THÉORIE SUR LE DÉVELOPPEMENT DE L'HERMAPHRODISME
Nous avons vu que l’hermaphrodisme représente un des stades du développement de l’appareil génital. Nous allons maïntenant nous placer à un point de vue plus général et rechercher pourquoi l'individu devient, ou plus exactement reste hermaphrodite, au lieu de devenir mâle ou femelle.
Il est un fait acquis : les éléments reproducteurs sont d’abord éléments reproducteurs ; ils deviennent mâles ou femelles ensuite. Car, comme le fait remarquer Maupas, au point de vue de la biologie générale, les éléments mâles et femelles ne représentent pas deux entités opposées et distinctes, répondant l'une à la nature féminine, l’autre à la nature masculine ; ce que nous rangeons en deux catégories, ce sont les manifestations secondaires d’un seul élément primordial, la cellule germinative génitale. On comprend donc que ces cellules puissent “hésiter à s’engager dans une voie de développement ou dans l’autre, mais qu’elles choisissent souvent l’une des
deux.
L'étude histologique des glandes sexuelles nous montre que toutse passe comme sile sort des éléments de l’ébauche sexuelle était mal déterminé, -Comme si ces éléments étaient réellement indifférents et tiraillés de différents côtés. Cela concordet-il avec les données générales que nous possédons sur le développement du sexe chez les animaux ?
On a admis et on admet souvent encore que différentes causes extérieures pouvaient avoir une influence sur la détermination du sexe des larves de quelques espèces. Mais si la chose est possible dans certains cas, le fait semble loin d’être général : pour certains animaux, le sexe est déterminé dès avant la fécondation, mais pour la majorité, il semble l'être au moment même de cette fécondation, c’est-à-dire de la formation de l'individu et rien alors ne peut plus le modifier.
Mais cela étant posé, on peut se demander ce qui est déterminé dans cette détermination du sexe. STEENSTRUr, nous l'avons vu, admet que chez un mâle chacune des plus petites parties est mâle, chez une femelle, chacune même des plus petites par-
ties est femelle. Cette théorie, nous l’avons dit, ne saurait être admise.
Nous ne pouvons pas avoir la prétention de savoir ce qu'est cette détermination du sexe si précoce ét si rigoureuse dans son ensemble.
Mais si cette détermination amène d’une facon presque forcée l'individu à produire des éléments mâles ou femelles, il n’en est pas moins vrai que
EE SN RE nous nesommes pas en état de prédire le sort individuel de chacun des éléments qui constituent l’ébauche sexuelle. :
Ce phénomène qu’on pourrait appeler de l’indétermination élémentaire est d’ailleurs un fait général pour tout l’organisme : une gouttière ectodermique se différencie dans l'embryon; nous savons bien qu'elle produira le système nerveux central, que tout ce système nerveux se développera de façon à suffire à toutes ses fonctions; mais si nous considérons une cellule de cette gouttière, son sort est absolument incertain ; restera-t-elle une cellule épendymaire, äeviendra-t-elle une cellule ganglionnaire ou névroglique, ou dégénèrera-t-elle, après une courte existence et un essai infructueux de différenciation ?
Voilà une question qu'il est impossible de résoudre. Peut-être le sort de cet élément n'est-il pas déterminé rigoureusement, peut-être même est-il contingent et dépendant des causes qui lui sont extérieures, telles que les actions nutritives ou autres qui s’exercent sur lui ou sur une cellule voisine.
- On pourrait ainsi multiplier les exemples et, pour un organe quelconque, du reste, on ne peut savoir si l’évolution normale ou l’atrophie d’une cellule est déterminée à l’avance.
Comment dire pourquoi, à un stade donné de son évolution, l’appareil génital évoluera vers le type mâle, tandis que s’atrophiera la partie de cet appareil qui représente une ébauche d’organe femelle, ou