‹ Héro et Léandre. [Traduction de Laporte du Theil] Dessins de Pfnor, gravures de Méaulle. NoticesChapitre 12 sur 13 · ARTISTIQUE · texte numérisé non relu

ARTISTIQUE

Parmi les débris de l'art antique, le seul qui ait vraiment rapport à l'histoire d'Héro est une vieille médaille où l'on voit Léandre nager vers sa maîtresse qui l'attend au haut de la tour. Il est précédé d'un Cupidon qui vole au-dessus de sa tête, un flambeau a la main.

Le musée de La Haye possède une de ces médailles, sorte de cornaline dont la gravure est d'une tiuesse admirable. On y voit l'Amour traversant les

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airs, tandis que les vents soufflent, et deux monstres marins qui nagent aux côtés de Léandre.

Les artistes de la Kenaissance avaient l'esprit trop préoccupé de religion ou de mythologie pour s'arrêter ù des sujets purement naturels. Annibal Carrache fut le premier qui, dans la galerie Farnèse, peignit Léandre à la nage traversant le détroit pour aller voir Héro. Cette composition a été dessinée et gravée à l'eau-forte par Charles Cesio.

La mort de Léandre, à' âi^r es Rubens, a été transportée sur cuivre par Teniers.

Uri des plus beaux groupes inspirés par le poème de Musée a été le marbre exposé au Salon de 1845 par Étex, l'auteur si remarquable des grands basreliefs de l'arc de triomphe de l'Étoilo. Les deux amants sont debout et rapprochés, comme deux colombes menacées par l'orage ; Héro pensive appuie mélancoliquement sa tête sur le sein de Léandre. Le seul défaut à, signaler dans cette œuvre est l'effet peu gracieux produit par l'attitude des deux figures, qui sont posées chacune sur une jambe. Le groupe est aujourd'hui en Angleterre.

Un critique dont le suffrage comptait, WiU. Burger (.Thoré), l'a bien sévèrement traitée :« Ce groupe

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dit-il, aurait pu être repoussé du Salon par respect pour les mœurs. Il est impossible d'ijuaginer rien de plus malavisé et de plus indécent à la fois... Héro et Léandresontnus tous deux et debout, face à face, pied à pied, à six pouces de distance. Que font-ils, et que vont-ils faire ainsi plantés ? » C'est là un excès de curiosité que rien ne justifie.

An Salon de IS.'jO, on remarqua une charmante statue en marbre de Héro, due au ciseau de M. Pierre Loison et que l'un des rédacteurs de la Reçue des Deux Mondes, M. L. de Geoffroy, a caractérisée en ces heureux termes : « Le corps, à peine adolescent, n'est aucunement voilé par la draperie de lin transparente à travers laquelle se dessinent de su.aves contours. LVnfant s'est jetée hors de sa couche, tremblante et joyeuse, l'œil dilaté, la bouche souriante. Elle élève au-dessus de sa tête le flambeau Qui guide son Léandre. Cette petite tête, si pleine de jeunesse et d'amour, est raviss.ante et en harmonie p.irf aite avec le sentiment général de la composition.»

Citons encore deux groupes intéressants d'//t;'ro et Léandre, qui ont été exécutés, l'nn par G. Diebolt (Salon de 1863), l'autre par M. Gustave Deloye (Salon de 186S).

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Enfin, une statue d'Héro, en marbre, a fiffiiré au Salon de 1869. Elle était de J. Valette qui est mort l'année dernière.

Le musée de Dresde possède un tableau de P.-F Mola : Héro retrouvant Je corps de Léundre. Le même sujet a été traité en 1869 par M. P. Cabauel neveu. Il avait déjà été repris eu 1831 par un élève de Girodet, Delorme-Roiiceray, plus connu par sou succès au Sillon de 1814, où il obtint la médaille d'or pour deux compositions d'un beau dessin : 1' Néi'o versant des parfums sur la tête de Léandre; ti' Léandre expirant dans les Jiots. Toutes les deux ont été gravées par Laugier et figurent au nombre des académies. On les a payées 30 francs à la rente Danlos.

Abraham Bloemaert a peint les Nymphes de la mer recueillant le cadavre de Léandre, et son tableau a été gravé par î\ Bloemaert. Au Belvédère, à Vienne, on voit deux tableaux, l'un de G. Backereel, l'autre de C. Schot,qui vQ\yvits,Q\xvent Héro pleurant la mort de son amant. Un artiste belge coutemporain, M. Stallaert, a peint Héro éclairant la traversée de Léandre. Mais la composition la plus originale qui ait été peinte de nos jours sur ce sujet est encore

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le tableau de M. Bnadcr, exposé au Salon de 1866. Sur une plage nocturne et assombrie se dessine raguement la longue silhouette des deux amoureux, (c Peu nous importe, disait avec raison un critique, le nom de ceux-ci ; ce que uous ne saurions passer, c'est la courbure de cette rive, ce sont ces ondes sphériqnes roiilées les unes sur les autres, c'est cette nuit des eaux, ces murmurants abîmes dont il est difficile de rendre la liquidité. »

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