ISRAEL POTTER
Avant d'entamer son récit, Melville en fera la dédicace au Monument de Bunker Hill. Il va transcrire, dit-il, sans presque rien y changer, les souvenirs laissés par un humble soldat de la Révolution.
Dans un canton retiré des Berskshires, se trouve une colonie
ancienne, dont la vie peu à peu s’en est allée. C’est une région pittoresque du printemps à l’automne. Mais pendant l’interminable hiver, le pays est bloqué par les neiges. C’est là que naït, au xvim° siècle, Israel Potter, fils d’un petit fermier. Son enfance n’a pas d'histoire la tragédie de son existence commence avec sa dix-huitième année. Il devient amoureux d’une fille du village ; maïs les familles s'opposent à cette union. Désolé, Israel s'enfuit un matin, son baluchon sur l'épaule et atteint la région des « Frontières >», où se hasardent alors les rares colons qui ne redoutent pas l’attaque des Indiens. Travailleur courageux, Israel Potter se fait défricheur de forêts, chasseur de fourrures, et plus tard colporteur au Canada. En possession d’un pécule, il revient au pays, après trois ans, pensant qu’on ne mettra plus obstacle à son amour. L'opposition familiale n’a pas changé Israel, à nouveau, s'éloigne. C’est à la mer, cette fois, qu’il demande asile. On le voit matelot, naufragé, harponneur. Une fois de plus ïl revient au pays : celle qu’il aime est la femme d’un autre.
1774. Les colonies s’agitent. Des compagnies franches se forment en Nouvelle Angleterre. Israel Potter, qui a repris sa charrue, s’inscrit. Après le combat de Lexington, on vient le chercher dans son champ. Il rejoint sa compagnie, et, quelques jours après, est à Bun-
ker Hill. On sait ce que fut cette sanglante affaire, où la milice des”
fermiers tint tête victorieusement aux grenadiers du roi George. Israel Potter, l’ancien chasseur de fourrures, à la visée implacable, se distingue entre tous. Blessé, il va se rétablir à l’hôpital de Cambridge. Les Anglais, qui tiennent Boston, y sont assiégés et la mer reste leur seul accès vers le dehors. Quelques petits bâtiments des Insurgents essayent de les bioquer. Israel Potter, qui a été marin, va servir sur l’un d’eux. Une corvette anglaise le prend, et Israel et ses compagnons sont menés en Angleterre comme prisonniers de guerre. Israel arrive à Portsmouth, et, tout de suite, n’a qu’une idée fuir la prison, gagner la capitale, et s’y perdre dans la foule. Une première fois, il s'échappe. Il est repris, mais s'enfuit à nouveau presque aussitôt, avec une ingéniosité, une hardiesse extraordinaires. Le voici enfin à quelques lieues de la grande ville. Il va demander du travail à un châtelain de village. Celui-ci, un baronet, le regarde fixement, cause avec lui, et bien vite sait à quoi s’en tenir. Mais le gentleman est aussi un brave homme. Il engage Israel, le met au travail sur ses terres, lui offre le moyen de refaire ses forces. L’Américain lui est reconnaissant. Pourtant il ne peut, lui, fils d’une terre de liberté, se résoudre à nommer son bienfaiteur « Sir John » : il s’obstine fière-
| NAT é D CAE ie 2
SES à ALU FPE
bc
ment à dire : « Mr Millet ». Le baronet respecte cette intransigeance, et continue d'employer Israel, puis, quand il n’a plus besoin de lui, lui trouve un autre emploi. Les soldats sont à nouveau sur sa piste. Il a l’idée d’aller se cacher en un lieu où on ne le poursuivra guère il devient aide-jardinier au domaine royal de Kew. C’est là, dans les jardins, qu'il rencontre un jour George III que tout Américain déteste si fort. Le roi lui parle, reconnaît, à son accent, le Yankee, et, magnanime, l’assure de sa protection. Potter est conquis par l’homme, tout en détestant la fonction. Mais, toujours fier, il refuse de prononcer le mot « Sire », et c’est encore le roi qui cède. Quelques mois plus tard, le roi réduit son train de maison. Israel perd sa place, et recommence à errer. Il a, cette fois, la chance de rencontrer certains Anglais qui, secrètement, sont du parti des Insurgents. L'un d’eux, John Woodcock, l’accueille dans son château, et le présente au fameux Horne Tooke. Les deux Anglais, qui sont en correspondance suivie avec les agents du Congrès, étudient quelques. jours Israel, puis, satisfaits, lui confient une mission : il s’en ira, dans la France encore neutre, et portera des dépêches confidentielles à Benjamin Franklin, qui représente à Paris les colonies insurgées.
