‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 49 sur 327 · Clarel, II, p · texte numérisé non relu

Clarel, II, p

2, Sur la marine de guerre américaine au milieu du x1x° siècle, voir : Clarke, Stevens, Alden, Kraft : À Short History of the United States Navy, 560 p., in-12, New-York, 1927. ;

Spears (J.). The History of our Navy, & vol. in-12, New-York, 1897.

Abbott (W. J.). Story of our Navy, 521 p., in-12, New-York, 1910.

Rockwell (C.). Foreign Travel and Life at Sea, 2 vol. in-8°, Boston, 1842.

Franklin (S. R.). Memories of a Rear-Admiral, op. cut.

Elle avait été fixée en 1800 par l’ « Acte pour une meilleure administration de la Marine des Etats-Unis », série de règlements copiés à peu près mot pour mot sur ceux de l’Angleterre. Mais limitation était loin d’être parfaite. Parmi les officiers, commodores, capitaines et lieutenants, les vieux venaient souvent de la marine marchande, les plus jeunes avaient commencé par être midships, embarqués vers l’âge de seize ans, sans instruction préalable, sans formation morale surtout. Tous pouvaient être de bons marins dans leur étroite spécialité, mais leur ignorance par ailleurs était totale, leur tenue laissait à désirer, leur moralité était imprécise. Beaucoup buvaient, et presque tous étaient joueurs. Le système des promotions, où le mérite avait peu de chose à voir, n’augmentait pas la valeur de ce corps d’officiers. Après eux venaient les midships, jeunes gens que rien ne disposait au service à la mer, qu’on ne savait guère utiliser, qui apprenaient peu de choses, et dont beaucoup quittaient la marine après quelques années, leur santé physique et morale fortement ébranlée. Les officiers mariniers, dont les principaux étaient le maître d’équipage et le maître canonnier, étaient d’anciens matelots, très souvent étrangers. Bons marins et auxiliaires très utiles, ils manquaient le plus souvent de toute tenue.

« J’ai souvent rougi de honte », écrivait en 1842, le Rév. Hockwell, chapelain de la Marine, « en voyant ceux qui, marins, portaient notre « uniforme naval, et même ceux qui arboraient les insignes d’offi- « ciers mariniers, titubant, divaguant et vomissant des horreurs dans « les rues d’une ville étrangère, ou étendus ivres-morts dans le ruis- < seau i. »

Les matelots pour la plupart n’appartenaient à aucune nation bien définie. C’étaient des mercenaires, auxquels il eût été excessif de demander un vif patriotisme. Les meilleurs étaient Anglais, mais ce n’était évidemment pas la fleur de la jeunesse britannique. Les uns étaient matelots de profession, insouciants et ivrognes. D’autres avaient connu des jours meilleurs ; ils avaient été négociants ou acteurs, ou étaient des fils de famille qui reniaient leur origine. Une troisième catégorie, la plus dangereuse, comprenait des malfaiteurs qui trouvaient dans la flotte un refuge contre les lois. Tous ces hommes avaient des traits en commun. Ils étaient peu religieux malgré la présence de chapelains, et juraient de façon abominable, maïs ils étaient superstitieux. Ils étaient souvent généreux, voire sentimentaux ; ce qui ne

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