HERO ET LE.VXDUK
célèbre Aille Miinuco. Elle .lurait iti mise au jour Tcrs H84. C'esl une plaquette de 22 feuillets, dout 10 pour le grec, à 20 vers par pape. Vendue 500 fr. et même 620 francs par Thompson, reliée en maroquin vert. Un exemplaire a été adjugé pour 200 fr. il la vente Bontourliu.
J/«.«ti aiitiquissimi poetœ (le Lcandrl et Ilenm A muribus. In wililjus Egidii GuurmoiUii. Paris, sans (laïc, vers 150/, iii-4*.
Cet opuscule de 8 feuillets ne donne que le texte et doit être, d'après Renouard, le premier essai grec de Gourmont. Vaut de 50 à 60 francs.
ilusmi Opusculum de llerime cl Leumlro (arœce), Cumiiluti, sans date, rers lôl-l, iu-V de Is feuillets.
Édition d'une rareté excessive, qui est peut-être le début de la typographie grecque en Espagne et qui a été imprimée il Alcala de Ilcnarès, lu patrie de Cervantes, cii se trouvait une université fondée par le cardinal de Ximeuès. Un exemplaire a été vendu 500 francs.
Jlnsmi antiquissimi poetœ de Lcandri cl Ilerus A murihus {grœce). Impression Culuniœ, apud Eueharium Cervicornu, ttnnu 1517, mensis Junii, die décima seplima, petit inA' de S feuillets comme le
IlER O KT I.EAXDRE
im'c^xleiit. 11 est tout aussi rare, quoique moin;* précieux.
Musœi de insanno 1/eriis et Leandri Amore,pnewatiuii (jgrœce). Idem latine paraphrastc, Guil. de 3/ara. CoJoîiice, apud Joan, Soterum, lô2o, ï/j-H". Ou y n joint le texte grec du Jugement des Dieux de Lucien. Vaut de 5 à 6 francs.
Opusculum de Hcrunc et Leandro. SenifntiiK vumostichœ ex rariis poetis [ffiœce). l^arisiis,apud C/itisl. )f'ei:hel, 1538. Petit in-8* de 24 feuillet.'!, ei que l'on trouve ordinairement réuni aux dc\ix opuscules suivauts donnés la même année par cet imprimeur.
Mttsœi Opusculum de Herone et Leandro (latine), IKtit in-8' et Musœi Opusculum de A moribus Leaiidii et Ilerus. Guil. de M arn paraphrasie, Joliaiiuif Vatelli Cœitilieiisis commentariis enarratum,égalemeut in-S*.
Deux grossières vignettes gothiques sont intercalées aux pages 12 et 13 du premier de ces opuscules ei reproduites aux pages 2 et 3 du second. Elles rei>résentent, l'une Héro éclairant du haut de sa tour Léandre qui nage vers elle ; l'autre le moment où elle se précipite sur le cadavre de sou amant.
11 y a encore une édition de Paris, lj4G, iudiinnie dans la Bibliothèque (grecque de Fabricius, livre l", chapitre XVI, que nous n'avons pu retrouver.
J/its(ti, txtnstissimi rciivutissimigiie poelœ gtœci ICiulupcegniuH Herus et Leandri {grec et latin) t'ttm t't-rsione Jalitia jirvrsa-forsa, citi arcesgeruitt iili'a ^iisdem aiyumeiUi puemalia, quœ slnoula i-'llei/it et ciimmenlario libro illustrarit Daniel J'arcits, Philippi Jiliits, Oaridis nepos. J^raitco/urti îiiipeHsis Gtiil. Fitzeri, 1627, in-V. Avec une jolie vigneile de Th. de Bry au frontispice, figurant uu huiunic et une femme qui se serrent la main sous l'tau d'une aigmère et pour devise : Jlanus mamtm laial.
Outre le poème de ifusée, ce volume contient les lieux héroïdes d'Ovide ainsi que le Leaiider et Eiu de Clément Marot, qui est criblé de fautes d'impression- Il renferme encore l'ennuyeux poème latin de G. Barihius, Leandridvs libri I/I, etc.
L'édition étant peu commune et offrant pour la ) Ti-Uiière fois les traductions ou imilations du ]>oènie qui avaient paru jusqu'alors et, de plus, un ample oonnnen taire, se vend de 12 à lô francs, I)ien qu'elle i'i'n IKU agréable à lire.
