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A SOISSONS, PENDANT I,E BOMBARDEMENT

...On a signalé déjà le beau et ferme courage de M^^ Mâcherez... J'ai eu l'honneur de lui dire à la Mairie, où, dans une pièce encore épargnée, elle s'est installée, l'admiration de ses concitoyens pour le dévouement dont elle avait fait et continue à faire preuve. Dès mon arrivée, j'avais entendu dans toutes les conversations, l'éloge de son énergie. Bn l'absence — pour employer un euphémisme — de la plupart des membres de la municipalité, elle a pris bravement toutes les responsabilités. Cette femme de soixante-trois ans, qui n'avait voulu être qu'une ambulancière, s'est trouvée faire face à tout. Après avoir reçu les Prussiens et avoir résisté, autant qu'il était possible, à toutes leurs exigences, elle a organisé les secours, elle a pris les initiatives nécessaires,, elle a reconstitué une administration là où il n'y avait plus rien, elle a pensé à tout. « On a senti en elle une volonté, » me disait le préfet de l'Aisne, M. Leullier, qui

est arrivé à Soissons presque en même temps que le peloton de chasseurs d'Afrique qui a d'abord réoccupé la ville. Je l'ai vue se multipliant, faisant mettre les pompes en batterie, réconfortant des gens dont la maison n'existe plus et leur trouvant un asile, cherchant les moyens d'alimentation, suppléant au fonctionnement des services interrompus, consultée, sollicitée, écoutée par tous, et vaquant à ces soins multiples avec sang-froid et décision. Au demeurant, elle se défend d'avoir joué ce rôle important, et elle veut en attribuer l'honneur à M. Musard, institué maire par le préfet, et à M. Blamontier, un notaire, qui lui ont prêté un actif concours. Mais ceux-ci, si largement qu'ils se soient dévoués, sont les premiers à reconnaître que Mme Mâcherez a été Tâme et le cerveau de Soissons en ces jours d'épreuve et de péril.

Paxji, GiNiSTY. (Débats.)

HOSPITAI.ITÉ HÉ^ROÏQUE.

Au moment de la retraite de Belgique, le Morning Post citait la lettre d'un jeune lieutenant anglais qui, avec un peloton de soldats, avait perdu son régiment et s'était égaré dans une région du nord de la France envahie par l'ennemi. L/ongtemps les malheureux, épuisés de fatigue, affamés, errèrent dans une forêt, n'osant pas en sortir de peur de tomber aux mains des Allemands. Enfin ils croisèrent un maître d'école qui réussit à comprendre le mauvais français du lieutenant et à lui faire entendre qu'il y avait dans le voisinage un château appartenant à une vieille comtesse, amie des Anglais, et qu'entre le château et la forêt il n'avait pas vu un seul Boche.

A la brune, les Anglais, exténués, fourbus, frappaient à la porte de la comtesse. Ils étaient reçus par une vieille

ADOI.PHE MAX

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