‹ Héros. Episodes de la grande guerreChapitre 14 sur 46 · HÉROS OBSCUR · texte numérisé non relu

HÉROS OBSCUR

Olivier le Bastard était un jeune Parisien de la classe 19 13. Il fut tué au combat de Richaumont. Voici un fragment de la lettre de son adjudant par laquelle ses parents, de braves commerçants de la rue Taitbout, apprirent sa mort :

« Mon élève, dont j'ai été et je resterai fier, a été tué, le 29 août, glorieusement, on peut le dire. Voici dans quelles circonstances : son sergent-major, chef de section, ayant reçu l'ordre de son commandant de com-

pagnie d'occuper une crête restée libre, donna à son toui l'ordre à la section de se déployer en tirailleurs, à deux ou trois pas d'intervalle. I^a section était à ce moment dans un petit ravin à l'abri des balles et la hauteur étant battue par le feu de l'ennemi (mitrailleuses), la section eut un moment d'hésitation : « Comment, vous hésitez ? s'écria Olivier. Eh bien! j'y vais tout seul!» — Il se détacha du groupe et monta : son courage, sa vaillance, son énergie décidèrent la section à faire le mouvement et Olivier, arrivant le premier sur cette hauteur, entama seul le feu contre les mitrailleuses ennemies.

» Hélas ! le mouvement de la section n'était pas terminé, l'espace de deux minutes peut-être, qu'Olivier était atteint en plein front par une balle. La tête a été entièrement traversée et son pauvre corps, par la violence du choc, s'est mis à rouler sur la pente escarpée où il a été arrêté par les hommes de sa section. Olivier comptait beaucoup de vrais camarades. »

Paroi^es de héros.

Avant de partir pour l'armée, Guy de Cassagnac avait dit:

— Si je meurs frappé à quelques centimètres au delà de la frontière, je mourrai heureux !

Son vœu s'est réalisé, puisqu'il est mort en Alsace, à plusieurs kilomètres d'un poteau frontière que, la veille, il avait renversé de sa propre main.

Un peloton des nôtres reconnaît la lisière d'un bois. Rien de suspect. Grand silence. Les renseignements de la veille ont signalé l'évacuation. Les cavaliers avancent.

OFFICIERS ET SOLDATS iy5

D'entre les betteraves, un fantassin sanglant se dresse à demi : de toutes ses dernières forces, il crie : « Demi-tour!... mitrailleuses! »

Les cavaliers font volte-face, au galop. La rafale allemande se déchaîne, crible la ligne d'où ils s'évadent. Le blessé retombe broyé. Le peloton est sauf.

(Liberté.)

L'autre jour, en Belgique, une colonne allemande partait à l'attaque du pont de Drie-Drachten, défendu par des zouaves, en poussant devant elle des zouaves prisonniers et en criant : « Cessez le feu ! » Un instant, nos soldats et leurs mitrailleuses interrompirent le tir, lorsque des rangs allemands partit ce cri poussé par un zouave prisonnier : « Tirez donc, n... d... D... ! » Une décharge générale part alors de nos rangs, couchant à terre les assaillants et l'héroïque zouave dont le dévouement avait permis aux nôtres de déjouer la ruse.

(Temps,)

Dans la tranchée l'héroïsme est de tous les instants. J'avise un homme au pied d'un grand arbre dénudé. Rien ne le protège contre une attention indiscrète de l'ennemi. Il n'a même pas l'air de s'en soucier.

— Que faites- vous là ? lui dis-je, un peu surpris de ce sans-gêne impressionnant à cinq ou six cents mètres des fusils allemands.

— Je veux monter à l'arbre et faire un croquis de leurs tranchées.

— Mais on va vous voir et vous tirer dessus.

— Si j'entends siffler les balles, je descendrai. Est-ce qu'on vous l'a commandé ?

lyô HÉROS !

— Non, mais je me suis proposé.

Ce tranquille héros était un réserviste, ouvrier peintre à Paris.

Paui^PERRIN. (Liberté.)

Il veut retrouver ses «enfants».