HERO ET LEAXDKE
Jftixœns, <ir llie Lovas of Jh'to aiid Leaiiilei: V'ith annuiations ujxm lltc oriijhiut. ISy air liubcrl Sl(i2>yUuii. London, 164",îh-12, nrcc un frontispice de Marshall.
Tlic Loves of Ifero and Leander, a mock-jyocui , icilk rltiiice pièces of Drolhrij. London, 1(551, i;i-12.
Lusus amatoritis. sire JInsœi poeina de Herone et Leandro, i/nera in latinam lini/nain Iranslatiwi, aiilliore Carolo Ulacice. London, 1694, i)i-4".
De llerone et Leandro poenia {ç/rec et latin) recensait, notis variorum et suis indicibusQuc inslruxit, ac de Musœu dissertationeni jircunisit, J. Henr. Kromayerus, Ilahe-Muijd. illalk), 1731, petit in~S'.
Le texte, qui est celui de H. Estienne, a été amélioré sur quelques points ; il est suivi d'uu choix judicieux dénotes empruntées aux précédents commentateurs.
ilnscei Granimatiei de Herone et Leandro carnicn ciini schuliis yrœcis, ex recensione Maltli. Kœvcr. Luyduni BtUavorutn (Leyde), Th. Ilaak; 1737, in-S\
Le frontispice, dessiné et gravé par Bleysdyk, nous montre Hèro s'élançant du haut de la tour
IIEIIO ET LEANDIiK
sur le cfttÎAvrc de LénndrCj que les flots poussent vers le rivage ; nue femme la regarde avec terreur. A lu fin du volume se trouvent les triuUiciions en vei-s Intins d'Andrée P.ipius, de Florent Chrétien et David Whitford. Il y a quelqttes exemplaires en fort papier de HoUaudc et deux sur vélin, dont un s'est vendu 200 florins.
I<lem optin (givc cl latin) cion conjcctiiris iiicililin P. Fraiicii, ex rcceiisioiie Joh. Schmderi qui va- 7-in»(fS ieclioncs. mitas et aniiitadvej'sionïim iibnim adjccit. Leovaidite (f.oufaiii), l'an Dei^silt, l'ii. iti-^'. Vaut de 8 à 10 francs. Un exemplaire maroquin rouge a atteint 2G francs à la vente Caillard.
Iilem opus (irrec, latin et italien), ab Ant. Mur. Sa'viiiio ithlicis rersibus, nunc priinnm cditis, retltHliim,ex recensione Aiiff. Mar. liandiuii. Florenliœ tijpii ccesareis, 1765, in-S' tle 108 jtagcs aiic 3 ffrossiij-es viynettes.
Idem opus (jirœce) ad optimas cditiuncs, ciim ?ectii>ttibns rariï:t sclectisquc efuendatitntibtts at' vietaphrasi Dav. Whitfiirdi , arniralc rccusum. Mai/dehauru, 1775, in-»'. La préface, due à J. Ben Carpzov, est assez curieuse.
Idem opus (,ff>-ec et latin), cum notis Jacubi Uun-
HKHO ET LEANDI; K
ilrlli. l'iirisiis, (ijiml Luilur. /Jilhtiiie, I "7(1. l'huiiK'tte do 4 4 pages sans rieu de remarquable.
Idem, Il/tus {i/rœcc) rcaiynovit et adiioltitiuuiliiis i'ialnu:ic C. F. Ileinrich. llanoverœ, 17ii3, /«-H*. Xe v;iut guère mieux que la précé.lente.
Il eu est de même de celle qui a été publiée par Teucher à Halle, eu 1801.
likm opus, cttm runjecturis ineditis P. l'^raucii I c rcccmioiie J. Schraderi,gui ran'aiiles Iccliones, notas, etc. God. Jleiii: Sclio/ei: Lipsiœ, Ilwlmaitn, 1825, i«-H-, de 8 à 10 fi-aiics. C'est une réimpressiou cDrrigéo de colle de 1742 et qui se termine par des niél.inges écrits eu latin sur les auteurs grecs par Jean Schrader.
Idem <>2)us (i/nc) recensiiit C'aruhis niUheij. Ilunnœ, Max. Cvlien et Jils, 1874. Assez bonneéditioii enrichie de variantes et d'un Index rcrbonim.
