LETTRE LXXIII
Le 4 décembre.
Vois-tu. ami, c'est fait de moi... Je ne puis
»„Inorter t^t cela plus longtemps. J'étais as-
n^^auWdS auprès d'elle... J'étais assis, elle
ruaT'^érents a\s sur -- clavec-,^v^
^r ^rp"tâ°^œra uS'sa p^péfs^r mes'genoux. Des larmes me sont venues aux ^eux Je me suis baissé et j'ai aperçu son annPftu de mariage, mes pleurs ont cou^e... Tout f coup eïe s'est mise à jouer cet air ancien Snnt^a douceur a quelque chose de céleste; Pt rai senti in^ âme coïsolée au souvenir de ♦int P mssé de tous les moments ou j'avais ^nfendu ^mème air. de toutes me. douleur..
de toutes mes espérances trompées, et alors.;, je me suis mis à marcher à grands pas dans la chambre. J'étouffais. « Au nom de Dieu, lui ai-je dit avec angoisse, au nom de Dieu, finissez. • Elle s'est arrêtée et m'a regardé attentivement. « Werther, m'a-t-elle dit avec un sourire qui a pénétré mon âme, Werther, vous êtes bien malade; vos mets favoris vous répugnent. Allez I de grâce, allez vous reposer. » Je me suis arraché d'auprès d'elle, et... Dieu! tu vois ma misère, tu y mettras liii.
LETTRE LXXÎV
Le 6 décembre.
Comme son image me poursuit! Que je veiUe ou que je rêve, elle remplit toute mon ame. Là quand je ferme les yeux, là dans mon front où se réunit la force visuelle, je trouve ses yeux noirs. Là! Je ne puis te l'exprimer. ... Je n'ai ou'à fermer les yeux, les siens sont la, devant moi, comme ime mer, comme mi abîme; ils font vibrer toutes les ûbres de mon cer-
^^Ou'est-ce que l'homme? ce demi-dieu si v^té l Ses forces ne lui manquent-elles pas au moment même ou il en a le plus grand besoin? Et lorsqu'il nage dans la joie, ou qui. DUe sous le poids de la douleur, ne se sent-iJ Sas arrêté dans ces deux extrêmes? ne se voitilpas froidement rappeler au sentiment de son existence décolorée, quaiid^il aspirait a se perdre dans l'océan de l'infini !