‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 51 sur 327 · Voir Franklin, op. cit., chap. vi · texte numérisé non relu

Voir Franklin, op. cit., chap. vi

Après diverses escales dans l'Atlantique, il avait franchi le Horn, et avait stationné dans divers ports de l’Amérique du Sud et du Centre. Vers le mois d’août, le commodore Jones se mit en tête que la guerre était imminente entre son pays et le Mexique. Il décida de prendre les devants, concentra son escadre et, de sa propre autorité, entreprit en décembre la conquête de la Californie, alors possession mexicaine. Devant les protestations étrangères, son gouvernement fut bien forcé de le rappeler. Mais il se garda bien de le punir, et lui laissa tout son temps pour rentrer chez lui en paix. Quand Melville embarqua, le 18 août 1842, Jones avait depuis sept mois renoncé à sa conquête, mais il devait attendre encore cinq mois avant d’amener sa marque de commandement :.

C’est le 4 août que la frégate, venant de Callao, mouilla à Honolulu. La rade était alors peuplée de vaisseaux de guerre. On y voyait H. M. S. Carysfort, de Lord George Paulet, et trois navires américains. Le contre-amiral Franklin, qui participait, nous l’avons dit, au voyage des United States à titre de jeune midship, pense que cette vue devait donner aux populations une idée brillante, mais erronée, de la marine américaine. Le grand nombre des officiers et des matelots présents rendait le séjour très gai. Des bals se donnaient à bord, des idylles s’ébauchaïent. Les indigènes semblaient heureux, et la joie se montrait sur le visage des étrangers. Peut-être cette atmosphère de liesse que Franklin évoque très heureusement, vint-elle aider la décision de Melville ?.

La vie à bord de la frégate est minutieusement décrite par Melville dans White Jacket, et l'amiral Franklin, dans son livre, confirme l’ensemble de ses dires. Même les officiers sont tous plus ou moins peints d’après nature, bien que leurs noms aient été changés. Le commodore de White Jacket est bien le commodore des United States, viel officier qui avait gardé une réputation d’héroïsme depuis qu’en 1812 il avait commandé une canonnière avec honneur, et qui souffrait encore de ses anciennes blessures. On le tenait pour un des meilleurs marins de son temps, quoique Melville n’ait vu en lui qu'un petit vieillard égoïste. Le « capitaine Claret », honni par Melville, est assurément le capitaine James Armstrong, qui était, dit Franklin, un robuste Kentuckien, haut de six pieds, rougeaud de figure, assez cocasse dans sa tenue, et ne détestant ni la familiarité, ni la bonne

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