RECrKII.S DAXS LESQUELS CE POÈME A ÉTÉ IN'SÉUÉ
Lt poème de Masée a naturellement trouve- place dans toutes les collections un peu complètes des poètes grecs. Ainsi nous le voyons figurer dans les Pvctve minores, édités à Cambridge par Winterton, dans les Puetœ grœci. un in-folio donné par Henri Esticnne en 1566 et dont le prix augmente tous les jours, enfin dans xme autre collection des Portes l/rccs publiée à Genève en 1606. On n'exige pas que nous donnions ici la nomenclature de tous ces recueils ; il nous sufiira d'en signaler qnelqucs-uns des plus importants.
Giionxe monestidiœ. she Senteiitiœ ex diversis poelis. seciiHiliini ordinem alphabeti ; accedit Musie poematium de Ilerone et Lcandro, cura J. Lascarsi
HERO ET LEAXDRK
^l/rotce). Petit in-l° fort rare, imprimé en lettres capitales, sans indication de lieu ni date, mais probablement à Florence rers la fin du xv* siècle. Réuni au Callimaque en lettres capitales, il a été Tendu 720 francs. Seul il a atteint 420 à la vente d'Ourches et 180 seulement à la rente Bouton rlin.
Musœi Opiisculiimile Hcroiic et Leancho. Orphei Argmiauticn ; ejiisdem Ilijmni. Orpheus, De Lapidibi(s. Veiieliis, in œdibiis Aldi et Andrcœ soceri, mense uovemhri 1517, ih-8" de 80 pages. C'est dans ce recueil, dit-on, que le poème De LapidUms est imprimé pour la première fois. Le poème de Musée seul y est traduit en laliji. Pour le reste, il n'y a que le texte grec. Aux pages 8 et 9, on rencontre deux bois grossièrement dessinés. Cependant cet Aide, quoique assez commun d'imxiression, se vend encore de 15 il 20 francs.
Opusetdnm de Ileroiie et Leandro (.grec et latin). Orphei Argonautira et llymni, De Lapidibus, elc, etc. (gi-œce), Floreiiiiœ. per hercdcs Pldl. Jmila; 1519, î'n-S" de lOi feuillets. Assez rare; 20 francs vente Mac.Cavtîiy. Le llûsée n'est que la reproduction de l'.Vldp. 149-1.
HERO KT LEAXDUK
Alpliabctiim r/nicum, oratio ilumiiiira. . . . Muaœus, de J/eirt et Lramli-u, grœce et latine. ISasleu: (Kûle). J. Frvhcn, 1518, iii-4*.
Volume rare et d'uuc belle exécution typogrrnphîqup. Les préfaces des divers ouvrages qu'il renferme, écrites par Frobeii, sont intéiessantcs.
Opéra et Dieu. Theognidis Sententùe. Sibi/Ilœ Carmiua. Musai Optisculum, etc. Flore'Uiœ, per Heiifd. Jiinloni, 1540, iii-8*.
.Esopi l'Iiri/rjis Fabulœ(grecet latin) ctitn aliis opusculis quorum index proxima refcrtur patjella Jlnsileœ, in officina Ilervagiana, per Joannem. Ilercagium, 1541, in-S*.
La page suivante indique en effet les matières contenues dans le volume, parmi lesquelles sont la Bairac/ioiui/omachie d'Homère et le poème de Musée. Ce dernier commence à la page 288 pour finir à la page 311.
Bien que ce recueil n'ait rien de remarquable que deux ou trois informes vignettes, on le vend assez cher, lorsqu'il est en bon état.
Eu 1584, Et. Vignon publia un petit in-r.i grec et latin qui contient Hésiode, Théocrite, Moschus, Musée, etc.
HEKO ET LEASDKE
MtisceijMoscht et Bionis quœ cxstant omnia, elr., latino carminé reUilita, aiilore Davide Whilfurdo Londini, typis Tlumiœ lioiicroftii, 1655.
Imprimé en lettres capitales et orné de deux belles grarures de Giiill. l'aithorne, ((ui représentent, l'une la rencontre des deux amants devant l'autel de Vénus ; l'autre la catastrophe finale ; ce volume est encore recherché à cause de l'excelleute version en vers latins de David Wliitford. Se vcndde lOà 12 fr. Il a été reproduit eu 1659.
