American Note Books, English Note Books, pass
comme l’a ingénieusement soutenu M. P. B. Armstrong, le Holleigworter ou Blichedale Romance représentait Melville, dont Coverdale-Hawthorne se séparait volontairement, tout en lui gardant son estime, le portrait est tracé avec une réelle sympathie : Hawthorne n’a jamais condamné Melville !. I1 n'empêche que ce départ causa sûrement à Melville une amère désillusion. Cet ami, qu’il mettait, lui, au-dessus de tous les siens, le quittait sans regret, parce que le climat des Berkshires l’enrhumait. Melville mesura, du coup, l’inanité de ses illusions sur l’amitié. Il devait, l’année suivante, parler de littérature avec Hawthorne dans l’impersonnelle « Agatha Letter », puis en 1856, visiter < Mr Hawthorne » à son consulat de Liverpool et s’entretenir avec lui de sujets philosophiques. Mais à dater de ce départ, il sut qu’il s'était étrangement abusé. La déception de l’amitié blessée était tout ce qu'Hawthorne lui laissait en partant. Rien ne pouvait accentuer davantage la dépression où il sombrait.
Enfin, les problèmes philosophiques, maintenant que ni Adler, ni Hawthorne n'étaient plus là pour les discuter avec lui, prirent dans son esprit solitaire un aspect nouveau. Il continua de les retourner en ious sens, se heurtant partout à des impossibilités. La philosophie, qui jusqu'alors l’avait exalté, devint pour lui un fléau. Pendant des années, à la moindre occasion, les grands problèmes devaient l’assaillir et le torturer. Pour l'instant, il fit passer ses angoisses dans le livre nouveau qu’il écrivait. Et Pierre, commencé avec joie pendant l'été précédent, fut achevé dans un désespoir qui fit — et fait encore — douter que Melville, en l’écrivant, fût vraiment demeuré luimême.