Dans le train de Brest, vers une heure de la nuit, dit un correspondant, je suis réveillé par l'entrée brusque d'un voyageur.

— Y a-t-il de la place ?

— Je suis seul.

Le compartiment, comme tout le train d'ailleurs, n'a aucune lumière. Pourtant je devine un soldat blessé, à cause de l'énorme tache blafarde que font des pansements, des bandes, des écharpes.

Aussitôt, je me lève de ma banquette. Mais d'une voix nette, il refuse toute aide. Que tient-il à la main ? Ses bottes. Il les pose. Lentement, péniblement il s'assied, s'allonge, se case. Il me fait peine, mais je n'ose pas insister. Son accent a quelque chose d'impérieux et qui coupe court.

Je me recouche. Le reste de la nuit, autant que je puis voir, le pauvre homme le passe dans l'agitation d'un demi-sommeil de malade. Au petit jour, on se devine, puis on se voit. Je suis devant un lieutenant-colonel, un vrai chef, un type de vieux brave, grand, un peu voûté, à demi chauve, la figure large aux plans accusés, une barbe de quinze jours presque blanche. Dans cette face meurtrie, sous les paupières flétries par la fièvre, les yeux sont excellents de bonté et de volonté claire.

Je me mets de nouveau à sa disposition pour tout ce qui peut l'aider, ou le soulager. Il me répond en termes courts, mais sa rudesse cède un peu, et j'arrive dans la matinée à obtenir de lui une espèce de récit abrégé :

C'était près de Nanteuil-le-Haudoin. Ça lui est arrivé (il me montre son épaule droite et son bras) comme il entraînait ses « enfants ». Cinq éclats de mitrailleuse. Vlan, fauché ! On l'entraîne, on l'emporte aux ambubulances. Il est étourdi, inconscient. Le lendemain, on le dirige sur Rouen, et de là, sans qu'il sache pourquoi, à travers les hgnes encombrées de la Normandie, on l'envoie à Rennes. Quatre jours et quatre nuits de transbordements et de douleur ne l'ont pas diminué. Il arrive, se ressaisit. Il sait son régiment touché, des chefs tombés, ses « enfants » sans lui. Où sont-ils ? Au feu toujours. Et puis il y a un clairon qui au moment oh, lui, ne sentait plus ses hommes comme avant, a sonné la charge sans qu'on le lui dise. Ah ! si vous aviez vu l'effet ! Il faut qu'il le retrouve et le fasse citer... Tout cela passe et repasse dans son cerveau, dans son cœur. Que font-ils sans moi ? Cette pensée l'obsède, le domine plus que ses blessures et sa fièvre ; il veut partir. Il part. Il se sauve en chaussons, et, à travers la nuit, il arrive au train, sa vareuse sur le dos manches au vent, tel que je le vois.

Mais, soudain, voici notre train qui s'arrête, quand nous sommes encore à trois kilomètres du^ Mans ; il est midi. De longs convois de recrues, de soldats français et anglais, d'équipements, de fourrages, d'artillerie, de prisonniers et aussi de blessés, encombrent, obstruent les voies et les quais, et demeurent là, sous la pluie qui commence. Le colonel s'impatiente. Déjà une heure, deux heures d'attente. Le chef de train ni personne ne savent

rien. Peut-être faudra- t-il demeurer jusqu'au soir. C'est trop. Il se lève, demande qu'on le chausse et me prie de l'accompagner à pied. Au Mans, il se débrouillera !

Allez donc rien refuser à un pareil homme ! Un voyageur se joint à nous. En route, tous les trois. Mais la marche le secoue. « Ça lui répond partout. » Je sens la douleur l'enfiévrer ; tout de même il va, sans un mot, la mâchoire serrée. Enfin, quelle chance ! voici la tête de ligne d'un tramway. On l'attend, on l'aide à monter, et après un changement nous arrivons à la gare du Mans. Il est près de quatre heures ; nous déjeunons, chacun lui coupant sa viande, lui servant de bras et de main ; il passe à l'ambulance oii l'on refait ses pansements, et puisque le train est toujours à siffler dans le lointain, il se met à la recherche d'une auto.

