‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 240 sur 327 · Sundermann, p · texte numérisé non relu

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ce qui touche plutôt à la religion. Nous l’avons vu, devant les problèmes de la foi, raisonner éperdument et, malgré ses efforts; ne parvenir qu’imparfaitement, et au terme de sa vie, à l’abdication nécessaire du croyant. Mais quand il voulut se livrer à des spécur lations où la seule raison devrait intervenir, il fut. à ce point dominé: par le cœur que son échec ne faisait d'avance, aucun doute. Le véritable philosophe tel que Kant fut l’objet de ses railleries, à. cause de l’abîime qui séparait sa vie paisible et ses recherches vertigineuses Melville, lui, ne put jamais s’occuper des problèmes pour eux-mêmes : il chercha, douloureusement, la solution d’énigmes d’où dépendait sa propre vie. Sa recherche fut donc soumise à des influences très diverses : les unes provinrent de son tempérament, d’autres des circonstances de sa vie, d’autres enfin de lectures et de conversations abondantes, mais disparates, plus souvent amenées par un désir passionné de confirmer des présomptions que par un impartial désir d’information scientifique. Aussi, avant d’essayer de dégager les idées essentielles auxquelles il se rallia, convient-il de montrer les forces qui l’y amenèrent.

À la base de sa recherche philosophique se trouve une impression que l’on discerne en lui de très bonne: heure : celle que partout, dans l’homme et dans le monde, des mystères sont cachés, que voilent de trompeuses apparences. Ce sentiment, il l’éprouva dès l’époque de Mardi, quand les migrations mystérieuses de la baleine lui semblaient des problèmes qui dépassaient la science, et il y croyait encore dans sa vieillesse : rencontrant Julian Hawthorne longtemps après la mort de son père, il lui dit qu’il avait toujours soupçonné un mystère: dans le passé de ce dernier‘. Il pressentait done partout des forces obscures, voyait partout contraster les apparences et la réalité. Il était naturel qu’il cherchât à percer les premières et tentât de parvenir aux vérités profondes.

I y fut poussé par un tempérament qui l’empêchait de se contenter du banal. Deux forces, contraires seulement en apparence, l’en éloignaient. Les aspirations romantiques de sa jeunesse, d’abord, ce goût du lointain qui avait tant contribué à l’entraîner dans de chimériques

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