‹ Hermann et DorothéeChapitre 34 sur 138 · I.e îi août · texte numérisé non relu

I.e îi août

Cest une fatalité, Guillaume ! Toute mon activité a dég-énéré en une indolence inquiète. Je ne saurais rester oisif, et U m'est irapossible de rien faire. Je n'ai plus d'imagination; j'ai perdu ma sensibilité pour les merveilles de la nature, et tous les livres me causent du dég-oùt. Quand nous nous manquons à nous-mêmes, tout nous manque. Je te ie jure, mille fois je désirerais d'être un manœuvre pour avoir le matin, quand je m'eveiile. une perspective, un attrait, une e'rpérance pour le jour suivant. J'envie souvent le .sort d'Albert, que je vois enterré ju.squ'aux oreilles dans un tas de papiers et de parcnemins, et je m'ima^nne que je serais neureux a sa place! Je suis même si frappé de cette idée, que plus d'une fois i! m'a ons envie de t'écrire, ainsi qu'au mini.stre pour oeinander cette place à l'ambassade, qui. comme tu me l'assures, ne me serait point refu.sée. Je crois mèm« que le ministre m'aime depuis longtemps; ii m'a dit plusieurs fois que je déviais chercher à m'em ployer; et il y a des instants ou je le ferais avec plaisir; ma'S ensuite, quand j'y réflécliia et que je vien-^ a .i.i- lauur'irtr i;i fable du clieval qui, impatient de sa liberté, se laisse seller, brider et surmener,... je ne sais quel parti prendre... Et, mon aini, ne serait-ce pas en moi l'effet de ce mouvement intérieur qui me porte a cbauy^r de situation, une impa-

tience insupporta ule qui me poursuivra partout î

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