G. L. C. 19 février 1818, à son père
2. G. L. C. 25 août 1812, au pasteur de Seoonie. 3. G. L. C. 21 mai 1818, à sa femme.
que des domestiques. Mais l’épiître suivante est triomphante : le comte lui à écrit ! Et peu après, c’est une vraie visite qu’il fit, avec un plein succès :
« Il a reconnu notre famille comme une branche légitime! ! »
Alors Allan Melville se mit à retrouver des parents partout, à revendiquer (sans succès) l’héritage d’un vieux général anglais nommé Robert Melville, à visiter des Melville de Londres qui le reçurent! de façon « flatteuse » ? ; à correspondre avec un Melville découvert à Rotterdam *, à consulter des grimoires pour y chercher les traces de Melville égarés en Hongrie “ et finalement, pour faire profiter de ses découvertes les chercheurs de l’avenir, à dessiner lui-même un bel arbre généalogique dont les racines s’enfoncent dans le Moyen Age, et sur lequel tous les Melville du monde sont ingénieusement greffés 5.
Un homme qui a tant d’ancêtres se doit d’être digne d’eux. Aussi Allan Melville se piquait-il d’être, en tout, un « gentleman».
Un « gentleman » est pieux : Allan Melville l'était donc, et en toute occasion remerciait la Providence en termes choïsis. Il prenait même le soin, dans ses lettres, de s’interrompre pour écrire le mot « Dieu >» en caractères gothiques. Au moment de s’embarquer, en 1818, il terminait une lettre à sa femme en s’écriant :
« Plaise à DIEU nous garder et nous réunir tous, saufs et en bonne « santé‘. »
Pendant le voyage, le"capitaine lui a demandé d’officier le dimanche, faute de pasteur: : il a donc conduit le service ; tous l’ont éconté pieusement, et lés matelots ont été particulièrement édifiants 7. Parvenu à bon port, il ne manquait pas d'écrire qu’il avait « le cœur « recennaissant pour la faveur et la protection de la divine Provi- < dence *. >
. G. L. C. 31 mai 1818, à sa femme.
. G. L. C. 34:mai 4818, id.
. G. L. C. 8 juillet 1818, cd.
ACC 31ma11818; ra.
. Arbre généalogique : M. P.
. G. L. C. 1818, non daté, à sa femme.
. G. L. C. 12 mai 1818, id.
. G. L. C. 12 mai 1818, 14.
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Par voie de conséquence, le « gentleman » est moral, et même, à l’occasion, moraliste. Allan Melville n’hésitait pas à se montrer éloquent si la morale l’exigeait. Parlant de ses enfants, il écrivait en 1824 à son beau-frère :
€ En outre, ils pourront trouver là une leçon morale dont influe « pourra se manifester toute leur vie, car s’ils comprennent de bonne « heure que l’inclination doit toujours le céder au Devoir, il devien- « dra pour eux chose naturelle, quand expireront les vacances, de « dire un adieu sincère aux amis et aux amusements, de rentrer « gaiement à leur foyer et à leurs livres, et en conséquence ils puise- < ront des habitudes de méthode et de ponctualité qui porteront « leur douce floraison à l’aube de la vie, des fruits d’or au midi de « l’existence, et une riche moisson pour les greniers de la vieil- « lesse !. »
Le « gentleman » est soigné dans sa mise : le portrait qui nous reste d’Allan Melville jeune fait de lui une manière de dandy. Celui qui nous conserve les traits des dernières années de sa vie lui donne la dignité cérémonieuse des hommes d’Etat français de la Restauration. Il ressemble à M. de Villèle ?. Le « gentleman » est correct dans son langage : les échantillons déjà vus de la prose d’Allan Melville nous montrent qu’il faisait bonne mesure. Le « gentleman » a toujours des manières distinguées : Allan Melville en avait, et en appréciait plus que tout l’étalage chez autrui. Le capitaine du paquebot est « genteel » ® ; les gens rencontrés à Liverpool le sont aussi, de même que leur maison . Le cousin retrouvé à Londres est « respectable » 5 ; « respectable » aussi est le compagnon de voyage f ; « respectable » encore, les institutions de Liverpool’. On sent que, dans la bouche d’Allan Melville, ces mots-là étaient le suprême éloge.
Le « gentleman », enfin, ne manifeste pas de sentiments trop vifs : si l’on se rapporte aux preuves écrites qu’il a laissées de ses amours, Allan Melville a été, à cet égard, un parfait « gentleman ». Il a fait à sa fiancée l’hommage de deux petits livres fort correctement dédicacés, et pouvant, selon la formule « être mis entre toutes les
M. P. 12 septembre 1824, à son beau-frère, Peter Gansevoort. eproductions des deux portraits : G. L. C.
GC. 12 mai 1818, à sa femme.