‹ Hermann et DorothéeChapitre 41 sur 138 · LETTRE XLIII · texte numérisé non relu

LETTRE XLIII

Le 17 février.

Je crains bien que l'ambassadeur et moi, nous ne soyons pas longtemps d'accord. Cet homme est tout à fait insupportable; sa manière de travailler et de conduire les affaires est si ridicule, que ie ne puis m'empêcher de le contredire, et de faire souvent à ma tête des choses que naturellement il ne trouve jamais bien. Il s'en est plaint dernièrement à la cour, et le ministre m'a fait une réprimande, modérée, il est vrai, mais enfin c'est toujours une réprimande, et i'étais sur le point de demanuer mon congé, lorsque j'ai reçu de lui une lettre confidentiel' ^ devant laquelle je me suis mis à genoux, pour adorer le sentiment élevé, noble et sage avec lequel il cherche à calmer mon excessive sensibilité et à rectifier mes idées exagérées sur l'activité. Il veut bien attribuer mon influence sur les autres, ma pénétration dans les affaires, à ce courage qui convient à la jeunesse. Aussi me voilà fortifié pour huit jours, et réconcilié avec moi-même. Le repos de l'âme est une

belle chose, mon ami, mais hélas t elle 3s4

aussi fragile qu'elle est belle I

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