G. L. C. 16 juillet 1829, id
joint de prendre si naturellement le ton de la piété et de la vertu, elle s’essayait à limiter, mais avec moins de succès. Elle disait à la fin d’une lettre :
< Mr Melville prie pour que’. »
Mais elle n’aliait pas jusqu’à prier elle-même. Et quand elle voulait moraliser, on ne sentait pas, dans son style, l’éloquence, toujours disponible, de son mari. La mort d’un enfant, chez un voisin, lui inspirait seulement :
« C’est un monde étrange que le nôtre ?. »
Elle réussissait mieux quand elle devait dispenser le blâme aux gens qui manquaient de vertu, ou qui ne l’avaient pas écoutée. Ainsi, quand son neveu Peter, qui n’était pas bon à grand’chose, s’embarqua comme matelot, elle écrivit :
« Il n’était sans doute pas dans son destin, si vous voulez me passer « l'expression, de gagner sa vie par un autre moyen que le travail «< manuel, … étant donnés son indifférence naturelle et son manque « d’aptitudes *. »
Mais une « lady » a d’autres motifs d’orgueil que sa propre vertu comparée à celle des autres. Elle peut — sans l’avouer — être fière de son physique. Il nous reste un portrait de Mrs Melville à vingtneuf ans * : c’est celui d’une fort jolie femme, légèrement opulente, dont la coiffure en bouclettes s’orne d’un croissant de pierreries ; si le visage reflète un soupçon de sensualité, l’attitude est d’une distinction étudiée. Une « lady » peut aussi se flatter de ses talents d’hôtesse. Mrs Melville tenait à sa réputation de maîtresse de maison accomplie. Elle fut horriblement vexée parce qu’un jour son frère Peter avait vu sa maison en désordre :
« C'était dû à deux choses : d’abord au plaisir d’avoir un tel compagnon ; ensuite à une domestique sotte et paresseuse. C’est la première fois qu’une telle chose me soit jamais arrivée ; et, pour ma
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réputation de maîtresse de maison, j'espère que ce sera la der- « nière °. »
D’ordinaire, elle a lieu d’être fière, au contraire. Dans la même
4. G. L. C. 29 décembre 1824, à son frère Peter. 2. G. L. GC. 8 décembre 1825, id.