Dans la crainte du rendre l'éuumération fastidieuse en la prolongeant, nous n'indiquerons plus que les deux recueils suivants :,
Uesiodi Cannina. Apotlonii Ai-gonautica. Musœi Carmen de llero et Leandro, etc. Ijjrer et latin). Cum indicibus nominum et rerum ediderunt F. i> Lelirs et Frcdericus Dubner. Paris, Ambruiae Fir min-Didot, 1840 ; m-8% 15/j-.
Excellent volume de la nibliolhêque grecque ; Ir texte de Musée a été arrêté par F. Pussow et amélioré au moyen de quelques coiTcciions que M. Vor nicke a proposées dans son Commentaire sur Try phiodore.
Orphica. Prurli Ifi/mni. Musœi Carmen, etc.
IIERO ET LEAXDUE
ii/rcc^, nptinionim librorum jitleiii nccurale édita. Lipsiae, numptiljiis Oltoiiis J/iilUe, 1867, in-l6.
Tons ceux qui s'occupent de grec apprécient cea petits Tolunics de Tauchiiitz pour la correction du teste et surtout pour la modicité du pris, qui les rend accessibles aux bourses les plus modestes.
TllADUCTlOXS ET IMITATIONS
Ce gracieux livret, tant de fois é.Uté, a été plus souvent encore imité ou traduit. La jolie version en vers français qu'en avait donnée Maiot en l.')41 suffit cependant aux amateurs pendant près de deux siècles et découragea sans doute par sa perfection ceux qui auraient été tentés de l'imiter. En 1681 seulement, panit, in-12, une version en prose des Ainow-s de Léandrc el d'IIéro, qui est fort libre et sent plutôt la galanterie moderne que l'antiquité. L'auteur, qui ne nous est point connu, a mêlé à sou travail quelques vers de Boilcau.
Depuis ce moment, et surtout à partir de la seconde moitié du XVIII* siècle, c'a été comme un concours ouvert , un thème sur lequel chacun a vonlu essayer son talent, soit en ver», soit en prose. La facilité des mœurs et l'amour du plaisir aidant (l la vulgarisation, ce qui n'avait été jusque-là que le rég.-il de quelques érudits est devenu un mets
HEIîO ET LKANDlîE
commun, presque banal à force d'avoir été servi. Voltaire ouvre la marche avec un quatrain imité de l'Antholog^ie :
J.-J. Kousscau tire à son tour de la légende amoureuse une allusion qui tourne iiu maflrigal : « Kmile loge à deux grandes lieues de Sophie ; cette distance est le sonflElet de la forge; c'est par elle que je trempe les traits de l'nniour. S'ils logeaient porte à porte, ou qu'il pût l'aller voir mollement assis dans un bon carrosse, il l'aimerait à son aise, il l'aimerait en Parisien. Léandre eût-il voulu mourir pour Héro, si la mer ne l'eût séparé d'elle? »
Ou eu fit même un opéra.
Lijamlre et Jléro, tragédie lyrique, musique de Brassac, en cinq actes et un prologue, le tout en vers libres par Le Franc de Ponipiguan. Paris, V Delormel et fils •, 1750, in-4".
1. ne[iro<]iHl »ii tome lU des Oeuvres runiplclcs. l'nris, >vun l'uinc, 1/6^, iii-8.
HERO'ET LEAXDRE
Trouvant sans doute que les personnages tels que l'histoire poétique les fournit étaient de trop petites gens, le marquis auteur a voulu les anoblir. Léaudre s'est transformé entre ses mains en prince d'Abyde. ayant pour rival Athamas, roi de Sestos, qu^il veut détrôner et mettre à mort. Les deux adversaires en viennent à un combat naval dans lequel le vaisseau monté par Léandre, frappé de la foudre, s'embrase et s'abîme dans les flots. On voit cela d'ici. Voulez-vous uu échantillon du dialogue? il est i la hauteur de ces aristocratiques lubies.
liÉno.
Le ciel |iciil-i'lic lin jour rlian-fia nos ilcsliiu.
«^u'ilii si doux cspuii- iiuiiï suiitlLMine. Je sers une aOcssc.
i;i vuns Oies ht mionnc-
N'eût-il commis que cette pièce, Pompignan mériterait déjà les brocards d6nt Voltaire l'.-i lartlé.
