‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 171 sur 327 · IG D · texte numérisé non relu

IG D

« afterdeath, attempt to reverse the decree of death, by escaping the « poor perpetuating of the image of the original *. »

Melville a voulu rendre son style irréel : ses procédés, assez neufs, mais vite monotones, n’ont réussi qu'à donner à son livre un ton artificiel et maniéré. On est loin de cet Hamlet qu’il voulut imiter. Il faut, au contraire, lire Pierre avec bien de la sympathie pour en accepter le style sans agacement.

On peut voir combien le dessein de Pierre était noble, combien de beautés s’y renferment, qui méritent l’attention que, depuis peu, on s’est décidé à leur porter. Pierre est certainement un grand livre, et pourtant, on ne peut dire qu’il soit réussi. Trop de défauts insupportables en obscurcissent le mérite : on comprend qu’il ait rebuté les contemporains. Au fond, ce que nous cherchons en lui, c’est d’abord Melville. Ou bien, nous essayons comme M. Weaver, de retrouver les faits de son existence ; ou bien, comme a fait M. Damon, de deviner les fonds troubles de son âme ; ou encore, avec MM. Grant Watson et Braswell, de retracer le cours sinueux de sa pensée philosophique. Et notre recherche est, certes, une source de joies abondantes, tant les nuances fugitives d’une conscience tourmentée se révèlent délicatement à notre curiosité. Mais c’est toujours, alors, l’auteur qui nous intéresse, et non son œuvre. La beauté tragique de certains épisodes, tel celui de la confession d’Isabel ; la puissance de certaines visions comme celle d'Encelade ; l’âpre poésie de certains tableaux comme celui des Apôtres sont pour nous des objets secondaires : Pierre assurément complète d’une manière intéressante la trilogie commencée, mais il plaira toujours plus aux psychologues qu'aux artistes.

NRA PASS

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