‹ Hésiode et son poème moralChapitre 106 sur 165 · I. Tr,, V · texte numérisé non relu

I. Tr,, V

a. Simonide, fr. 7 Crusius, v. a sq., ta sq., 71 sq. Le mémo thème d été traité, mais plus brièvement, par Phocylide (fr. i Crusius).

l3a HÉSIODE

Sans doute, la raillerie réside surtout dans les portraits que trace le poète; mais, outre cette impitoyable analyse, le rapprochement qui en est le point de départ est déjà un trait tout aussi blessant.

Le genre satirique n'appartient pas proprement à la poésie exhortative. Se moquer des gens comme fait Simonide, c'est déjà leur faire voir leurs travers, ce n'est pas encore leur apprendre à en triompher ; aucun enseignement positif ne se dégage de cette revue des divers types féminins ; ce n'est qu'un jeu d'esprit sans intention didactique'. Simonide est pourtant celui des poètes iambiques qui était doué de l'esprit le plus méditatif; chez Àrchiloque, chez Hipponax, les exemples et les faits particuliers aboutissent encore moins souvent à des idées générales ou à des conseils pratiques ; une pièce fugitive sur la nécessité de l'effort ou sur la toute- puissance des dieux, une ou deux boutades contre les femmes ne sauraient leur faire accorder le titre de moralistes 2. Au contraire, les petits tableaux que nous avons rencontrés dans les Travaux ont beau viser spécialement Perses et ses complices, le poète en déduit toujours des préceptes dont chacun peut profiter : le portrait du mendiant lui fournit l'occasion d'une nouvelle exhortation au travail^; puis il décrit la triste moisson du laboureur imprévoyant et paresseux : il n'a pas besoin de se lever pour recueillir ses rares épis, et la poussière qui le couvre est une preuve palpable de la stérilité de. son champ ; ces traits, d'ailleurs très brefs et lancés comme en passant, sont surtout destinés à montrer qu'il faut moissonner avant le solstice d'hiver^. Dans ses appréciations, parfois très sévères, sur les femmes, Hésiode ne se complaît pas dans la médisance, et ne

I. La seule conclusion tirée de cette description, c'est que « le plus grand fléau que Zeus ait créé, ce sont les femmes » (v. g6). Dans une autre pièce (fr. i), Simonide énumère longuement les misères de Thumanité : Zeus sait tout, mais Thomme ne comprend rien, s'épuise en vains efforts, et se brise avant d'avoir atteint son but; or cette exposition saisissante n'aboutit qu'à une formule extrêmement vague : « N'e nous passionnons pas pour des choses funestes » (v. a3).

a. Ârchiioque,'fr. i6, 5a-53 Crusius, •— Hipponax, fr. 11, Sa (contesté). Archiloque, en particulier, est si loin de chercher à redresser les travers des hommes, qu'il songe non à les décrire, mais à noter l'impression qu'il en ressent ; cet iambographe a, en réalité, le tempérament d'un lyrique.

3, Tr., y. 397 : 'EpfâÇsu, vt^ttie îUpaYi.

Page 1