Au siècle précédent, une tragédie de Léandre et Ifévo, par Gabr. Gilbert, avait été représentée le 15
IlEIïO ET LEANDRK
;i(iùt I(ïfi7 avec VI»fante Saïicoque.'EWQ n*a pas été imprimée.
Le poème de Phvosiue et MéUdorc par Gentil- Bernard n'est qu'une maladroite contrefaçon de celui de Muii-ée. Il est impossible aujourd'hui de lire sans bâiller vingrt vei-sdo cette œuvre si TaiitécAson apparition. Rien ne montre mieux à quelles aberrations le goût public peut se porter et combien ce monde élégant était prosaïque au fond, malgré ses prétentions contraires.
Une demoiselle de Louvencourt fit tenir le sujet dans une cantate mise en musique par Clérnmbault, que l'on peut citer encorC) car elle est assez courte et tout le dram« s'y trouve en raccourcL
l.uin Je U jctinc Ik'rolc fiJùlc Lcaiidrc
Formait «l'iniililcs dt-sirs.
• Clicr objet, disnit-il, de nicsai-dcnts soiipiis, \ quel boiihcui sans -vous itiûs-je jamais |>rclciidrc ? Vuoi? Taiiicmcnt vous pattagcz mes fciit .'
I.a mer inhiimamc et bni-barc Oppose lin fier ubstaclc an plus doux de mes vtiux. iVin-tu souHrii-, Amour, qtrclle sépare
Deux cœfirs que lu veux rendre heureux i* Non ; c'est trop soutenir les tourments de t'ubsencc,
N'écoutoiis plus que moa amour!
HERO ET I.EAXDRE
Et toi, Vi'iiiis, j'implurc In |iiiissancc,
Sur les Ilots dont lu ticMis lejonr?- A CCS niuls, du livase il s'ùlance -ans crainte, I.e silence et la nuit lui prêtent leur secours, Kt l'amoureuse ardeur dont son àmc est atteinte Lui cache le péril (|ni menace ses jours. Uieui des mers, suspendez l'inconstance de I umle
Calmez les vents impetuetis. l.'amour czpusu à vus Ilots dangereux
].c plus fidèle amant du monde-
Volez, volez, tendres zéphyrs;
Conduisez cet anianl lldele Où mille fuis, touches de sa peine cruelle,
Votis avez porté ses soupirs^ Cependant sur les iluts cet amant généreux
Trouvait un facile passage.
Le ciel spml.l..;t f .Toriser ses vujux , Il aperçoit .léjà le fortuné rivjge, (,)uand t.iul il coup liorie, en sortant d'esclavage, tdiange un calme si doux en nn grajc all'reui. Tous les vents dtchainés se déclai-cnt la pierre,
La foudre éclate dans les eieus.
Et la mer irritée au-dessus du tonnerre
Porte ses Ilots audacieux.
Dans ce péril prcss.int, Léandre, qui se trouble, ISc saurait échapper au trépas ijui le suit.
L'obscurité i|ui se redouble Dérobe à ses rceards le llambeau de la nuit.
HE KO i;t lkandhk
C.en e>l Tail, il péril. Colle affi-ciisf nouvelle I>c la scnsiliL- llrru perce le trisle ociir.
Elle Miccombe a sun malheur F.I d.>«s les inèines IIdIs celle amati'.e n.lcle
Finit sa Tic cl sa douleur
Dans ses Lettres en ros. Dorât prête à lïiro quelques accents do vraie passion noyés dans un torrent de fadeurs :
Moi je n'ai que
l'amoi
■r : i lu
lijom-
ahandoni
yii'ai-jc hesuin
sans lu
li de l'a
ir <|ni
m'cnviro
Pour rcsiiircp rr
.a llani
me il s<
ïnilila 1
me fornu
Je ne veu.. je .
ne puis
cl je n
e sais
.[u'airaer
Ailleurs, rappelant à Xéandre lciu*8 nmonrcux ébats.
- Qu'est devenu, dis-moi, ce temps où je t'ai vu Affronter les l'ciieils, et, fier de ton courage, Tapplaiidir dans mes bras d'avoir bravé ror.i;e?