Le voyage est sans histoire. Sans perdre un instant, Israel, à peine hors du coche, arrive chez l’illustre docteur. Il trouve celui-ci dans son bureau plein de cartes, de baromètres et d’inventions surprenantes. Le sage accueille Israel comme un vieux maître ferait d’un jeune élève. Avec son autorité souriante, il le conseille, le chapitre, lui épargne les tentations parisiennes, lui fait partager son repas frugal et lui laisse pour compagnon l’Almanach du Bonhomme Richard. Dans la soirée, Benjamin Franklin, sa journée finie, invite Israel à venir converser avec lui. Mais bientôt on introduit dans la pièce un personnage étrange, à la parole orgueilleuse, c’est John Paul Jones, le fameux corsaire, le « Capitaine Paul » dont les belles dames de Paris ont fait le lion du jour. Il vient exiger de Franklin qu’on lui donne une frégate, et carte blanche pour croiser où il voudra. Le vieux docteur, de son ton égal, a tôt fait de calmer l’illustre aventurier. Mais la maison de Franklin ne désemplit pas de visiteurs illustres : voici venir deux des grands chefs de la marine française. Et tranquillement, Franklin fait disparaître Paul Jones et Israel. En l’absence de John Paul, le docteur lui obtiendra sa frégate, cependant que le marin, retiré chez Israel, arpente la chambre à grand pas comme il fera plus tard sur son gaillard d’arrière.
Trois jours plus tard, sans que le doux autocrate lui ait même per-
mis une promenade dans ce Paris qu’il voudrait tant connaître, Israel Potter repart pour l’Angleterre, muni d’un nouveau message et d’une nouvelle dose de philosophie familière. Il retourne au château de Mr Woodcock, y connaît d’extraordinaires aventures, et doit, pour s'enfuir, jouer un rôle de fantôme, puis se muer en épouvantail à moineaux. Il finit par regagner Douvres, et veut repasser en France : mais la guerre est déclarée, et le trafic interrompu. Comble de malchance, à Douvres sévit la presse, et Israel, arrêté, se trouve embarqué de force sur une frégate qui s’en va vers les Indes pour combattre le baïilli de Suffren. Il trouve moyen, pourtant, d'échanger, en pleine mer, son emploi : on l’embarque sur un minuscule gardepêche, qui, lui, n’a point envie de combattre. Et pourtant, bientôt, un grand bâtiment de guerre lui donne la chasse. Israel, très ému, reconnait le pavillon américain. Aussitôt le patriote de Bunker Hill renaît. A lui seul, Israel Potter maîtrise ses compagnons, et livre le petit navire anglais au capitaine américain. Celui-ci se montre, et Israel, enthousiasmé, reconnaît l’homme qui, à Paris, a partagé sa chambre : John Paul Jones. Le grand marin, lui aussi, reconnait son hôte d’un soir. Capitaine et matelot seront désormais des compagnons de lutte infatigables. Ensemble, ils feront cette campagne étonnante sur les côtes d’Ecosse, où Paul Jones envahira une ville, brûlera une flotte de pêche, enverra vers la France dés prises innombrables. Israel sera toujours, partout, au premier rang. À Paul Jones iront tout de même les compliments du roi de France.
