Typee, p
DTA NDS
le bon « vineyarder » qui commandait le pseudo-Leviathan, le marchand Montgomery qui l’avait si bien reçu aux Hawaii. Une sorte de fatalité semblait peser sur lui, pour gâter ses plaisirs et sans cesse entrainer plus loin.
C’est au retour seulement que, pris de nostalgie, et oubliant un peu les ennuis éprouvés, il se fit une image attendrie des scènes exotiques dont il n’avait pas su jouir. Il aima les mers du Sud quand il les eut quittées. C’est la discipline du navire de guerre qui lui fit voir sous de riantes couleurs la libre insouciance de Taïpi. Et c’est dans la Judée aride que, bien des années plus tard, il sentit le mieux combien Tahiti était belle. Alors un des héros de son Clarel devait dire « Le Christ aurait dû naître à Tahiti’. »
La FRÉGATE United States.
La marine de guerre américaine ? était en 1843 dans un état peu brillant. L’escadre peu nombreuse, mais solide, constituée lors de la Révolution d'Amérique avait été liquidée à la paix de Versailles. Pendant les guerres révolutionnaires et impériales, le Congrès avait ordonné la construction de quelques belles frégates, qui devaient se montrer ‘à la hauteur de leur tâche pendant la guerre anglo-américaine de 1812. Mais, quand Melville s’embarqua en 1843, une longue période de paix avait ramené la marine à un niveau très bas. En 1842, un tableau comparé des marines mondiales donne aux Etats-Unis onze vaisseaux de ligne, dont un seul était armé, quatorze frégates dont quatre étaient en service, et une douzaine de petits bâtiments. La France alors avait cinquante-sept vaisseaux et soixante-quatre frégates. Surtout, les navires américains étaient les plus anciens, et les frégates qui constituaient son principal corps de bataille dataient à peu près toutes du temps de la Révolution française.
L'organisation de cette marine n’était pas remarquable non plus.