avec lui une dernière promenade à la Batterie il ne le reverra plus. Les démarches faites pour l’aider sont infructueuses. Les lettres qu’on lui adressera resteront sans réponse. Des années plus tard seulement, Redburn apprendra sa fin misérable. À bout de ressources, il a pris du service à bord d’un baleinier, et ïl a péri au large du Brésil, écrasé entre le navire et le monstre arrimé à ses flancs.

I1 est vain de se demander longuement ce que l’auteur de Redburn a voulu faire : il nous répond lui-même, de manière explicite, dans son Journal de 1849. Lisant un article anglais célébrant son dernier livre, il note

« La chose étrange est que le vieux % noircisse tant de « pages en l’honneur d’une chose, qui, je le sais, moi, l’auteur, est « une « cochonnerie », et que j’ai seulement écrite pour m'acheter « du tabac. »

Admettons que le tabac soit symbolique. Il reste que Redburn fut fait en très peu de temps. La Préface de Mardi, écrite, le livre achevé, porte la date « janvier 1849 ». Et Redburn, commencé alors, sortit des presses au milieu d’août. Trois ou quatre mois avaient suffi pour l'écrire. Il est certain que Melville songea surtout, en écrivant Redburn, à la nécessité financière. Malcolm Melville naquit en février. Mardi n'avait pas été un succès d’argent. Il était temps de travailler durement pour gagner la vie de la petite famille.

Melville entendit donc satisfaire au goût du public, qui avait aimé ses premiers livres, en évoquant à nouveau un milieu qui püût l’intéresser, et des aventures assez variées pour le charmer. La veine polynésienne était tarie : c'était aux autres souvenirs romanesques qu'il fallait faire appel. On aimerait savoir si Melville choisit délibérément, parmi ses voyages, celui de Liverpool pour y puiser la matière de cet ouvrage sacrifié, ou s’il eût, indifféremment, fait appel à d’autres

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