SCÈNE i
ïy vins pour célébrer ta féte solennelle.
Tu le sais; et mon cœur, détaché des humains, Était plein de ton culte et des mystères saints.
AMTLLA.
0 spectade imposant 1 Jjqs chants,. les sacrifices; Des fhiîts et des moissons les fécondes prémices f Chacun offrait ses vœux : vierges, adolescens, Hommes, enfants, vieillards... partout fumait rencens! Les peuples accourus d'Athènes,, de Corinthe, De Chypre, d*Âbydos, se pressaîrat dans l'enceinte.
HÉRO
Léandre y vint, brillant de beauté, de pudeur, De grâce! un fin duvet dorait sa joue en llew; Et du sein de la foule en,le voyant paraître, Déesse, c*e6t ton fils que je crus reconnaître I
AMVLLA.
Comme vous, l'insensé! quand vers l'autel fumant A la tète du chœur vous marchiez lentement, Il s'écria : Vénus du ciel vient de descendre t
HÉRO
Tu crois donc que j'ai dû sembler belle à Léandre ?
AMYLLA, à^.
P^onne-leur, Vénus!
HERO
Dans un trouble inconnu Son regard me jeta ; d'un feu mal contenu Je me sentis brûler; je détournai la tôte...
Et mes yeux égarés ne virent plus la féte 1
AMTLLA.
Et la jeune prêtresse oublia son devoir.
la HÉKO ET LÉAISDUii,
RÉRO.
' La foule s'écoulait; ol, par degrés, le soir Baignait d'obscnrilé i autel qui nous rassemble. Il s'approche de moi, prend ma main, — ^mamain tremble/ Je veux le repousser, tu dois t'en souvenir, Bt tandis que son bras cherche à me retenir^ « Crains Vénus, m'écriai-je, et sors du snnctueiire ! u Je lui suis consacrée, ô jeune téiiiériiirc! a Oscs-tu bien porter au pied de son autel cr Les profanes désirs et Tamour d'un mortel ? •
AMTI'LA.
Mais, tandis que la voix voulait cUre farouclio. Les regards" démentaient ce qûe disait la bouche : Uéro pardonna vite à cet audacieux I
Héao.
Je sentis qu'il m'aimait, car il baissait les yeux, Et son front suppliant désarmait a colère.
ÀMYLLA, à Ifarl.
Désarme «ussi la tienne, ô Vénus tutélaire!