‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 87 sur 327 · Mumford, p · texte numérisé non relu

Mumford, p

« dans l’autre de manière visible ? Ainsi de la raison et de la folie. « Dans les cas de folie accentuée, il n’y a pas à se tromper. Mais € dans certains cas peu prononcés en apparence, peu d'hommes ten- « teront de tracer la ligne de démarcation, bien que, pour toucher « des honoraires, certains experts traditionnels s’y risqueront :. »

La sérénité de Melville était entière alors : au plus pouvait-il jeter un regard mélancolique sur son passé. Ferait-il allusion à ces mêmes bruits que la lecture du Confidence Man avait fait naître, et d’après lesquels la famille inquiète, l'aurait fait examiner ? Nous ne le pensons pas. Mais quand ce serait, la preuve serait justement faite qu’un médecin — qui fut peut-être Holmes ? — aurait vu Melville en son heure la plus sombre et, en conscience, aurait refusé de croire à sa folie.

On conclura seulement que Melville subit quatre ans et demi de dépression presque ininterrompue. La fatigue et les maux physiques les plus divers, étaient à la base de cette crise. Ses moments vraiment aigus semblent avoir été l’hiver 1851-52, dont nous avons parlé précédemment ; le printemps 1853, où sa femme s’inquiéta si fort, et où il fut incapable de rien écrire, le printemps 1855, où il eut «a sciatique ; le printemps 1856, où il acheva The Confidence Man, et dut partir pour l’Europe. Mais ce furent peut-être les souffrances morales dont elle s’accompagna qui retardèrent le plus la guérison de cette crise. Les soucis matériels de Melville étaient accablants : ses premiers divres avaient pratiquement cessé de se vendre depuis l’incendie des Harper’s, et les nouveaux passaient inaperÇus ; deux tentatives faites en 1853 par sa famille et ses amis pour lui faire donner,

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