LETTRE LXX
Le fti novembre.
Elle sent ce que je souffre. Son regard a pénétré aujourd'hui jusqu'au fond de mon cœur. Je l'ai trouvée seule. Je ne disais rien, et elle me regardait fixement. Je ne voyais plus en elle cette beauté touchante, ces éclaira de génie ; tout cela était évanoui à mes yeux. Un regard plus puissant agissait sur moi, re-
pàrd plein de l'expression du plus tendre intérêt, de la plus douce pitié. Pourquoi n'ai-je pas osé 'xie jeter à ses pieds 1 Pourquoi n'ai-je pas osé passer mes bras autour de son cou, et lui répondre par mille baisers!.... Elle a eu recours à son clavecin, et s'est accompag-néeen chiantant à demi-voix des airs harmonieux, mais cette fois était si douce ! Jamais ses lèvres ne m'ont i)aru si ravissantes : on eût dit qu'elles s'entrouvraient pour recevoir lessons mélodieux à mesure qu'ils nais--^aieui de l'instrument, et que sa bouche charmante n'en était que l'écho. Ah! si je pouvais exprimer de telles .«eosations ! Je n'ai pu y tenir plus longtemps, je mesuis incliné, et j ai prononcé ce serment : « Lèvres ravissantes, sur lesquelles voltigent les esprits célestes, non, jamais je n'oserai vous profaner... » Et je voudrais... cependant... Hélas! c'est commë'un mur de .séparation qui s'est élevé devant mon âme. Goûter cette félicité et mounr. et expier saes péchés... mes péchés?.„