‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 16 sur 327 · G. L. C. 2 août 1825, à son frère Peter · texte numérisé non relu

G. L. C. 2 août 1825, à son frère Peter

| nurent la gêne dans leur enfance, ont conservé l’impression pénible 4 d’une grande dame qui eritiquait leur pauvre train de vie et blâmait la coupe malhabile des vêtements faits à la maison !. De même qu'Herman Melville a donné au père de Pierre beaucoup k des traits de son propre père, il a, de toute évidence, songé à Maria Gansevoort quand il a dépeint Mary Glendinning, la mère de son héros « C'était une noble créature, mais faite avant tout pour les pros- « pérités dorées de l’existence, et jusque-là surtout accoutumée aux < sérénités sans nuages ; élevée et développée, en toutes ses actions, < sous la seule influence des formes héréditaires et des usages mon- < dains. Alors, très haut, écrasant, paralysant, se dressa devant Pierre « l’édifice, insoupçonné jusque-là, de l’orgueil immense de sa # « mère ?. »

Le portraït de Mary Glendinning n’est pas, comme celui de son 25 mari, calqué sur le modèle. Les faits mêmes de son existence ne reproduisent pas la vie de Maria Gansevoort. Il est cependant certain que Melville songeait à sa propre mère quand il faisait dire à son héros Le

« Elle m'aime — oui; maïs pourquoi ? Si j'avais été un infirme « plâtré dans sa gouttière : alors * ? »

Maria Gansevoort ne fut pas toujours une véritable « lady ». Elle eut, à la différence de son mari, des moments de vraie tendresse à et des crises de colère. Mais on ne peut dire qu’elle ait vraiment aimé - ‘autre chose qu’elle-même. Et quand son fils entrevit cette vérité, une autre déception tragique se joignit à la première.

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