— Lt-andrc, qn'as-tii fait ? le disais-je tbU)Oiirs.
Comment piti^je cire heureuse en tremblant poni- tes jours?
nécbaufTé dans mon seîu, tu riais de ma crainte;
Et cent baisers de feu s'opposaient à mn plainte.
Qu'iivec plaisir alors je bravais le courroux
]>es flots impétueux grondants autour de nous!
Qu'avec facitité je te donnais ta grice !
Et, d;iDS CCS doux momcals, que j'aimais ton audace ! ■
Après lui, le canUiml de Bernîs a risqué dans son poèms Les quatre ^^«r^i'es du Jour, certains détails assez lestes :
Jfrilc IcK tendres l'Horts - En i-cstst:inl it sun ïvicssc
Elle on :iii(;mcnlc les Irai Sêvcre, cl iiiil-mc un peu gii.ind elle refuse un haï
spurls uroiicl
Sua àmc vole sur sa buiiche IloiUeiisc île le leriisoi'.
Floriau a composé sur le même sujet un petit ilrame en prose ; et Liiujon un divertisseniont en vers, un ncte en huit scènes, rempli de bel esprit, qui finit par une apothéose : Léandre, sauvé par Neptune, épouse sa maîtresse et prend place avec elle au rang des Dieux.
Voici maintenant la série des imitations et traductions plus directes :
177-1. — Iléro et Lémidre. pntme (le Jfiisi'e, traduit cil fiançais par ^f.■C. i^JIoiUonnet-Clairfuns), Sestos et Paris, Le, Boucher, 2, quai des Aurjustins, à îa JPrudence, m-8°. ,
Lo volume est orné d'un frontispice dessiné par Kisen et gravé par A.-G. Duclos. Héro. pencliée vers
IIEUO ET f.EAXDHE
un nutcl où brûlent dos pnrfums. nccueille Léaiidro à son ftrrivée. En face d'eux, groupe voluptueux formé par Vénus, l'Amour et des colombes qui se bikisent.
Quoiiiuc cette traduction ne serre pas le texte d'assez près et soit inférieure h. celle de Du Theil, elle n'eu est pas moins fori recherchée. On ne 1» trouve plus guère que réunie à celle de BiOD, Moschus et Théocrite, également illustrée par Eisen et il faut la payer des prix fous.
L'exemplaire qui contient les dessins originaux fut vendu 400 fr. en 1822. Le Boucher donna en 1779 une seconde édition, revueetcorrigée, en 2 vol. in-12, de l'œuvre de Moulonnet-Clairfons, mais sans figures, ce qui la rend -moins précieuse que la première.
178J. — Les Amours de Liandrc et de Uirn. pobne de Musée le Grammairien, traduit, du grec en français avec le texte. Paris, yj/on le jeune: petit in-12, de x-45 pages, avec une délicieuse vignette de Cochin, datée de 17/6 et gravée par de Launay, qui représente Héro, éclairée p.ar une torche que tient une vieille et ouvr.int les bras à Léandro à sa sortie des flots. Entre les deux vole
IIEIîO ET LEASDIiE
VAinour comme pour le» réunir. Il a été tlit diiiis la préface Testime où l'on tient cette yersion, que nous avons reproduite textuellement.
1790. — Les Baisers de Vénus. Londres, in-8° de XU-242 pages. Recueil de traductions en prose do Théocrite, Bion, Moschus, Musée, etc.
1796. — Réimpression de la traduction de Laporte du Theil, revue par J.-B. Gail, avec la version latine, des notes et un index. Paris, ju-4' de VHl-68 pages, orné d'une gravure de Queverdo.
1798. — Œuvres de Léonard, recueillies et publiées par Vincent Campenon. Paris, Didot jeune, .•) vol. in-8'. Au second volume, p.ige 115-118, on lit une traduction A'Uéro et Léandie on vers français pleins d'élég.ance et de douceur, mais auxquels manquent la vigueur et le souffle.
