‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 78 sur 327 · D. C. 1d., 27 avril · texte numérisé non relu

D. C. 1d., 27 avril

€ ni plus ni.moins que l’un d’entre eux, tandis qu'ils ne faisaient € qu'un tout petit arc dans la vaste circonférence de ses intérêts !, » . À se sentir écouté, encouragé à parler et à révéler jusqu’au fond secret de son âme, Melville crut avoir trouvé le compagnon souvent cherché, sur lequel il pêût reporter les: trésors cachés de son affection. Les visites à Lenox se multipliérent. Les divers membres de la famille Hawthorne qui ont, dans leurs souvenirs, évoqué leur séjour dans les Berkshires rappellent comme un vieil et agréable souvenir la venue fréquente de « Mr Omoo », le soir, sa journée de travail accomplie ?. Il arrivait à cheval, suivi de son grand chien noir, et aussitôt la maison s’animait à sa parole. Les enfants s’extasiaient aux belles histoires polynésiennes. qu’il contait avec une verve éclatante. Soixante-quinze ans plus tard, Julian Hawthorne le tenait toujours pour un conteur charmant, qui avait bien malheureusement sombré dans: une espèce de folie pour n’avoir pas su rester dans les limites de son talent 5. Mais cette partie de la visite n’était pas la principale. Bientôt Melville et Hawthorne montaient dans le bureau de ce dernier, et là, pendant des heures, ils agitaient des problèmes métaphysiques, que Melville pouvait enfin discuter à cœur ouvert.

Les visites, bientôt, ne suffirent plus à Melville. S'il était quelques jours sans voir Hawthorne, il éprouvait le besoin de lui écrire, et ses lettres couvraient des pages et des pages. Les: manuserits originaux semblent, malheureusement, avoir disparu. Mais Julian Hawthorne les a reproduits “ : ce sont, de tous les écrits de Melville, ceux où il s’est livré avec le plus d’abandon. D’abord, il y révèle plus clairement que nulle part ailleurs ses vues sur l'existence, Part, la gloire et l’univers. Ensuite, il y laisse nettement paraître ses sentiments du moment, et grâce à elles nous voyons ie développement graduel d’une amitié poussée jusqu’à la passion. La première, qui semble dater du mois de mai, renferme une critique émue de The House of the Severs Gables. Elle se termine par un tel éloge de Hawthorne, l’homme, que Melville. paraît déjà quelque peu aveuglé :

« Voici la grande vérité sur Nathaniel Hawthorne : il dit NON!

4. Julian Hawthorne. Nathaniel Hawthorne and his wife, op. cit., p. 88.

2, Voir Nathaniel Hawthorne. American note Books, Edit. de 1868, nouvelle éd. Newhaven, 1934, Julian Hawthorne : Haswthorne and his circle., op. cit., Nathaniel Hawthorne and his svife, op. cit., When Herman Melville was Mr Omoo. The Literary Digest International Book Review, août 1926.

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