‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 192 sur 327 · Les autres sont · texte numérisé non relu

Les autres sont

C. R. de The Oregon Trail, de Parkman. La vraisemblance de l’attribution est très grande, étant donné l’allusion que Melville semble lui faire dans sa lettre à Evert Duyckinck du 14 décembre 1849 D. c. Ce C. R. est donné en appendice par Mr Sundermann.

C. R. du Pilot de Cooper, selon Mr Birss : N. Engl. Quart., V, pp. 345-347, avril 1932.

C. R. de The Scarlet Letter de Hawthorne, selon Minni, p. 30. Mais Mr Minnigerode n’indique pas ses sources.

Article sur Melville lui-même dans Putnam’s (février 1835) selon Minni, p. 192. Nous avons vu le Ms (D. C.); l’écriture ne ressemble pas à celle de Melville ; seules les rectifications marginales semblent de sa main. |

Article sur Cooper qui aurait paru en 1852 dans « À Memorial to James Fenimore Cooper » selon Minni. p. 30. Le malheur est que (Mr Birss l’a démontré dans N et Q, vol. CLXII, p. 84, janvier-juillet 1932), l’article n’existe pas, Melville a seulement envoyé à l’organisateur d’une pieuse cérémonie une lettre

où, tout en affirmant son admiration pour Cooper, il s’excusait d’être absent de la fête.

là même, assez mal à l’aise dans l'emploi de critique. On s’en rend compte quand il parle de Cooper. Il le loue, mais ne sait trop qu’en dire. Son article sur les Sea-Lions se borne presque à un résumé du roman. Son compte rendu sur le Red Rover est seulement une agréable causerie sur l’art de la reliure.

Mais, quand on lit l’article Hawthorne and his Mosses, on sent que les défauts de Melville critique eussent pu se corriger bien vite. Il débute, cette fois encore, par un aimable badinage sur la ferme où il passe l'été, et les circonstances qui jusqu'alors l’avaient privé du plaisir de lire Mosses from an old Manse. Il s’y est mis enfin, et il en est ravi. Et il passe à la vraie critique. Du livre, il aime « l’humour lunaire et contemplatif », et la tristesse subtile. Mais, dit-il,

« … c’est le moindre côté du génie qui attire l’admiration :. »

Ce qui est le plus remarquable chez Hawthorne est ce qu’on y aperçoit pourtant le moins : c’est le sens du mystère. Hawthorne a une face éclairée « comme un Eté de la Saint-Martin », mais l’autre face est sombre parce qu’il garde en lui la hantise du Puritanisme ancestral. C’est cela qui est grand en lui, plus que les aspects faciles à saisir, de même qu’en Shakespeare le créateur de l’inquiétant Hamlet est plus grand que celui du tragique Richard III. Est-il inconvenant d’amener Shakespeare en cette affaire ? Non, car Hawthorne est digne de lui. Shakespeare est grand, mais on ne doit pas désespérer de l’égaler, même et surtout dans cette jeune Amérique. Ce pays a droit à une littérature indépendante, qui ne s'inspire plus de l’Europe, qui ne produise plus de gracieux Washington Irvings, mais des auteurs originaux et entièrement américains. Hawthorne est de cette race nouvelle. Ce n’est plus le copiste habituel, c’est le chercheur vigoureux qui veut saisir la vérité. La conclusion est qu’une nouvelle lecture fera trouver chez Hawthorne des beautés nouvelles. On dit que le livre a eu du succès : qu'est ce succès, près du triomphe qu’il mérite ! Tous ceux qui sont capables d’admiration doivent lire Mosses from an old Manse.

On se rappellera que Melville, alors, ne connaissait pas Hawthorne personnellement. Son jugement est donc exempt de tout parti pris favorable. Si l’on fait la part de quelque exagération, on sera frappé de la justesse de certaines vues de Melville. La persistance du spectre puritain, la grandeur que donne à Hawthorne son sentiment du mystère, sont devenues des idées classiques. Mais Melville fut le premier

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