Une expédition nouvelle est montée. Neuf navires hétéroclites sont armés à Brest et confiés à Paul Jones. Mais l’escadre indisciplinée se disperse vite, et Paul Jones, avec sa vieille frégate, qu’en l’honneur de Franklin il a nommée le Bonhomme Richard, se trouve presque seul, un beau jour, devant deux vaisseaux de guerre britanniques. Alors a lieu l’admirable combat du Bonhomme Richard et de la Serapis. Pendant cinq heures, la bataille fait rage, acharnée. Enfin le capitaine anglais amène son pavillon. Il est temps : le Bonhomme Richard va couler. Cette fois encore, Israel Potter est le plus hardi des matelots d'Amérique, et son nom méritait de rester auprès de celui de Jones : n’est-ce pas lui qui, saisissant le boutdehors de la Serapis, engagé dans les haubans du Richard, le maintient seul assez longtemps pour que les grappins soient fixés solidement d’un bord à l’autre? Il continue ses campagnes sous John
Paul Jones. Et pourtant, un incident fortuit va séparer à jamais les deux hommes.
141% LOL,
Un jour de bataille, Potter veut renouveler son exploit, et saute sur le bout-dehors de l’ennemi. Mais celui-ci se dégage, s'enfuit, et Israel Potter, loin des siens, se trouve seul, parmi les Anglais. Il fait nuit on ne s'aperçoit pas, d’abord, de sa présence. Mais que pourra-t-il faire le lendemain ? Il essaie vainement de se faire passer pour un simple matelot du bord : toutes les équipes le rejettent. Nul ne pense qu’un Américain peut se trouver à bord : on finit par voir en lui un amnésique guéri par le combat. Et il revient à Falmouth, considéré par tous comme un matelot anglais. L’Angleterre, décidément, ne le lâche pas.
Il est donné, une fois encore, à Israel Potter, d’entrevoir un héros historique. À Falmouth, parmi les prisonniers américains qu’il va contempler sans éveiller la méfiance, l’un frappe l’attention par sa taille prodigieuse, sa fierté magnifique, et ses colères de Prométhée
-captif : c’est Ethan Allen, le héros de l’indépendance du Vermont, le
vainqueur de Ticonderoga, et le futur auteur des célèbres Souvenirs de captivité. Et puis, Israel s'éloigne de la mer : c’est quitter en mème temps l’ère des grandes aventures. Le voici qui travaille Bumblement, péniblement, dans une briqueterie. Le voici, perdu dans Londres, faisant tous les métiers : rempailleur de chaïses, chiffonnier, égoutier. Il ne connaîtra plus que le souci médiocre de ne pas mourir de faim. La paix revenue, il pourrait revenir au pays. Mais il a fait, par lassitude, un mariage avec une pauvre Anglaise qui, toute sa vie, lui donnera des enfants destinés à mourir en bas âge. De longues, très longues années se passent, sans un rayon de joie, sans une aventure digne d’être rappelée. Israel Potter est devenu un vieillard.
En 1826, il a quatre-vingts ans. De tous ses enfants, un seul survit. Il a entendu son père évoquer le beau pays de sa jeunesse. Il réussit, enfin, à obtenir pour eux deux passage sur un paquebot. Le vieil homme et son fils partent pour ces Etats-Unis qu’ils voient avec les yeux du rêve. Ils débarquent dans Boston tout en fête : c’est l’anniversaire de Bunker Hill ! Partout se voient des oriflammes, des banderoles qui disent : « Honneur aux héros de 1775! » Mais le vieil Israel est étranger à cet enthousiasme. Il regagne avec son fils le vieux village des Berkshires. Le pays est méconnaissable. Israel, après soixante ans, ne retrouve ni les routes, ni les bois d'autrefois. Une pierre seulement arrête sa vue : un laboureur inconnu mène sa charrue sur l’antique emplacement du foyer paternel. Israel, comme un revenant, reste quelque temps dans ce village où le nom même de sa famille est oublié. La petite pension qui eût égayé les vieux jours du
vétéran lui sera refusée. Il mourra sans bruit, et, de cette vie peu commune, ne subsistera qu’un petit livre aussitôt oublié.