1801. — Héio et Léandie, pohne nouveau en trois chants, traduit du grec sur un manuscrit trouvé à Castro, auquel OH a Joint des notes historiques. Edition ornée d'un frontispice et de huit estampes c» Ciiuleur dessinées et gravées i)ar l'.-L. Debucoxirl. l'aris, Didot l'aîné, in-i°. L'auteur de ce livre, et chevalier de Querelles, n'est qu'un émule de Bitaubé qui délaye les idées, comme lui, dans des phrases
HERO KT LEASDRE
d'une élégance molle et Basqnc. Il est bien entendu que le lunnuscrît de Castro est de son invention et que ses notes sont insignifiantes. Tourtant le volnmo se vend bien, grâce aux figures de Debucourt , sur lesquelles on trouvera quelques détails plus loin, à rarticlc Gravures. Un ex. relié en maroquin a été p.ayé 100 fr. à la vente Martin. Ceux que l'on rencontre broi:hés valent de 40 à 60 fr. suivant la qualité dos épreuves.
1 80.'). — Les A ?nuurs (Flléro et Léaiulre, poème de Musée le Grammairien, traduction libre par Ch.-L. MoUevaut, professeur au lycée de Nancy. Paris, Debray, in-12.
Après Cléin. Marot. c'est le poé|c qui a rendu le texte grec avec le plus de grâce et de facilité. Mollevaut est un bon élève de Delille et fort consciencieux. Il a donné en 1816 une seconde édition du poème avec des changements qui en font presqiie un ouvrage nouveau.
1806. — Les Amours de Léanûreel d'Héro, pobmc Irculuit du grec de HusCe et mis en trois chanlspar .1. Couniaiid, professeur de littérature française au Collfge de France. Paris, iH-18 de 16 pages. Il n'y a pas de texte grec. Paraphrase prosaïque et
HERO ET I.EASDRE
(l'un style pitoyable qui a inspiré à Luce <le Lan ci val l'épigi-amnie couuuc :
', cl Cuurnand le français
1809. — Héroet Léandre.potme en quatre chani.< suivis de poésies diverses, par Denne-Baro». Paris. Leuormantj in-12j avec une grravurc de Delvaux d'après un dessin un peu froid de Monslau, qui représente Héro découvrant sur la plage le cadavre de son amant.
Début en poésie d'un jeune homme de vingt an.< qui s'essayait avec succès entre Baour-Lormian ei ilillevoye.
181.i. — Il parut cette année-là à Berlin un rai'lodrame A' Héro et Léandre dont la musique est dr .Seidcl. Le même sujet, traité cette fois en monodrame, a été mis en musique par Weber.
I8I9. — Xouvelle traduction en vers de ce poème par Alph. Dupré. Paris, Del.aun.iy, in-8°. Il y en a quelques-uns de bien frappés.
1829. — Grodot-Trioson.iŒuvres posthumes, chez J . lienouard, 2 vol. iK-8°. Le gracieux peintre a
HEIÏO KX LEANDUE
Toula prouver qu'il était poète et inclirc en vers l'œuTTO qui avait iiiispiré son crayon. Sa traduction ouvre le second vulume. Nous devrions placer BOUS cette date le premier essai en poésie de Th. Gautier, qui fut aussi une traduction ou imitation de Uéru et LéuiiJie. A-t-il été imprimé?
1»35. — Uéru tt Léaiiilie, poème de Musée le GiammairieH, traduit du yiec par J.-Fr. Grégoire et F.-B.CuUoinbetjà Li/o>i,cltez Su/uiirc, petit ik-8% tiré à 50 exempluirts. Cette traduction n'est pas sans mérite ; elle a été reproduite en 1839 dans uu volume intitulé les Petits Poèmes i/rccs : Orphée, Homère, Hésiode, PinUare, Anacréon, Musée, etc. publiée par Ernest Falcouuet , sous la direction d'Aimé Martin. Paris, Dosiez, gr. in-»", 10 fr. Le môme ouvrage fut réédité en 1841 par Lefèvre et Charpentier d;ins le format in-12.
ISi8. — Iléro et Léandre, ])oime amoureux, traduit librement en J'rançais, et mot ù mut eti laliii par Benj. Barbé, texte grec en regard. Paris, Bonacenture et Ducessois, i«-16. Dans une dédicace adressée à il" Balbiani, comtessed'Auterocho, l'auteur déclare sa traduction supérieure à toutes celles qui existent eu Frauce, douce erreur qui ne nuit à
HERO KT LEAXDKE
licrsonne ! Xous avouons iVaillenrs qu'elle est assez fidèle, quoi qu'en dise le titre.
