Sur Liverpool, voir
Moss (W.). The Liverpool Guide, 192 pages, Liverpool, 1801.
Young (H. E.). Bygone Liverpool, 97 planches, Liverpool, 1913. :
Howell (E.). Liverpool as it is, or a guide for the Stranger, etc. Liverpool, 153 p., 10 planches.
Official Handbook, Liverpool, 1930.
vantant la splendeur du commerce local, ils ne craignent pas d'écrire :
« Les oranges venues d'Espagne, du Portugal et des Iles d'Occi- « dent, sont, pendant la saison, dans une telle abondance, qu’elles. € parfument l'air ambiant presque autant qu’elles embaumaient leurs « bosquets d’origine !. »
C'était encore bien moins la grande métropole moderne, fière de ses quaire-vingt-dix bassins, des puissants gratte-ciel de ses compagnies de navigation, de ses vastes édifices publies de style gothique eu Renaissance, et des pares verdoyants qui lentourent de tous côtés.
C'était une ville qui avait détruit ses monuments démodés, comblé le Vieux Dock pittoresque et inutile, construit en hâte des immeubles sans art, et ne pouvait tirer un légitime orgueil que de la série déjà imposante des bassins à flot, qui se suivaient sur son front de mer. À chaque marée, un long convoi de navires remontait la Mersey pour apporter dans ces bassins le eoton, le tabac et le blé d'Amérique, le sucre des Antilles, les bois rares et l’ivoire d'Afrique, et la laine des premiers moutons d'Australie. Une autre flotte descendait a rivière, chargée de draps, de toiles et de machines, où transportant en Amérique les émigrants de l’Europe entière. La richesse des hommes d’affaires s’étalait partout, que ce fût dans les clubs au luxe criard où ils allaient lire les journaux, ou dans les demeures d’im somptueux mauvais goût qu'ils s'étaient fait bâtir. Cette opulerce faisait plus cruellement ressortir la détresse de toute une part du peuple. À Liverpool, innombrabies étaient « les pauvres >», cette catégorie sociale particulière à l'Angleterre industrielle, épaves humaines sans travail et mourant de faim, mères chargées d’enfants dont nul ne s’occupait, pas même le « workhouse ». La classe laborieuse aussi était misérable ; le chômage était périodique, car à la main-d'œuvre masculine déjà irop nombreuse s’ajoutait le travail au rabais, des femmes et des enfants ; les journées de labeur étaient terriblement longues, les salaires très bas, et le pain.était cher par la faute des « corn-laws 5. Une irritation sourde travaillait ce peuple misérable ; cette année 1837 devait voir [a naissance de lagitation chartiste, et, dès Fannée suivante, le fougueux O’Connor ailait parler à Liverpool, devant trente mille personnes. Cette ville, où s’unissaient tant de richesse et tant de souffrances, était à peu près tout ce que Melville devait voir de l'Europe. I] était fatal qu’elle lui eausât une nouvelle déception.