On ne saurait en aucune manière étudier l’Zsrael Potter de Melville sans se reporter à la source qu’il indique lui-même dans sa dédicace : c’est-à-dire aux souvenirs du véritable Israel Potter. C’est un inince ouvrage de 106 pages, aujourd’hui fort rare, intitulé Life and Remarkable Adventures of Israel R. Potter, et publié à Providence en 18241, Le héros de ces aventures, dans sa vieillesse, dut le dicter dans l’espoir d’obtenir une pension. C’est lui-même qui parle. Il relate brièvement son enfance et son premier départ (p. 1-5). Vient ensuite une série d’aventures sur terre et sur mer qui se terminent à Bunker Hill (p. 6-18). Nous le voyons prisonnier et mené à Londres (p. 19-35). Puis il s'échappe, est jardinier du roi, porte un message à Franklin, rentre à Londres, et, la guerre déclarée, ne peut plus quit-
ter l’Angleterre. Il végétera pendant cinq ans (p. 36-58). Enfin, la paix revenue, il épouse une Anglaise, a encore bien des malheurs,
perd sa femme, ses enfants, est tout près de mourir de faim (p. 59-95). Finalement, en 1823, un appel au consul américain lui permet de rentrer aux Etats-Unis, où il espère qu’une pension lui permettra de finir ses jours (p. 96-106). L'histoire est médiocre, dépourvue de tout souci artistique. Potter déroule mécaniquement la chronique de sa vie, sans s’aitacher plus longtemps au grands événements de l’histoire qu'aux humbles avatars familiaux. Les chaises qu’il a rempaillées tiennent autant de place, dans son livre, que les messages qu’il a portés à Franklin. En outre, il énumère les faits, il ne prétend pas les faire revivre. Nul dialogue, nul trait pittoresque n’en relève la monotonie. Si digne de pitié que fut l’auteur, on ne saurait beaucoup s'étonner que son livre ait passé inaperçu. C’est lui, pourtant, que Melville a pris pour base de son récit. Mais, quand il prétend n’avoir presque rien fait que transcrire un original oublié, gardons-nous de le croire le moins du monde. Entre l’Israel Potter de Melville et le petit livre dont il s’est servi, la différence est à peu près la même qu'entre le Henry IV de Shakespeare et la Chronique de Holinshed.
1. Sur la comparaison avec le récit d’Israel R. Potter, voir R. Mac Cutcheon, The Technique of Meloille’s Israel Potter. South Atlantic Quarterly, vol. XXVII, pp. 161-174, avril 1998.
{l s'agissait, pour Melville, de transformer, au point de la recréer, une histoire déjà connue. Il eut plusieurs fois dans ces années où son labeur se ralentit, l’idée de recourir à ce procédé, qui réclamait une technique toute particulière, fort différente de celle qu'avait demandée de grands livres. Israel Potter nous fournit l’occasion de l’étudier.
Une lettre de Melville à Hawthorne, connue sous le nom de Agatha Letter’ nous montre comment Melville, ayant un jour entendu raconter un fait divers assez banal, est frappé de l’idée qu’il y a là « un sujet ». L'histoire est sans enseignement philosophique défini. Mais Melville se convainc rapidement que, suffisamment transformée, elle pourrait fort bien illustrer ses propres idées sur le sens et la destinée de la vie humaine. Et nous pouvons suivre, tout au long de cette très longue lettre, le progrès de sa pensée qui, d’une part, masse les détails, les ordonne autour de quelques idées, et les charge d’un sens philosophique qu’ils ne comportent guère ; puis qui rend l’histoire beaucoup plus dramatique, et par suite plus convaincante. La nouvelle Agatha n’a jamais été écrite. Mais on peut croire que le jour où, par un hasard quelconque, Melville mit la main sur le petit récit d’Israel R. Potter, le travail qui se fit en lui fut à peu près semblable.