1859. — MukCc. Uéro et Léaniire, 2'oi'»>e traduit CH vers fiançais, siiiii de notes par Paul Histel- Indier. Strashnunj, Vctive Berger- Lerratdt et Fih, iii-8°, tiré à petit numhre. Le texte grec y est traduit vers par vers avec exactitude, mais parfois dans un style archaïque et rude.
1959. — Uéro et Léandre, drame antique en un acte et en vers, ;)or L. Ratislionne. Paris, Léry frb-es, «1-12.
Ou ne peut pas toujours admirer ui s'ntteiulrir ; il est bon do s'égayer un peu de temps à autre ; cola repose. Los anciens observaient cetto excellente hygiène intellectuelle : à la fin de chacune de leurs rcpréseutatioiïs dramatiques, ils avaient soin de donner nue fiU-ce, une satire, qui détendît les nerfs do spectateur fatigué d'une émotion trop prolongée. Chez nous, la parodie remplit le même office. Pourvu qu'elle soit gaie, vive, spirituellement irrévérente, qu'elle donne à propos des chiquenaudes à la gravité, on lui passe quelques bizan-eries et ou lui permet de travestir les personnages les plus majestueux et même les plus touchants. Parmi les pièces comiques ou bouffonnes auxquelles l'avcjitnre de nos deux amants a donné lieu, nous rencontrons d'abord :
Les Amours vtfortunies de Liandre et de Iléro, tragi-conudie en cinq actes et en vers, par le sieur
HERO ET LEAXDRE
de La SeJve, Montpellier, Jean Pcsrh, 1638, in-Vi de 72 pages.
Volume rare et qui manque à toutes nos bibliothèques publiques de Paris. Vendu II fr. à la vente SoleiunOj il vaut aujourd'hui trois ou quatre fois plus. Ce n'est pas qu'il ait grand mérite au point de vue littérairej car le sieur de La Selve, qui était avocat à Montpellier, prie le lecteur d'uxcuser ses mauvais vers, « considérant pour ma décharge, ditil, qu'ils ont été faits en Languedoc, où la politesse de ces bons esprits de la cour ne nous a point encore été communiquée. » On s'en aperçoit trop en le lisant. Au moment où Lé:mdre va péril- dans les flots, il fait une espèce de calembour :
Ce qui signifie sans doute que lui amoureux trouve la mort dans l'onde même qui avait donné le jour à Vénus la mère des amours!
Laissons vite ce rimeur provincial et ses amphigouris pour en venir au maS,tre du genre, à Scarron. Celui-ci, du moins, sous son accoutrement de carna-
HEUO ET LKANDRK
vnl.n parfois de In verve et du bon sens. L'ode bxir- Icsque adressée par lui à Foiiquet, le surintendant des finances, était fort prisée de ses contemporains les plu» instruits'. Ils admiraient surtout le quatrain suivant :
Avec rémail de no« (iriariei, fjuaad on sait biea le façonner, Oo petit aussi bien couronner «Qu'avec l'or cl les pierreries.
«Ces vers, disait Ménage, valent autant qne l'or et les pierreries qui j entrent. » Il faut, ce nous semble, en rabattre beaucpnp. Mais il n'eu reste pas moins vrai qne l'ode est amusante. Malgré qu'on en ait, le rire éclate à certains endroits et l'on se laisse gagner à l'amusement que procure l'inconvenance même des Images inventées par cette muse folâtre. Écoutez d'abord l'exposition :
Le garçon avait nom I.L-antlre
Kl ne passait pas pour iciui
La pucelle avait nom lléro
De pean doucette el d'àme teadrc,
I. - Lvandre et Htro •, ode iHirlesqnc, p-ir Scarron. Paris, de SoiDiniville, Ib'b6, iu-i.
HEUO ET LEANDRE
Ili-i-o ppil naissance à Sestos; Sun jii're y vivait de ses renies, Ayant hérité de deiii tantes Murtcs pour lui Tort ii propos.
C'est dans Alijdos que Léandre I.a première fois vil le jour; Kl sa nicrc était dans ce boni; Ce que dans Iroie était Cassaudrc.
Les personnages ainsi posés, l'action s'engage Tivement.
Léandre courait apriis elle Comme un loup apris la biel.is, Jusqu'il marcher sur ses. habits Dont quasi s'olFensa la belle.