‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 158 sur 327 · Weaver, p · texte numérisé non relu

Weaver, p

2, Lawrence (D. H.). Studies in American Literature. New-York, chap. xt,

« les sources où Melville en ait puisé les données, en font aussi part « intégrante Le meilleur manuel du baleinier est aussi —- je le dis « en pesant mes mots — la meilleure épopée tragique des temps « modernes, et l’une des plus belles œuvres poétiques de tous les < temps ”. »

On voit que pour M. Mumfort aussi, Moby Dick est un tout, dont nulle partie n’est proprement subordonnée aux autres.

C’est dans la même classe, enfin, qu’on peut ranger l’opinion de M. George C. Homans. Selon lui, dans Moby Dick, le symbolisme est beaucoup moins complet que dans Mardi et Pierre. C’est, dit-il, la raison pour laquelle ce livre est le chef-d'œuvre de Melville. La littérature d’imagination ne peut supporter un excès de métaphysique et rester cependant de premier ordre. Or, tandis que la « Yillah » de Mardi et l’« Isabel » de Pierre ne sont que des formules, les personnages de Moby Dick sont des hommes *. »

Les conclusions de détail de M. Weaver, de Lawrence, de M. Mumford, de M. Homans diffèrent. Mais leur attitude est analogue ; elle

est la plus humble et la plus féconde. A notre tour essayons de l’adopter.

Melville commença Moby Dick alors qu’il habitait encore New- York, probablement dès son retour d’Angleterre, en février 1850. Il venait d'achever White Jacket. De tous les milieux curieux où ses aventures l’avaient conduit, un seul restait qu’il n’eût minutieusement décrit : celui des baleiniers. Son but primitif fut donc sans doute d'évoquer l’Acushnet comme il avait, en dernier lieu, peint les United States. Ses souvenirs étaient vivants, mais il dut sentir le besoin de les renforcer par la lecture : et c’est alors qu’il lut cette masse considérable de documents et d’ouvrages techniques qu’il cite si volontiers, et où sans doute il puisa autant que dans sa mémoire. Son travail se poursuivait dans une atmosphère hautement favorable. Malgré son affectation de dédain, il ne pouvait que se réjouir du succès de Redburn. Au printemps 1850, les premières nouvelles du bon accueil fait à White Jacket renforcèrent son heureuse disposition.

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