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semble pas que son humeur joyeuse de Constantinople eût reparu encore. Certes, quelques détails à Beyrouth, l’amusèrent. À Athènes, il aima le temple de la Victoire Aptère et, au départ, la vue ensoleillée de l’Acropole se détachant sur le ciel clair. Mais, au total, ses souvenirs les plus heureux furent encore la soirée passée chez le consul américain, et la conversation qu’il eut avec un officier anglais. Son journal enregistra surtout des plaintes. Le mauvais temps l’irrita, la vulgarité des capitaines et surtout le manque de confort des navires l’exaspérèrent. On sent que la maladie n’était pas encore vaincue ; aux souffrances morales s’ajoutaient des tourments physiques. Son acrimonie reparut, et toutes ses impressions en furent teintées. Voici ce qu’il dit devant Patmos
« Là encore, affligé du grand fléau des voyages modernes : le « scepticisme. Ne peux pas plus me mettre en tête que saint Jean « ait reçu là des révélations que, devant Juan Fernandez, je n’ai pu « croire à Robinson Crusoé d’après De Foë. Quand un œil parcou- « rait la hauteur aride, esprit participait à sa stérilité. J’enverrais « volontiers Niebuhr et Strauss à tous les diables : qu’ils emportent « leur pénétration et leur finesse : ils nous ont volé la beauté :. »
En fait, la faute n’était point à ces archipels illustres ; elle était en Melville lui-même, irrité contre des paysages impuissants à le guérir. C’est avec cet esprit morose qu’il s’embarqua pour l'Italie.
Le 13 février 1857, Melville, passager du vapeur français Cydnus, aperçut les côtes de Calabre. Il allait passer deux mois en Italie. Messine où il aborda, Naples où il demeura six jours, Rome où il passa plus de trois semaines, Civita-Vecchia, Livourne, Pise, Florence, Bologne, Ferrare, Padoue, Venise, Milan, Côme, Turin, Gênes, Arona furent ses escales. Le 15 avril, il quittait l’Italie par la diligence du Saint-Gothard. Plus de cinquante pages de son journal nous donnent le détail de ses allées et venues, de ses visites. Ce ne sont qu’énumérations, jugements esthétiques à la fois consciencieux et médiocres. Où sent qu’il a tenu à voir les curiosités majeures, que bien des détails, çà et là, Iui ont plu. On chercheraït en vain, dans ses carnets, la marque de l’enthousiasme si propre à l’homme du Nord qui voit pour la première fois l'Italie. En Sicile, il sembla s’intéresser surtout à la frégate américaine mouillée en rade. A Naples, il reconnut que le Pausilippe était beau, mais nota surtout ses déceptions et ses que-