Id., à John d’Wolf, 22 septembre 1830 (G. L. C
laissées impayées à New-York, tandis que je suis sans ressource È < et n’ai pas un shilling, sans aide immédiate je ne sais ce qu’il e « adviendrait de moi, mais 500 dollars m’épargneraient un monde | « d’ennuis, et me permettraient d'envisager l’avenir avec un renou- L. « veau d'espoir, en attendant d’être capable par la suite de subvenir | « à mes besoins — ce que des pertes et des désappointements répétés « m'ont empêché de faire !. »
C’est cette lettre qui nous apprend les vraies conditions du départ pour Albany : à la fin de l’été, Maria Melvilie et ses enfants, qui passaient les vacances en famille, avaient appris qu’ils ne devaient pas rentrer à New-York. Le 1°” octobre, Allan Melville était venu les rejoindre, et il avait dû avouer l’écroulement de ses prétentions. Jusqu’aux toutes dernières années de leur séjour à New-York, les s enfants d’Allan Melville ont ignoré les orages qui se levaient au-dessus
d’eux. Leur vie fut pieuse, confortable et calme. Les parents, qui tous deux appartenaient à des sectes calvinistes austères, affichaient une grande — et peut-être sincère — piété, que Maria Gansevoort devait garder jusqu’à la fin de sa longue vie (1871). Dans une lettre à M. Braswell, Mrs E. M. Metcalf, petite-fille de Melville, parle ainsi de son arrière-grand’mère :
« Quand ma mère allait séjourner dans la famille à Gansevoort, € étant enfant, on disait les prières en commun, et on observait stric- <« tement les prescriptions du dimanche. Tous les livres frivoles, la « couture, le tricot, et tout autre travail manuel étaient mis de côté, : « et des brochures religieuses prenaient leur place. On servait un « dîner froid, et on allait à l’église deux fois. Ma mère avait du
« dimanche une terreur profonde *. »
C’est un régime analogue qu'Herman Melville connut dans sa petite enfance. Mais les lettres familiales montrent que cet étalage de vertu | dominicale n’entraînait pas une sévérité trop grande. L’existence des 4 enfants avait ses plaisirs calmes et modestes. Elle était parfois à rehaussée par de petites fêtes familiales. L’automne se marquait par À le dîner de « Thanksgiving », où l’on servait « une fameuse dinde » ?.
L'hiver connaissait les réunions enfantines “, et les visites de parents de la province : c'était la vieille grand’mère Gansevoort, la veuve du
. Allan Melville, à son père, 4 décembre 1830 (M. P.).
. Braswell, ch. 1.
. Maria Gansevoort Melville à sa mère, 7 décembre 1828 (G. L C.}. . Id., à Peter Gansevoort, 20 février 1828 (G. L. C.).