‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 193 sur 327 · St. Ed., vol. XIII, p · texte numérisé non relu

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à les formuler si nettement. De même les opinions de Melville sur la littérature américaine de l’avenir sont maintenant adoptées partout. Mais quelle peine ne devait pas éprouver un Whïtman pour les faire triompher ? Il fallait à Melville une originalité peu commune pour les formuler en cette année 1850, où le respect de tout ce qui venait d'Angleterre était encore si profond. La technique de la critique faisait défaut à Melville, qui trop souvent bavardaïit à bâtons rompus : les deux articles sur Cooper n’ont guère que des défauts. Mais il était capable d’intuitions littéraires remarquables, et ses lettres à Hawthorne et aux Duyckinck en donnent maints autres exemples. Il est peut-être fâcheux qu’il ait renoncé si vite à la critique. :

On ne saurait disserter longuement sur -les conférences que prononça Melville, vu que leur texte exact ne nous est pas parvenu. Nous les connaissonc seulement par les comptes rendus qu’en ont laissé divers témoins,

Il semble que Melville ait préparé trois sujets seulement. De la première conférence, Statuary in Rome, il nous reste deux comptes rendus, dont l’un fut publié par le Bosion Journal du 3 décembre - 1857 :, et l’autre est renfermé dans une lettre du cousin germain de Melville, Henry Gansevoort ?. Le discours se résume ainsi ; cultivé ou non, l’homme a le don de sentir la beauté. A son arrivée à Rome, le voyageur est salué de loin par les grandes effigies du Latran : c’est un symbole du peuple de statues qu’il verra dans la ville. L’œuvre la plus remarquable de Rome est l’Apollon du Belvédère, qui exalte. La Vénus de Médicis * est seulement charmante. Le Galate mourant prouve qu’à Rome il y avait déjà des cœurs sensibles. Melville, élargissant le sujet, parle des ruines grandioses de Rome, qui est une ville éternelle, parce qu’elle fut une ville d’art. La civilisation utilitaire d’aujourd’hui, se demande-t-il, vivra-t-elle aussi longtemps, et le Crystal Palace durera-t-il autant que le Colisée * ;

La seconde des conférences de Melville nous est connue par un

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