‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 213 sur 327 · Freeman, p · texte numérisé non relu

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€ remous poétique parmi les eaux de la philosophie, qui constitue l'âge € d’Arnold, de Tennyson et de Browning!. »

M. Weaver est d'avis que « Melville a dépensé dans Clarel plus d’ironie, de vie et de pensée « que toute la clique des poètes alors en fonctions n’en pourrait « montrer réunie ?. »

M. Mumford, tout en faisant des réserves pleines de sens sur la monotonie de ce long et pénible voyage, s'efforce de montrer qu’assez de beautés se voient sur le chemin pour que la patience du lecteur en soit récompensée *. Rares sont donc, on le voit, les condamnations motivées. Si Clarel fut, tant de fois, exécuté sommairement, c’est que bien des juges ont eu peur de ses plaidoyers trop copieux.

Une fois domptée l’appréhension première, on risque d’être à nouveau rebuté assez vite. En effet, le plus grave, peut-être, des défauts du poème est la lâcheté de sa composition. Une première cause de faiblesse fut sans doute l’arrêt que subit, un temps, le labeur de Melville. Quand il le reprit, son état d’esprit avait à ce point changé que l’unité du poème en devait être brisée. Ni le héros, ni les personnages principaux, ne semblent, au début et à la fin de l’ouvrage, être vraiment les mêmes hommes. Ce fait seul compromet sans remède la continuité de l’ouvrage. Comment suivre le progrès de la pensée d’un Rolfe ou d’un Vine, si brusquement ils apparaissent tout autres ? Pourtant, si, à l’intérieur même des quatre grandes divisions, la compcsition était simple et les personnages clairs, on saisirait aussitôt le contraste. On le déplorerait peut-être, mais on ne serait pas dérouté. C’est bien loin d’être le cas. Dans chaque partie, les personnages apparaissent, discourent sur un sujet, s’évanouissent, font place à d’autres, reviennent, dissertent sur un autre point, et disparaissent encore. On a une peine infinie à saisir leurs contours fugitifs. Et quand on est parvenu à s’en faire une idée un peu nette, on les voit, dans la division suivante, recommencer leur jeu, effacer d’un mouvement incertain les traits qu’on a tracés, et nous contraindre à en

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