On lui offre une place pour Chartres. «Soit! Mettez-moi dans la voiture. I^à-bas je m'arrangerai. »

Ainsi j'ai vu partir, pour retourner à la bataille, ce vieux brave affreusement blessé, presque impotent. Je l'ai quitté avec une envie de pleurer qui était d'admiration et d'amitié. Et chaque matin, chaque soir, le confondant avec les miens, je cherche dans les nomenclatures de journaux si le lieutenant-colonel Ch... est victorieux ou mort. Mort ? Mon cœur se serre et ne sait pas. Victorieux, j'en suis sûr. Je suis sûr qu'il est arrivé là-bas, qu'il a retrouvé ses « enfants », son clairon, et qu'il les a conduits oti il fallait pour le salut de la France. Il a peu parlé, il était bref et presque brusque, mais jamais je n'ai mieux senti ce que peut la volonté et si bien vu ce

qu'est un soldat de France.

{Echo de Paris.)

lyE GRAND TONNEAU.

Ce qui est admirable, c'est leur sérénité !...

Nous, qui sommes loin de la bataille, notre angoisse se penche sur les « communiqués », et nous les « épluchons », et nous épiloguons, et, malgré tout, nous avons besoin de chercher des raisons à notre confiance... Or, savezvous à quoi ils pensent, ceux qui sont là-bas ?

Un lecteur m'apporte ce billet que lui envoie, du front, un de ses métayers :

« Monsieur va sans doute aller au pays pour les vendanges. // ne faut pas oublier de remettre un cercle au grand tonneau. »

Les obus éclatent, les shrapnells : plaisanterie que tout cela !... L'affaire importante c'est le « grand tonneau ». On avait oublié de remettre un cercle au grand tonneau, voilà la chose grave, et voilà pourquoi le métayer en veut aux Allemands, et s'en veut encore plus à luimême, de cette guerre : dans la hâte de la mobilisation, le cercle qui manquait au grand tonneau, c'est positif, il avait négligé de le remettre, — oui, c'est cela qui est impardonnable et qui est surtout préoccupant !...

La guerre, c'est un accident ; tandis que les vendanges... Voyez- vous que la bonne récolte qui sera logée dans le grand tonneau, l'excellent vin du retour et de la victoire ait été compromis dans cette précipitation et cette négligence ?...

« Il ne faut pas oublier de remettre un cercle au grand tonneau ! »

Maintenant, c'est vrai, il y a la guerre... Ça l'intéresse peut-être, le patron, de savoir comment ça se passe; à la campagne, on est si curieux et si désœuvré... Bt le

i8o héros!

métayer, pris de scrupule, tout de même, ajoute simplement, en post-scriptum :

— « Inutile de dire à monsieur que tout va bien ». . .

Tout, encore une fois, sauf le grand tonneau...

Bt dire que les Allemands se figurent qu'ils produisent une impression énorme sur nos soldats, qu'ils les déconcertent, qu'ils les épouvantent, avec l'appareil formidable et toute la bruyante mise en scène de leurs « Taube » et de leurs 420 : leur « Brummer », leur « grosse Emma »...

Il s'agit bien des mortiers de 420, de la « grosse Emma », comme ils l'appellent !... Parlez-nous du grand tonneau, répond notre homme.

Ces gens-là, qui croient le « démoraliser », ne connaissent pas le soldat français.

PRANC-NOHAIN.

IvES MOTS HÉROÏQUES.

Dans une ville du Sud-Ouest s'est produit le fait suivant, qui du reste n'est pas unique en son genre. I^e commandant d'une compagnie ayant désigné un jeune caporal pour rester au dépôt à l'instruction des recrues au lieu de partir pour le front, le petit caporal s'écria : « Mon capitaine, je rends mes galons pour accompagner mes camarades !...» I^e colonel, qui venait, dit alors: « C'est bien, tu vas partir comme sergent. »

(Débats.)

