‹ Herman Melville Marin, métaphysicien et poèteChapitre 97 sur 327 · Up the St., p · texte numérisé non relu

Up the St., p

silongtéemps, emplissait toute sa vie. On pressent pourtant en lui, dès cet instant, une vigueur nouvelle d’homme qui sait, à l’occasion, goûter l'instant présent : c'était le meilleur moyen de s’épargner de vains tourments. Peut-être est-ce l’idée qui, germant en lui, devait s'imposer à sa vieillesse, et lui rendre finalement le repos. Peut-être est-ce, en tout cas, mieux qu'une coïncidence si, dès le départ de Rotterdam, son journal prit une allure plus enjouée, et témoigna d’un plus grand pouvoir de sympathie. La forte brise de la Mer du Nord ragaillardit Melville. Les promenades qu’il fit dans Londres lui plurent franchement, et Oxford l’enchanta. On sent un sourire véritable quand il conclut son journal par ces mots :

& À 11 h. 1/2, en route pour la maison’! »

Il ne parlait plus de métaphysique. Il ne méprisait plus les petits détails pratiques. Il glissa simplement ces deux mots : « Vu Hawthorne », et il s’en alla, le cœur apparemment exempt de soucis graves. À la dernière heure, peut-être par un détour que Lemuel Shaw, père, juge et puritain, n’aurait pu apprendre sans colère, Melville semblait avoir atteint son but : il allait rentrer chez lui en voie de guérison.

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