Billy Budd, pp
2. Cf. carnet de Mrs Melville : « Our neïighbor in Pittsfield Dr ©. W. Holmes attended and prescibed for him » (M. P.).
3. Nous devons à la vérité de dire qu’une lettre du Dr Murray, reçue quand le présent ouvrage était achevé, semble contredire en partie les arguments que nous avons avancés. Cette lettre dit, en effet : « Je crois. qu’une « névrose définie commença et se développa à l’époque de Pierre. Je pense «qu'èlle-se poursuivit par vagues, avec des accentuations et des époques de « calme, jusqu’à sa mort..Il y-eut probablement une certaine atténuation:pen- « dans les quelques dernières années. Le fait qu’il ait écrit quelques excellentes « nouvelles pendant cette période n’est pas une preuve contre l’existence d’une « névrose périodique. » Mais, dans une autre partie de sa lettre, le Dr Murray déclare lui-même (cf. chap. 1) : « Melville... semble bien avoir-atteint les frontières de la folie, sans jamais avoir été fou au sens technique du mot ». Mais ne croyons donc pas devoir modifier nos conclusions. Les mots de « longue dépres-
sion, avec des phases aiguës. nous semblent seuls convenir pour définir l’état de santé de Melville.
comme on avait fait pour Hawthorne, un poste de consul, échouèrent. En vain Richard Henry Dana mit-il son influence au service de Melville pour lui faire obtenir le consulat des îles Sandwich ; en vain Hawthorne et Allan Melville s’employèrent-ils pour qu’on l’envoyât à Anvers ! : il était dit que Melville, avec sa ferme improductive et ses livres invendus, devait continuer de faire vivre une dizaine de personnes. À ces tourments se joignait sans doute la privation, malaisément supportée, d’une vraie sympathie ; bien plus tard, on trouvera dans Clarel la trace de ce regret. Pire encore peut-être était l’inquiétude intellectuelle qui, depuis la fin de 1851, avait pris dans son esprit une importance maladive. Nombre de ses contes, écrits ces années-là, témoignent de ses cruels soucis philosophiques, et The Confidence Man en est nourri. Accablé de maux, Melville en augmentait lacuité en cherchant à résoudre d’irritants problèmes. La guérison exigeait d’abord l’affranchissement de ces; soucis. En changeant d’air, ce-n’était pas tant ses souffrances corporelles qu'il allait pouvoir guérir, que ses tourments qu’il allait oublier. Un grand voyage, loin d’un milieu déprimant, était ce qui lui convenait. Pendant quelques mois, il lui fallait l’illusion de l’indépendance financière ; en même temps, il devait reprendre graduellement l’habitude de regarder les choses en artiste qui sait, quand il la rencontre, apprécier la beauté, non plus en philosophe tourmenté pour qui le moindre objet dissimule un problème. Le repos viendrait en:même temps. Seules pourraient subsister des affections locales. Mais alors l’âme aurait repris assez de force pour les supporter sans faiblir.