Au cours d'une charge, un dragon a son cheval tué. Quelques heures après, une patrouille de son régiment le trouve montant la garde à l'entrée d'un village. lyC chef de patrouille questionne :

OFFICIERS ET SOLDATS l8l

— Que faites-vous là ?

Et le cavalier répond tranquillement :

— J'occupe le village. Les Boches sont à côté et m'observent ; mais ils n'osent pas avancer, car ils ne croient pas que je suis seul !

(Débats,)

Un gars très dégourdi, le boute-en-train de la compagnie, avait coutume d'émailler ses discours de cette locution familière : « T'en as assez ? » Raillerie ou colère, ces mots lui servaient à tout. Or, sur la ligne de feu, un de ses camarades tombe. « Ah ! pauvre vieux ! T'en as assez? » fait-il avec pitié. Il achève à peine, qu'une balle l'atteint. Il tourne sur lui-même et s'abat, en blaguant une dernière fois :

— Bon ! J'en ai assez !

C'est ainsi que savent mourir les enfants de France.

{Déhais.)

Un petit soldat — Parisien de Paris — écrit à un camarade :

« ... Mon vieux, avant de partir au régiment j'étais garçon boucher ; maintenant, je suis garçon épicier : je mouds du café toute la journée!... »

Vous avez deviné que « moudre du café » pour cet héroïque gavroche, c'est manœuvrer une mitrailleuse, et à lire sa lettre pleine de bonne humeur, on se doute de quelle manière il doit s'acquitter de sa besogne.

La scène se passe dans un hôpital militaire de Bordeaux, salle numéro X, où un nouveau blessé vient d'arriver. L'infirmière de la Croix-Rouge, étonnée de voir un homme entre deux âges, regarde la feuille.

l82 HÉROS !

— Quarante-huit ans, dit-elle. Oh ! c'est bien. Vous vous êtes engagé ?

— Je vas vous dire, madame. Il n'y a pas de quoi parler. J'avais un gars, n'est-ce pas, un beau gars, que j'aimais bien. Il est mort, et puis la guerre est venue. Il aurait vingt et un ans. Alors, je me suis dit : je vas le remplacer.

Un Algérien, le jour où on l'apporta à l'hôpital,

demanda du papier à lettre pour écrire à son père et,

péniblement, il traça ces mots : « Cher père, toi bien battu

en 1870, moi bien battu en 1914 contre les Boches. Ton

fils. » lyC médecin nous fait ce récit devant l'homme qui

est assis à côté de son lit, en chemise, et qui paraît un

peu gêné et surpris d'avoir écrit, sans le savoir, quelque

chose d'héroïque.

G. WagnièRE. {Journal de Genève.)

Un jeune fantassin français qui se bat dans les tranchées reçoit un jour la nouvelle de la naissance d'un fils. Toute sa section s'intéresse fort à l'heureux événement et l'on décide de le fêter par un fastueux banquet dont une boîte de biscuits et quelques bouteilles de vin font les frais. I^e lendemain, un obus tombe dans la tranchée, blessant quelques hommes. A peine la poussière et l'odeur de la poudre dissipées, qu'une voix interroge :

— I/C père de M. le bébé est-il sain et sauf ?

Il l'était, mais la question du troupier est maintenant fort en honneur dans la section. Si les hommes reçoivent un obus, une décharge de mitrailleuse, s'ils essuient une fusillade, aussitôt tous les yeux cherchent le jeune père et l'on entend des voix joyeuses qui clament :

— Tout va bien, le père de M. le bébé est sain et sauf !

(r. P's Journal of Great Desds.)

OFFICIERS ET SOLDATS l83

Les «tommies» anglais ne se plaignent pas souvent. Au contraire, leur bonne humeur est passée en proverbe. Un jour cependant un officier entend un brave troupier qui grogne et se lamente en mangeant sa soupe.

— Qu'avez- vous à geindre ? fait-il.

— Pas moyen de manger ma soupe, mon lieutenant, elle est pleine de terre.