On peut imaginer, croyons-nous, les sentiments que cette lecture fit naître en lui. Rappelons-nous la misère intellectuelle, le sentiment d’absolue solitude dans lesquels il se débattait. N’a-t-il pas trouvé dans la vie d’israel R. Potter, si étrangement seul, ne rencontrant qu’indifférence après des actions pourtant brillantes, et jouet d’une destinée qui s’acharne à l’écarter de la terre promise, une image de sa propre vie. Il savait que les hommes, si héroïques que fussent leurs efforts, et si vivace que fût en eux le sentiment de la liberté, n’étaient que pauvres choses inertes aux mains d’une Destinée cruelle, dont souvent les grands de la terre étaient inconsciemment les agents. Mais
1. Agatha Letter, 13 août 1852. Mss en la possession de Mrs Metcalf, Cambridge. Publiée dans N. Engl. Quart., vol. IT, pp. 296-307, avril 1929.
Melville a entendu raconter un cas intéressant, susceptible d’être transformé en nouvelle. Il explique le parti qu’on peut en tirer, les modifications à apporter à la réalité. Mais il juge qu'Hawthorne est mieux qualifié que lui pour écrire la nouvelle. Hawthorne ne fut pas de cet avis, et rendit la lettre à Melville. La nouvelle ne fut jamais écrite. La lettre permet de se rendre compte des procédés de composition de Melville.
il savait aussi que ces hommes n’avaient pas le droit d'abandonner la lutte, qu’ils étaient vraiment grands s’ils savaient combattre, comme Ahab, et que du jour où ils se résignaient, ils ne méritaient plus qu'une méprisante pitié. Anxieusement, Melville a pu se demander si, pour sa part, il n’était pas tombé au rang d’un Israel Potter luttant qüarante années pour finalement cesser la résistance. Alors il a voulu opposer à son pitoyable héros cet homme privilégié, Ethan Allen, dont ii aurait voulu être l’émule, alors que par instants il craint d’être, lui aussi, un vaincu.
Pour mieux montrer la rigueur avec laquelle le sort poursuit Israel, Melville brosse d’abord un tableau du paysage qui la vu naître, insistant sur le grand vent d'automne et la désolation de l’hiver. Il dispose les chapitres en suivant comme un rythme les échecs d’Israel. Le chapitre II, qui peint ses efforts successifs et infructueux pour conquérir celle qu’il aime, se termine par une toute petite phrase :
« L’aimée perfide était la femme d’un autre. »
C’est Melville qui multiplie les épreuves d’Israel dans la période héroïque de sa carrière et les figures historiques sous les pas desquelles sa destinée l’entrainait. Au rebours, toute la fin du livre original est pleine d'incidents médiocres, où Israel connaît des hauts et des bas : Melville passe en quelques lignes sur quarante années grises, magnifiant seulement, dans un chapitre entier, chargé d’un symbolisme tragique, où se retrouve l’auteur de Moby Dick, l'épisode en soi banal d’Israel peinant dans sa briqueterie. Israel, enfin, peut rentrer au pays : Melville pousse l’ironie jusqu’à le faire débarquer dans une ville qui, insoucieuse de lui, fête l’anniversaire de Bunker Hill. Et le chapitre final, s’il évoque le retour de Rip Van Winkle dans son village, est imprégné d’une émotion, d’une sobre désolation, dont Irving n’eût guère été capable. La dernière phrase de l'ouvrage, dépouillée, impassible en apparence, est calculée pour laisser dans l'esprit du lecteur une infinie tristesse
« Il échoua dans ses efforts pour avoir une pension, par suite de « certains caprices de la loi. Ses cicatrices devaient être ses seules « médailles. Il dicta un petit livre qui retraçait son destin. Mais le « livre est épuisé depuis longtemps — lui-même a quitté l’existence —- « son nom est sorti des mémoires. II mourut le même jour que le
« chêne le plus ancien de ses collines natales fut abattu par la « tempête !. »