‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 63 sur 327 · Conversation avec Mrs Metcalf · texte numérisé non relu

Conversation avec Mrs Metcalf

2. Cf. Lettre à Cath. G. Lansing, 22 mars 1904, G. L. C. citée par Palysits, p. 72.

3. Son encrier, sa pipe, sa plaque d’inspecteur des douanes, et d’autres objets de minime importance ont été gardés précieusement.

4. Carnet en la possession de Mrs Metcalf. À signaler que la brochure de Smith sur Melville, réimprimée d’après les articles écrits pour le Puisfield Evening Journal en 1891, fut composée aux frais de Mrs H. Melville, après

la mort de Smith.

5. Sur les détails de cet événement, voir Weaver, pp. 272-273. 6. Dernière pièce de Timolcon, 1891. Reproduite dans St. Ed., vol. XVI, p. 295.

drissement, chez Melville, furent rares. Dès les premiers mois, il dut reconnaître l’impossibilité de faire partager à sa femme ses soucis intellectuels et artistiques. Visiblement, elle ne comprit jamais rien aux problèmes qui le tourmentaient, et une fois même osa blasphémer tout bas contre « le livre qui a détruit tout notre bonheur : ». De plus en plus, il s’enferma avec ses pensées. Au temps de Mardi, il était plein de prévenances encore, le travail fini. Mais déjà, il eût vu sans inconvénient sa femme souffrante aller se rétablir à Boston. Au temps de Moby Dick, il partagea son existence entre la vie active, la vie méditative et les causeries avec Hawthorne, de telle sorte qu’il restait bien peu de chose pour sa femme. À partir de Pierre, elle ne lui fut plus seulement indifférente, mais bien souvent eut l'impression de l’excéder. Surtout, la nécessité de travailler misérablement pour subvenir aux besoins de cette famille qu’il avait fondée lui fut à peu près insupportable. On conçoit que l’existence d’Elizabeth Melville ait été douloureuse, et il est heureux que sa piété l’ait soutenue.

Mais qu’on ne se hâte pas trop d’accabler son mari. La longue et misérable solitude où, pendant quarante ans, se débattit un homme qui eut tant aimé la société d’un esprit proche du sien fut le lourd châtiment de son erreur de jeunesse, et de la souffrance que, presque inconsciemment, il infligeait à la cause innocente de cette erreur.

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