— lya belle affaire ! s'écrie l'officier. C'est ce dernier obus qui a soulevé un nuage de poussière. Il y a vraiment de quoi se plaindre ! Rappelez-vous donc que vous vous battez pour la Grande République.

— Oui, répond Tommy, mais je ne savais pas qu'on m'ordonnerait de bouffer son territoire !

{GreatDeeds.)

Un acrobate héroïque.

Dans un village de la Somme s'est passé il y a peu de jours un petit épisode caractéristique.

Un acrobate de Lyon, appelé sous les armes, et que ses compagnons avaient surnommé le saltimbanque, était devenu l'amusement de tous ses camarades par ses plaisanteries et ses badinages, même durant la bataille. Sa compagnie était mitraillée depuis des heures par un ennemi invisible.

— Si un observateur un peu agile osait grimper sur ce toit là-bas, dit le capitaine, nous saurions où sont les Allemands.

— Me voici, dit le saltimbanque.

Le fusil en bandoulière, il grimpa sur le toit comme un chat. Arrivé au faîte, il repéra la position des Allemands, tout en ne cessant pas un instant de tirer sur les ennemis, sans se laisser émouvoir par la grêle de projectiles

qui sifflaient autour de lui. Mais soudain on le vit abandonner son fusil et tomber en arrière. Tous ses camarades coururent à lui, le croyant mort. Au lieu de quoi, d'un saut léger croisant la jambe gauche sur la jambe droite et ses deux mains levées toutes droites à la hauteur des oreilles, il salua, en criant : « lyC saut de la mort ! * On le propose pour la médaille militaire.

(Corriere délia Sera.)

Une page du wvre d'or.

Qu'elles sont éloquentes dans leur brièveté, les citations à Tordre du jour de l'armée I Bn voici quelques-unes choisies au hasard :

Le caporal Clavier, du 152^ d'infanterie. Frappé d'une balle qui lui avait coupé l'index de la main droite, a répondu à son chef de bataillon, qui lui disait que, sans index, il ne pourrait plus tirer : « Mais si, mon commandant, je tirerai avec un autre doigt. »

Le caporal Henri Liouville, du 43® d'infanterie. A ramassé son lieutenant blessé grièvement et, sous le feu, l'a transporté, dans un sac à munitions, à trois kilomètres en'arrière; a été nommé sergent sur le champ de bataille.

Adjudant Deté, du 69^ d'infanterie. A entraîné sa section en avant malgré un feu des plus violents ; puis, voyant tous ses hommes blessés autour de lui, prit le fusil de l'un d'eux, et, pendant que sa section se repliait par ordre supérieur, tira sur l'ennemi jusqu'au moment où il fut tué par un obus.

OFFICIERS ET SOLDATS l85

Soldat Texereau, conducteur d'automobile. Son camion chargé de munitions ayant pris feu par suite d'un retour de flammes du moteur, est resté à son volant malgré des blessures graves et a conduit son camion hors de sa section, évitant ainsi que l'incendie, se communiquant aux autres voitures, ne fût cause d'un grave accident. Malgré ses blessures graves, a refusé d'abandonner son service.

Vignal, médecin auxiliaire au 30® régiment d'infanterie, et Contamin, étudiant en médecine, soldat au même régiment. Ont fait preuve, durant toute la campagne, d'une énergie et d'un dévouement au-dessus de tout éloge, allant sous un feu violent recueillir les blessés, évacuant souvent les derniers le front de nos troupes pour ne laisser aucun blessé aux mains de l'ennemi.

Roger de Richemont, lieutenant au 23® régiment de dragons. Ayant eu quatre chevaux tués dans sa patrouille, le 19 août, a su ramener sous le feu de l'ennemi ses hommes démontés, donnant sa monture à l'un d'eux, essoufflé. Accueilli, le 21 août, par le feu de l'artillerie, a mis son peloton à l'abri pour se porter de sa personne auprès de l'un de ses cavaliers mortellement blessé, dont il a pris les papiers personnels et qu'il n'a quitté, pour continuer sa mission, qu'après l'avoir confié à un paysan.

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