LETTRE LXXI
Le 30 novembre.
Non, jamais, jamais je ne pourrai revenir à moi ; partout ou je vais, je rencontre quelque apparition qui me met hors de moi-même Aujourd'hui encore!... ô destin I ô huma'
Je suis allé me promener au bord de la rivi/^re à 1 heure du repas ; je n'avais point d'appetit. La campagne était sombre et déserte
un Tent d'ouest froid et humide soufflait de la montagne, et des nuages gris et pluvieux couvraient la vallée. J'ai vu de lom un homme vêtu d'un méchant justaucorps vert, qui marchait courbé entre les rochers, et paraissait chercher des simples.... Au bruit de mes pas, il s'est retourné, et j'ai vu une physionomie intéressante sur laqueUe se peignait une morne tristesse, mais qui pourtant n'^annoncait rien qu'une âme droite et honnête. Ses beaux cheveux noirs étaient relevés en deux boucles, avec des épingles, et ceux de derrière formaient une tresse tort épaisse qui descendait sur ses épaules. Comme son habillement annonçait im homme du peuple, j'ai cru qu'il ne prendrait pas en mauvaise part que je fisse attention à ce qu'il faisait, et en conséquence je lui ai demandé ce qu'il cherchait. • Je cherche des fleurs, a-t-il répondu avec un profond soupir, je cherche des flem-s it je n'en trouve point. — Mais ce n'est pas la saison, lui ai-je dit en riant.— Il y a tant de fleurs ; j'ai dans mon jardin des roses et du chèvrefeuille de deux espèces. L'une m'a été donnée par mon père; elle poussait comme de l'ivraie; voilà déjà deux jours que je les cherche sans pouvoir les trouver. Il y a aussi des fleurs, des jaunes, des bleues et des rouges, et cette centaurée a aussi une joUe petite fleur. Je n'en puis trouver aucune. » Je remarquai en lui un certain air hagard , et je lui ai demandé ce qu'il voulait faire de ces fleurs. Un sourire mystérieux a contracté ses traits. « Si voas voule? ne point me trahir, a-t-U dit en mettant un doigt
sur sa bouche, je vous dirai que j'ai nrom,» UB bouquet à ma belle. - C'est fort bfen^ Ah I elle a bien d'autres choses ; elle est riche - lit pourtant elle aime vos bouquets? 1* Oh! elle a des bijoux et une couronne -n^ est-eue doue ? - Si les Etats géuSx v?^ latent me payer, je serais Su tout autr« homme 1 Ah î il fut uu temps où ?étaK
fe'Ts'' ATa'?'^"' ''''' esffiu,"pj^'m'o r^îHo Vr ^ ^ '^^'''' ^^'■3 le Ciel un œil hu mide. . Vous étiez donc heureux ? ah f" voudrais bien l'être encoreX mlLl TétaS ^;^^'etconteut comme le poisson dans l'eau
bien lourde à porte- — v n t TT i^ ^ qu'il est dans cKat^-Y^^ T^uTSl mois qu'il est aussi tranquille. Je rends tracés â Dieu que cela n'ait pas été plus loin If t ete toute uçe année furieux et enchaîné dan^ i hôpital des fous. A présent il ne fa7de m^ a personne. Seulement il ne parle que de r^S et d empereurs. C'était un enfant doux et tranquille qui m'aidait à me nourrir e? oui avait une fort belle main. Tout d'un coud H ou^} 'rT' ^'^ba malade d^ane flé^vre
Siv'til nf '' ^^P"*' '' niaintenant il S? udns 1 état ou vous le VOVP7 <5'ii fonr,,<.
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de sa narration, en lui demandant quel eta^J
ce temps ou il se vantait d'avoir étrsi heu-