‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 190 sur 327 · Journal de 1849, 20 décembre · texte numérisé non relu

Journal de 1849, 20 décembre

2. En marge de 7 and my chimney. Mrs Melville a écrit au crayon : « Tout ce qu'il fit de sa femme s’appliquait à sa mère, qui était pleine de vigueur et d’énergie pour ce qui concernait la ferme. Le plan de démolition de la cheminée est purement imaginaire. »

pour le portrait. Enfin, le décor de 7 and my Chimney est à ce point fidèle qu’on trouve aujourd’hui, en visitant la vieille demeure, jusqu'aux placards capricieux évoqués par Melville. Un dernier trait commun à ces contes est leur style. On n’y trouve ni les bizarreries, ni l’ironie farouche, ni les obscurités de Pierre et “de The Confidence Man. D'un bout à l’autre, on est en présence d’un humour bonhomme, parfois plus érudit qu’il ne voudrait paraître, et qui rappelle un peu celui du « Pasteur de Wakefield ». C’est une nuance unique du style de Melville : même quand il est au fond le plus amer, il a su conserver le ton le plus bénin.

Du seul fait que Melville n’ait pas cru devoir réunir ces morceaux en un volume, comme il avait fait pour les Piazza Tales, on se croit généralement autorisé à les négliger. Peu de critiques les mentionnent, et ceux qui en parlent se montrent à l'ordinaire sévères à leur égard. M. Mumford juge que :

« Melville n’était pas à aise dans les bornes étroites de la nou- « velle. Il avait à peine le temps de se mettre en route qu’il était « déjà au port » :.

Et M. John Freeman s'exprime ainsi

« I1 y a des passages méditatifs un peu mous, des passages lan- « guissants, des passages faiblement humoristiques, et des portraits « inavoués de l’auteur. Mais l’intérêt de pareilles esquisses réside < seulement dans la personnalité de leur auteur, et peu de lecteurs « se plaindront qu’elles soient restées si longtemps sans être rassem- « blées ? ».

Ces jugements nous semblent assez durs. Certes, les essais sont inégaux. Mais certains, The Paradise of Bachelors et 1 and my Chimney en particulier, nous paraissent charmants. Nous y retrouvons, après bien des années, une certaine fraîcheur de sensations qui permet à Melville de nous restituer intacts, ici le fumet du roast beef londonien, là le parfum des halliers des Berkshires. Son humour aussi, loin d’être « faible », nous semble rajeuni. Et les « portraits inavoués de l’auteur » (même s’ils sont flattés) nous le font bien sympathique. On peut déplorer que la santé de Melville l'ait alors condamné à n’écrire que ces morceaux fugitifs. On ne peut se défendre de les

La

4, Mumford. Op. cit., p. 236.

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