‹ Hermaphrodisme et Pseudo-hermaphrodismeChapitre 5 sur 14 · L. Pancrazi CR · texte numérisé non relu

L. Pancrazi CR

taux internes.Ils se développent,chez le mâle comme chez la femelle, aux dépens d’une ébauche identique, au pourtour de l’orifice du cloaque.

Le cloaque est une petite cavité située à l'extrémité caudale de l'embryon et dâns laquelle débouchent et l'intestin terminal (rectum) et le pied de l’allantoïde, c’est-à-dire le sinus uro-génital. Il s'ouvre à l'extérieur par un orifice en forme de fente, l’orifice closical, et persiste chez les amphibiens, les reptiles, les oiseaux et les mammifères inférieurs, tandis que, chez les autres mammifères, il n’existe que pendant la vie embryonnaire, une cloison venant plus tard subdiviser cette cavité en une partie antérieure, désormais exclusivement génito-urinaire, le sinus uro-génital, et en uné partie postérieure dès lors exclusivement intestinale,le rectum ou plustard le canal ano-rectal. Dans le sinus uro-génital s'ouvrent les canaux de Wolff et les conduits de Müller, et plus tard les uretères.

En même temps que le cloaque se divise, par suite de la formation d’une cloison transversale, pendant la sixième semaine de la vie intra-utérine, chez l’homme, on voit se développer à la partie ventrale du sinus uro-génital, et cela dans l’un comme dans l’autre sexe, un tubercule, appelé ‘fubercule génital ou phallus dont la face inférieure présente un sillon médian, le sillon génital, qui s’étend jus qu’à l’orifice du cloaque, et se trouve bordé par un repli de la peau, les replis génitaux. Ce tubercule et * l'orifice cloacal sont entourés par un bourrelet

cutané, les bourrelets génitaux. Lorsque le cloaque s’est subdivisé par suite de la formation de deux replis qui marchent l’un vers l’autre comme deux rideaux qu'on rapprocherait, autrement dit lorsque la cloison périnéale est venue séparer le sinus uro-génital de l’anus, il existe deux orifices d’excrétion à l’extrémité caudale de l'embryon, l'entrée da sinus urogénital, et l'anus qui s'écarte de plus en plus de Vorifice uro-génital à mesure que le périnée s'épaissit et s'achève. : |

À partir du quatrième mois, cette ébauche sexuelle, identique chez le mâle et chez la femelle, commence à se différencier et à tourner, soit vers le type mâle, soit vers le type femelle.

Chez la femelle, le tubercule génital reste petit et devient le clitoris; les replis génitaux s’allongent et deviennent les petites lèvres, limitant un espace où s'ouvre l’urètre et le vagin qu’on appelle vestibule du vagin. Enfin, les bourrelets génitaux deviennent volumineux et constituent les grandes lèvres.

Chez le mâle, le tubercule génital s’allonge considérablement pour former la verge ; les replis géritaux se soudent à sa face inférieure et transforment le sillon génital en un long canal, le canal de l’urètre, qui apparaît comme un prolongement du sinus urogénital; les deux bourrelets génilaux s’unissent sur la ligne médiane pour former le sac scrotal dans lequel descend le testicule vers la fin de la vie utérine. La soudure des bourrelets génitaux reste écrite, pour ainsi dire, sur le scrotum lui-même sous

Ve

la forme du raphé scrotal. Dans la portion initiale du canal de l’urètre enfin, l’ancien canal uro-génital, continuent à s'ouvrir le vagin mâle et les canaux éjaculateurs ; des différenciations spéciales des parois de cette portion du canal donnent lieu à la prostate.

En résumé, {ous les vertébrés commencent par être hermaphrodites. Par ce stade embryonnaire passent aussi bien les mammifères les plus élevés dans la série que le dernier des poissons.

Tous, avant d'acquérir les caractères du type mâle ou du type femelle passent par un état d’indifférence sexuelle dans lequel les sexes sont confondus, et l'on peut dire que l'embryon a tout ce qu'il faut pour devenir à la fois mâle et femelle dans ce qui répond chez lui aux organes génitaux internes de l’adulte, mâle cependant ou femelle seulement dans ce qui correspond aux organes génitaux externes de l’adulte.

La glande génitale se développe aux dépens de l’épithélium de la cavité pleuro-péritonéale, au lieu dit éminence génitale. C’est des cellules épithéliales quirecouvrent cette éminence, que vont sortir les ovules primordiaux, ovules qui existent aussi bien dans le sexe masculin que dans le sexe féminin, et d’où cependant proviendront plus tard, d'un côté, les spermatozoïdes, de l’autre les œufs ovariens.

Mais ce n’est pas seulement par sa glande génitale que l'embryon des vertébrés est hermaphrodite. Il

ho)

l’est également par les canaux excréteurs de la glande sexuelle. ;

En effet, le mâle comme la femelle possèdent les canaux excréteurs d’une glande sexuelle femelle et inversement. C’est ainsi que chez l'embryon de l’homme du type féminin de deux mois, on trouve des canaux de Wolff (futurs conduits collecteurs des canaux excréteurs du testicule) à côté des canaux de Müller (oviductes futurs, utérus et vagin à venir) et réciproquement.

Or, cetélatordinairementtransiloire, mais dontchacun cependant, à l’état Le plus normal, possède les vestiges facilement décelables, peut se perpétuer jusqu’à la naissance et donner lieu soit à l’hermaphrodisme vrai, soit au pseudo-hermaphrodisme, suivant que l'arrêt de développement se produit à un stade plus ou moins avancé du développement de l'embryon.

S'il y a persistance d’une glande génitale femelle et d’une glande génitale mâle, d’un ovotestis, suivant le mot du professeur Pozzi, il s’agira d'hermaphrodisme vrai; dans le cas contraire, ce sera du pseudohermaphrodisme ?

Que constitue donc le pseudo-hermaphrodisme ? Il en est plusieurs variétés.

Nous signalerons d’abord le pseudo-hermaphrodisme féminin. Ce sont des femmes qui simulent les hommes par hypertrophie de leur clitoris. C'est la grande exception.

Dans l'immense majorité des cas, le pseudo-hermaphrodisme est masculin. Il s'agit le plus souvent

Page 1