Id., pp
relles avec cochers et fonctionnaires. Il est un point, pourtant, dont il ne parla pas, mais auquel fait allusion un poème obscür, sans doute écrit bien tard, et qu’il a nommé After the Pleasant Party :. Il semble bien, à lire les confessions enveloppées qu’il renferme, que Melville, au bord de la « mer de Sorrente » ait brusquement senti, au passage de quelque Graziella, se réveiller en lui un instinct longtemps refoulé. Voulut-il, gauchement, tenter sa chance auprès de la belle, et fut-il éconduit ? On ne sait. A lire le poème, on peut seulement penser que, nouveau Faust, il eut le sentiment douloureux d’avoir gaspillé ses jours en vaines spéculations, et que l'Amour trop longtemps méprisé, se vengea par des souffrances. La suite de son voyage, en tout cas, semble avait été plus morne encore.
Rome le déçut et il le dit sans ambages
« Est-ce parce que je viens d'Orient, ou est-ce mauvaise humeur ? « Rome a été un échec — un échec accablant. Pas dormi un instant « de toute la nuit dernière. Le Tibre : un fossé, jaune comme du « safran. Le paysage tout entier vit seulement par les souvenirs qu’on « lui associe. Saint-Pierre a l’air petit, vu de la tour du Capitole?. »
Il ne consentit à aimer que les bains de Caracalla, le Palais Farnèse, quelques plafonds du Vatican, le palais de la Villa Doria Pamñfili. Il eut mal aux yeux, se sentit malade. Et surtout, la rencontre de son beau-frère, Samuel Shaw, qui lui aussi faisait son tour d'Europe, et qu'à Rome il entrevit, ne paraît pas l’avoir enthousiasmé. Cette entrevue, tout au plus, lui rappela qu’il avait une famille. Il attendit en effet ce moment (21 mars) pour noter :
« Recu lettre de la maison du 20 fév. Tout va bien*. »
C’est la seconde allusion faite aux siens dans son journal depuis le début du voyage. Celui-ci continua, morose. A Florence, les tableaux des Offices étaient « trop longs à énumérer ». Si Padoue le retint un instant — grâce peut-être à Pedrocchi plus qu’au Santo — il fallut qu’il arrivât à Venise pour avouer, franchement, du plaisir. Il aima la gaîté de la Place Saint-Marc, la mélancolie du Lido encore désert, le silence de la Lagune, les ors ternis de la Basilique, et la figure pittoresque et insouciante de son guide Antonio. Mais son optimisme, qui durait encore un peu à Milan, tomba vite. Gênes lui sembla sinistre.
1. St. Ed., vol. XVI, p. 254. C’est M. Mumford qui a relevé l’allusion. Intéressante analyse dans son livre, pp. 274-278. - 2. Up the St., p. 127.