‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 93 sur 327 · Id., pp · texte numérisé non relu

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exemples montreront le caractère méditatif de ses remarques. Voici le Mont de la Tentation :

« Une montagne, noire et aride — rien à voir, que la Mer Morte —

< embouchure du Cédron — tentation, vraiment ! — imbécillité du « démon — mais c'était montré dans une vision — alors, pourquoi « l'emmener sur la montagne ? — La chose elle-même était dans la « vision !. »

Et voici la Mer Morte :

« Ecume sur la grève et les galets, comme de la bave de chien enragé — amertume douloureuse de l’eau — traîné l’amertume dans ma bouche tout le jour — pense à toutes les choses amères. C’est amer d’être pauvre, et amer d’être méprisé et, oh, qu'elles sont amères, ces eaux qui sentent la mort?. »

Qu’on est loin de la tranquille curiosité du touriste de Syra ! Leur retour, préparé déjà par la visite aux Pyramides, toutes les anciennes

angoisses étaient revenues. Melville, une fois de plus, faisait surtout un voyage en lui-même, et il en retirait plus de souffrance que de joie. On ignore quelle est, parmi les sentiments évoqués dans Clarel, la part des impressions ressenties pendant le voyage, et celle qui revient à des angoisses ultérieures. Il semble bien, pourtant, que Melville, en Palestine, ait été proche des pèlerins désespérés de son poème. Comme au temps où il était encore « Taji », il s'était repris à espérer en une révélation qui lui dirait enfin la vérité. C'était vraiment, croyait-il, sa dernière chance de salut, et le silence des vieilles pierres, fatal pourtant, le fit durement souffrir. Toute la suite du voyage fut. teintée de cet échec. Cet équilibre que, peu de semaines plus tôt, on avait cru restauré, il ne le retrouva qu’au jour où les forces. aecrues du corps, jointes à l’inconscient travail de l’âme, leurent persuadé de ne plus se donner tout entier à ses stériles méditations.

Le 26 janvier, Melville quittait Jaffa sur un vapeur autrichien qui. le conduisit à Beyrouth, où il passa quelques jours. Un autre navire, serpentant entre les chenaux de l’archipel, faisant escale à Chypre, passant tout près de Rhodes, de Cos, de Samos, de Patmos, le mena jusqu’à Smyrne. Il gagne le Pirée sur un troisième et passa trois jours à Athènes ; le 11 février, il s’éloignait de la Grèce. A le lire, il ne

APRIGS D 753" s 2. Id., p. 74.

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