Stedman, éditeur, Boston
2. Trent (W. P.). History of American Literature, 608 pages. New-York, 1903, Melville, pp. 389-391.
8. Mac Mechan (A.). The Life of a Little College, 308 pages. Boston, 1914, Melville, pp. 191-197.
4. Been (H. A.). Initial Studies in American Literature, 281 pages. New-
York, 1892. Higginson et Boynton (H. W.). A Reader’s History of American Literature, 2 vol. New-York, 19083.
Burton (R.). Literary Leaders of America, 318 pages. Boston, 1904. Bowen (E. W.). Makers of American Literature, k10 pages. New-York, 1908. Suile de la nole page 582.
de Melville ne courait nul danger. Sa résurrection nous paraît, au contraire, presque miraculeuse.
Le centenaire en fut l’occasion et d’assez nombreux articles parurent alors à New-York et à Londres. Mais les vrais artisans du succès furent MM. F. J. Mather Jr, Raymond Weaver et Carl Van Doren :. Dès 1919, le premier, en un article étonnant de clairvoyance, modifia le point de vue où tous les critiques s'étaient placés avant lui. À ses yeux, ce qui comptait surtout en Melville, ce n’était pas les aventures et les décors qui, seuls, avaient vraiment séduit les générations antérieures : c’était la lutte douloureuse d’une âme qui, résolue à vivre intégralement, cherchait à s’affranchir des contraintes puritaines et victoriennes. M. Mather plaçait Moby Dick au-dessus de tous les autres livres, et montrait sa connaissance des œuvres ultérieures. Il n’aliait pas encore jusqu’à les admettre sans réserve, et avouait l'échec artistique de presque toutes. Mais il n’admettait pas qu’on les écartât avec mépris. M. Weaver, lui, nous donna en 1921 une biographie de Melville infiniment agréable à lire, où la figure de l’écrivain était pour la première fois dessinée avec franchise : il ne cherchait plus, comme un Stedman ou un Smith, à prouver que « Mr Melville », gentleman de bonne famille et d’habitudes bourgeoises, avait vécu dignement, estimé par ses pairs. On comprit, enfin, qu’il avait durement lutté contre un milieu hostile. M. Weaver, dans les années qui suivirent, rendit à la cause de Melville un service plus grand encore : sur son initiative, et sous sa direction, la Maison Constable publia une édition complète des œuvres de Melville, dont certaines étaient inédites, et dont la plupart étaient devenues introuvables. Quant à M. Van Doren, il consacra pour la première fois, dans À Cambridge History of American Literarure et dans The American Novel, un chapitre entier à Melville. La cause était gagnée. Il est peu de critiques et d'écrivains, en Amérique et en Angleterre qui, depuis, n’aient un jour écrit un article à la gloire de Melville, peu de grands libraires, à New-York, à Boston et à Londres, qui n’aient réédité l’un ou l’autre de ses livres, peu de manuels de littérature, nouveaux ou rajeunis,
Boynton (P. H.). History of American Literature, 501 pages. New-York,
Bates (K. L.). American Literature, 325 pages. Londres, 1898.
Stanton (Th.). Manual of American Literature, 493 pages. New-York, 1909.
Barret (W.). À Literary History of America, 572 pages. New-York, 1941.
Three Centuries of American Prose, New Comer, Andrews Hall, éd., 876 pages in-40, Chicago, 1917.
qui ne lui consacrent aujourd’hui des pages abondantes. Les articles de 1919 insistaient surtout encore sur Typee. Quand MM. Mather, Weaver et Van Doren eurent parlé, Moby Dick prit la première place. Et l’on vit dans la suite la faveur gagner peu à peu les œuvres qui avaient toujours été méprisées. M. Van Vechten fit une étude spéciale de ces dernières. I! découvrit ces chefs-d'œuvre inconnus, Benito
Cereno et The Encaniadas, et jugea Pierre avec une indulgence toute
nouvelle. Il écrivit :
€ Un jour il y aura ceux qui préfèrent le Melville de la fin, comme « il y a ceux qui préfèrent le James de la vieillesse’. »
M. Grant Watson alla plus loin, lorsqu'il rangea Pierre au-dessus de tous les autres. Aujourd’hui, seuls The Confidence Man, Clarel et les Poèmes n’ont pas encore trouvé d’apologistes résolus. En même temps, l'étude de la vie et de la personnalité de Melville se faisait plus précise. John Freeman et M. Lewis Mumford étudièrent à la fois la vie et l’œuvre. MM. Minnigerode et Paltsits publièrent des lettres. Des chercheurs comme MM. Hetherington, Braswell, Mansñeld, Earnshaw, Forsythe, Andersen, pour n’en citer que quelques-uns, se livrèrent à de minutieuses études de détail. La vogue, enfin, a gagné l’étranger. Des traductions et des articles ont paru en Allemagne, en France, en Italie, et le dernier livre qu’ait inspiré Melville est celui d’un Allemand, M. le D' Sundermann *?.
Aujourd’hui, la vogue de Melville est si grande, les termes de comparaison dont on use en sa faveur si dépourvus de mesure que certains esprits commencent à craindre que, le snobisme s’en mêlant, les zélateurs n’aillent vraiment un peu loin. Il convient, sans se laisser circonvenir par un enthousiasme parfois indiscret, de discerner, dans cette gloire, les éléments passagers et ceux qui récompensent un mérite digne de survivre à toutes les modes.