Mumford, pp
3. Lloyd Morris. Melville, Promethean. (Open Court, vol. XLV, septembreoctobre 1931, pp. 513-526, 621-635).
&. Mumford, p. 101. Ù
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ment s’est mis à en écrire une autre. Une introduction réaliste s’explique ; mais beaucoup l’eussent aimée plus brève, et se bornant à son rôle d’exorde. Evidemment, pour qui aime l’ordonnance classique, la faute est grave. Mais on a exposé déjà la genèse du livre, le développement lent et graduel des idées dans l'esprit de Melville. L'artiste peut regretter que leur croissance n’ait pas été plus rapide. Si l’on admet que l'intérêt de Mardi soit psychologique plus encore qu’artistique, il faut se féliciter que Melville nous ait permis de suivre pas à pas les tâtonnements obscurs de son âme inquiète, sans vouloir, par un souci d'art, abréger ses perplexités et hâter ses découvertes.
On gardera cette attitude en face de la troisième accusation qui dénonce la complexité de son intrigue pleine d’arrêts imprévus. Ici encore Melville prévoyant l’objection, lui a répondu, d’avance, par la voix de Babbalanija :
« Abrazza. -— Mais, Babbalanja, la Kostanza manque de cohé- « sion ; elle est désordonnée, sans plan, toute en épisodes.
& — Babbalanja. — Et Mardi lui-même est ainsi : rien que des épi- « sodes ; des vallées et des coteaux ; des rivières qui s’égarent loin « des plaines ; des vignes vagabondes ; des cailloux et des diamants ; « des fleurs et des charbons, des futaies et des fourrés et çà et là, « des marais et des landes. Ainsi va le monde dans la Kostanza!. »
Sans doute bien peu de lecteurs liront Mardi d’une haleine sans trouver fastidieux certains chapitres, qui, dans cette fantaisiste géographie, figurent peut-être les déserts. Mais on doit se dire que Melville devait les traverser pour atteindre ses plus fraîches oasis, et que, si l’on veut connaître par le détail son douloureux pèlerinage, il faut les suivre avec lui.
Tous les reproches qui tiennent au fond viennent sans doute d’une position inexacte du problème. Pour citer une dernière fois Babbalanja :
< Elle (la Kostanza) lui fit toujours l’effet d’une copie misérable et « mal écrite d’une chose qu’il portait en lui, quoi qu’elle fût, et qu'il « ne put jamais reproduire tout à fait. Comme tous, il avait été créé « par Oro pour atteindre quelque fin particulière. Et cette fin, sans « nul doute, la Kostanza l’atteignit en partie ?. »
La destinée de Melville était de faire passer dans d’autres âmes l'écho de ses propres angoisses. L'œuvre eût été sans doute moins