‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 242 sur 327 · Confidence Man, p · texte numérisé non relu

Confidence Man, p

en perpétuel devenir !, et c’est le second qui a confirmé le sentiment, encore confus chez Melville, que seules des apparences trompeuses nous sont connues ?. Les « masques de carton » dont parle Moby Dick sont une autre métaphore pour désigner les ombres de la caverne *. Et il semble qu’au moins partiellement, Melville doive au même Platon sa conception des idées, indépendantes de toute conscience individuelle # On ne sache pas que Descartes et les philosophes français aient beaucoup influé sur Melville, mais il n’en est pas de même des Anglais. Sir Thomas Browne confirma son goût du mystère et commença à le faire douter de la science. Il a sûrement connu Locke et Berkeley, et ia critique qu’il fait de la « table rase » de l’un”, de l’idéalisme absolu de l’autre , montrent au moins qu’il les a médités. Mais c’est peut-être Hume qui eut sur lui la plus grande influence. Melville n’a certes pas accepté la dissolution du moi qu’impliquait, si on l’acceptait intégralement, le phénoménisme de Hume. Mais il semble bien que la critique faite par Hume de certaines notions fondamentales, celle de causalité surtout, ait fortement frappé Melville. Il n’est pas exagéré de dire qu’une telle critique, connue par lui dès l’époque de Mardi, a renforcé définitivement sa méfiance à l'égard de la science en même temps que sa croyance en un destin aveugle ?. Des philosophes allemands, Melville, malgré les explications plus ou moins claires d’Adler, connut au fond peu de chose. Il cita Kant à maintes reprises, et pourtant on n’est pas bien sûr qu’il l’ait lu : son infiuence, en tout cas, n’apparaît guère. Il parle de Gœæthe, en termes parfois irrespectueux : il ne paraît pas l’avoir compris 8, Enfin l'influence si fréquemment citée de Schopenhauer, est assez illusoire. Il put y avoir, entre les deux esprits, une affinité spirituelle ; mais il faut répéter encore que Melville ne lut le philosophe allemand qu’à la veille de sa mort : et la lecture de Schopenhauer n’empêcha pas le pessimisme de Melville, déjà bien atténué, de s’éclaircir encore. Il faut, enfin, dire un mot de la position de Melville vis-à-vis des

MO: Clare, p4229?

. Moby Dick, I, p. 45.

. Moby Dick, I, p. 204.

CL'Mazdi MID 40/p-190:

. St. Ed., vol. XIII, p. 252.

. Mardi, I, p. 72.

. Cf. le Compte-rendu ,par M. Braswell, de l’ouvrage de M. Sundermann. Am. Lit., avril 1988.

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