‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 53 sur 327 · Franklin, op. cit., chap · texte numérisé non relu

Franklin, op. cit., chap

2. Id., chap: vi. Les identifications ont d’ailleurs été confirmées par M. Anderson, qui a récemment fait paraître le journal personnel d’un Midshipman de « United States » (V. Bibliographie).

il écrivit Billy Budd, il s’attendrit encore en pensant à Jack Chase, à la mémoire duquel il dédia son petit livre, et dont il emprunta les traits pour les donner à son héros !. L’amiral Franklin, qui n’a gardé de Melville qu’un souvenir des plus vagues, se rappelle par contre très nettement la figure de Jack Chase :

« C'était le plus beau spécimen de matelot que j'aie jamais vu pen- « dant toutes mes campagnes *. »

A bord, Melville lui-même n’a pas été particulièrement populaire. Dans son livre, il laisse entendre que le bizarre caban de toile blanche qu’il portait — les matelots n’avaient pas d’uniforme et se vêtaient à leur gré — alourdissant ses mouvements et le rendant ridicule, était la source de ses malheurs. Il semble que, comme sur le Highlander et sur l’Acushnet Melville ait gardé, sur les United States, un certain sentiment de sa supériorité sur des compagnons grossiers, qui le conduisait parfois à s’isoler, à rêver en solitaire, plutôt qu’à se mêler à leurs groupes. Seul Jack Chase, matelot d'élite, a pu le comprendre en partie. Quant à lui, en tout cas, il trouve odieuse la vie à bord. Il fut pourtant habitué à voir des hommes assez rudes, écœuré devant tant de vice assemblé en un si petit espace. Il fut agacé par une discipline jugée inutilement tracassière. Mais par-dessus tout, le système des châtiments corporels l’indigna : en écrivant son livre cinq ans plus tard, il était encore frémissant à ce souvenir *.

White Jacket se limite expressément à la peinture de la vie à bord. Melville fait le moins souvent possible mention des escales du navire. Plutôt que dars son livre, c’est donc dans le journal de bord des United States que nous retrouverons l'itinéraire du retour de Melville. Le 18 août 1843, la frégate mouillée à Honolulu depuis le 4, embarqua Herman Melville, et le 20, elle appareilla pour Nuku-Heva. Elle n’y passa qu’un jour, et Melville eut à peine le temps d’entrevoir à nouveau le décor de Typee. Une partie du mois d’octobre fut passée à Tahiti. On regagna Valparaiso, où on acheva l’automne ; on remonta encore une fois vers le Nord. A Callao, le 21 janvier 1844, le commodore Jones amena son pavillon, et rentra tranquillement au pays. Plusieurs mois se passèrent encore dans les ports de l'Amérique Cen-

trale. Le 7 juin, le commandant Armstrong, à son tour, quitta la fré-

1. Billy- Budd and other Pieces, dédicace. Le nom même de Jack Chase est authentique. M. Anderson qui a découvert le rôle d'équipage des « United States » y a lu : « John. J. Chase, captain of the top ».

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