‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 187 sur 327 · Id., p · texte numérisé non relu

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charitables, qu’un impôt fera vivre, et que dirigera d’une main de fer un super-gouvernement, est un plan que ne désavouerait pas, de nos jours, le Rév. Dr Elmer Gantry. Selon nous, la force de la satire melvillienne est difficile à nier. Nous conclurons avec M. Mumford :

« The Confidence Man est plus corrosif que tout ce qu’ont pu écrire « Bierce ou Mark Twain. Il est dur de réfuter la magie noire de « Melville, dur de trouver un antidote à cette belladone de l’esprit !. »

Melville, pour convaincre, emploie d’autres procédés que la raillerie. Il use, non sans bonheur, de la parabole. On lit, en effet, avec plaisir, l’histoire du colonel Moredock, l’homme qui haït les Indiens et abat comme un gibier tous ceux que son fusil peut atteindre, tandis qu’il est, au demeurant, l’homme le plus doux et le plus courtois. Ou celle de Charlemont, le négociant estimé, qui eut son heure de folie, disparut sans explication, et, guéri, reprit sans mot dire sa vie lucide et souriante. Ou encore celle de China Aster, l’honnèête artisan, qui fut accablé de malheur parce qu’un ami, un jour, le força d’accepter un prêt. C’est la tradition platonicienne des mythes. Peut-être, ici, la morale n’est-elle pas toujours aisée à démêler. Mais on retrouve les qualités de conteur du Melville des Piazza Tales.

La vraie faiblesse de l’ouvrage est sa dialectique. Parfois, Melville s’interrompt pendant tout un chapitre pour tirer la morale de ce qu’il nous a fait voir : ainsi le chapitre xLIV est une dissertation sur le mot « original ». En pareil cas, on trouve au moins des vues curieuses et qu’on ne lit pas sans intérêt. Mais quand, sur un mot dit au passage, Melville Ôôte la parole à ses personnages pour nous faire part de réflexions compliquées sur des problèmes insignifiants, on se prend à dire, comme D. H. Lawrence : « Grand Dieu, qu'est-ce que cela peut nous faire ? ? « Et quand les personnages eux-mêmes, après avoir joué pour notre plaisir une scène de fine comédie, changent de ton, et engagent un languissant combat de filandreux paradoxes, la patience du lecteur est mise à rude épreuve.

« Le style », dit M. Mumford, « est toujours approprié, et souv:nt « bien mieux que cela *. »

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